APPENDIX L
^ttielU " Mkis, ont-ils dit, la corruption afoit gagné jusqu'au
Appendiz I. '^ cœur de FEglise Catholique : il nous a bien fallu sortir
^' Pf^r nous en garantir." Ils l'ont dit, je le sais« Nous ver^
'Ai.**-
rons bientôt ce qu'il faut penser de cette accut||ioQ si grave:
examinons d'abord si elle suffit pour justifier leur séparation.
1^. Je soutiens que leur accusation, fat-elle vraie, ne les
excuseroit pas du schisme, car je leur répondrois avec un de
SoutVf Serai. ^^* savants docteurs : " lies corruptions dans l'Eglise ne sont
iroii, 5. Loiidon,<< jamais d'une influence si destructive, que les divisions et
<^ les schisoies. Il en va du corps spirituel comme du corprs
^ naturel, où ce qui divise et opère solution de continuité,
/^ tend plus à la destruction du tout, qqe ce qui corrompe
'' simplement les parties. Vous pouve2^ biea guérir un col,
^ ^^ quand il est ulcéré, mais non quand il est coupé."
Je leur répondroiç avec St. Cyprien, St. Augustin, qu^il ne pefit jamais y avoir de juste nécessité de rompre l'unité: qu'Aaron avoit toléré une multitude de Juifs qui s'étoient fabriqué une idole ; Moyse, un million de personnes qui murinuroient sans cesse contre Dieu ; David, Saiil ; Isaïe, ceux qu'il accusoit d'une infinité de crimes ; et Jésus Christ, Juda^. Je répondrois avec les mêmeç Pères, que Jésus-Christ nous .0 commande l'union entre nous, se réservant à lui seul la séparation, parceque ]p droit de çéparer est à celui-là seul qui ne peut se tromper jamais: qu'en attendant la moisson, c'està-dire, le jugeqient dernier, l'ivraye et le froment, la paille et t. le grain doivent rester mêlés ensemble: qu'en conséquence
I il ne faut pas quitter l'Eglise parcequ'on y voit de l'ivraye
BT LA HSFOUMATION EN céMâRAU 5i
(ïans les mœurs fJes particuliers, jamais dans la foi publique, I-tttft IL qu'il faut seulement s'efforcer d'être du bon grain. Je ré- Appcadnt J pondrois que les Donatistes ont eu beau dire pour leur justification que les Catholiques étoient redevenus payens, ils n'en ont pas moins été justement accusés et convaincus de schisme par toute l'Eglise, de Paveu même des Protestants.
£^. Quant aux chefs d'accusation ; pour en absoudre !'£• glise Catholique, il n'est besoin d^autres témoins, d'autres* juges que les Protestants eux-mêmes. En effet, si dans Id principe pour attirer le pauvre 'peuple, ou le retenir dans le. parti ; si dans la suite pour justifier la séparation et lui trouver un prétexte spécieux, il a fallu faire bruit de ces grands mots de corruptioiii d'erreurs pernicieuses au salut, d'idolâtrie dans le culte, la Divine Providence a permis qu'il vint des moments de désintéressement et de calme, où les réformateurs eux-mêmes et après eux leurs adhérents ont déchargé TEglise Catholique de ces horribles inculpations. J'en appelle à l'acte le plus authentique, le plus solennel de la communion Luthérienne, à la Confession d'Augsbourg: elle termine ainsi l'exposition de sa doctrine: '^ Tel est l'abrégé de notre foi, où Aap|.Si^ " l'on ne verra rien de contraire à l'Ecriture, ni à l'Eglise Ca»» ** tholique,ou même à l'Eglise Romaine, autant que l'on peut '^ connoitre par ses écrivains. Il s'agit de quelque peu d'abus, ^ qui se sont introduits dans les Eglises, sans aucpne autorité '^ certaine; et quand il y auroit quelque différence, il la fau« ** droit supporter, puisqu'il n'est pas nécessaire que les rits '^ des Eglises soient partout les mêmes.'' Dans l'apologie on retrouve la même modération. — Luther, le croiriezvvous, |^^ dans le traité qu'il publia contre les messes privées, et où il raconte son fameux colloque avec le démon, tout outré qu'il s'y montre contre l'Eglise Catholique jusqu'à la regarder comme le siège de l'antechrist et de l'abomination, loin de lui ôter le titre d'Eglise par cette raison, ne laisse pas de déclarer, ^' quelle étoit la véritable Eglise, le soutien et la colonne de la ^* vérité, et le lieu très-saint. En cette Eglise, poursuit-il, ** Dieu conserve miraculeusement le baptême, le texte de
t6 tot. h'è/GUMB AmSJGAHI^
h MttU i, ^ rËTADgile dans toutes les langues» la xémissioa des fécWflH LliWMiJt h '^ et Tabsolution tant dans la confession qu'en public ; le sa— '^ crement de l'Autel vers Pâques et trois ou quatre fois i'an«» 'f àée, quoiqu'on en ait retranché une espèce au peuple s *' vocation et l'ordination des pasteurs» la colisolation dans '^ l'agonie» Iviaiage du Crucifix» et en niéine teois te ressou^v^enii^ ^' de la mort et de la passion de Jésus-Cbrist» le pseaulierj» ^ Toraison dooiiqioale» le symbole» le déoaldgue» plusieurs ^ cantiques pieux en latin et en allemaQd.'''s*-£t uo peu après ; ^^ Oà l'on trouve les vraies reliques des saints» là sans ^ doute a été et est encore la sainte Eglise de Jésos'^Cbrist ; ^ là sont démesurés les saints : car les institutions et les smae* ^ mens de Jésus-Christ y sont» excepté une des espèœs ar* '' rachée par force. C'est pourquoi il est certain i|ue Jésus* ^^ Christ y aété présent» et que son esprit y coosenre si^ vriûe "^^ oonnoîesance» la vraie foi dans ses élus/'
Peux ministres protestants de France» dans leur écrit» Montauban justifié» publié en J662, citent un passage à peu près semblable» tiré du livre de Luther oonti« les Anabaptistes. Us nous apprennent ensuite qne la réponse de Afélaiicbtoo à sa mère é toit connue de toute T Allemagne et même de rjSurope entière : comme elle lui demandoit laquelle des deux Religions étoit la meilleure» la Catholique ou la Pro^ testante ? ** A mon avis» lui répondit-il» la Luthérienne est la plus plausible ; la Catholique la plus sûre."
J'en appelle encore et i^ux déclarations de foi envoyées par ]as Calvinistes de France aux Protestants d'Allemagne» dana lesquelles ils adhèrent à la Confession d'Augsbourg» excepté Terticle 10 sur l'Eucfagristie» et à celle de Théodore de Bèze» l^gy^ orateur du parti calviniste» à la célèbre conférence de Poissy. Le Cardiiial de liorraine lui ayant proposé de recevoir la Confession d'Augsbourg dans tous ses articles» Bèae les ac? oepta sans bal^moer» à la léserye de celui de la Cène» et pro^ testil solennfsllement du oonsentement tle tous ses collègues^ Voilà donc la foi de l'Eglise Catholique eC Rommne reconnue plur des act^s auUienti^ues^ conforme d#ns IVftiMtid i la foi
ST LA aiFOEiUaiOll SHi QhiàUAU 5f
des l4ithérieaB ; à celle des Calvinistes bornais FEocharistie i htUf IJ et par conséquent sur le reste discalpécp par leur propre a^Z^aL bouche, d'idolâtrie^ d'erreurs fondamentides, de corruption încompatible avec le salut* fit quant à TEucbaristie, ils ne peuvent taxer d'idolâtrie l'adoration que nous y rendons à Jésus-Cbristy poisqu'ils la tblèrent dans les Luthériens, dont plusieurs rendent la même adoration à Jésns-Christ dans son sacrement, et dont les autres convienuent ati moins, d'après jLuther, qu'il n'y a point de mal d'adorer Jésiis*Cbrist présent sur Fautel^ Il est même remarquable que les plus habiles Calvinistes ont soutenu à ces derniers qu'ils ne pouvoient sans impiété refuser leur adoration à Jésus-Christ dans l'Eucharistie, où ik le croient présent ; et qu'en cela Jes Catholiques raisonnoient plus conséquemment qu'eux.
Cakin lui-même nous assure que Jésus-Christ, pour ne pas inatH. eb laisser périr entièrement son Eglise, avoit conservé ie baptême ' et l'essentiel de la religion dans la France, l'Italie, la Ger^ manie, l'Espagne, l'Angleterre, etc., et dans ses commentaires sur St. Paul, il range parmi les saints, Çyprien, Ambroise, Augustin, Grégoire, Bernard et plmieurs autres personnagei mi leur resiembhioit, professant sans doute la même doctrine que ces saints, ainsi que faisoient les Catholiques de leur tems, et qu'ils ont toujours fait depuis*— ^Pierre Martjr s'exprime à peu près de la même manière.
Daillé» célèbre ministre de Charenton, après avoir montré ou p» M que l'Eglise Romaine admettoit les articles du symhole, ^^l^'^^ ajoute : '' Et s'il est encore quelqu'autre' article principal, cette *' Eglise les reçoit tous et les embrasse avec vous, condamne ^* les noms et la mémoire de ceux qui les ont ou ébranlés ou *' renversés dans les tems anciens ou modernes. Certes, nous ^* ne pouvons, nous ne voulons point nier que l'Eglise Ro- ^' maiue croie ces vérités saintes. Grâces soient rendues au " Seigneur pour les avoir conservées tant de siècles, à travers ^* tant de révolutions. Nous eussions bien désiré qu'elle n'y ^ eût jamais rien ajouié du sien....Si elle étoit restée dans ces ^^ bQmes> ni nos pères, ni nons^ ùous n'eussions point eu de j
5 s - È^Kh^koUBE MHQUOAXŒ,
^rt II. '' tnotifii de nous éloigoer de sa communion.'' Et aillears, mêùd&x I. ^* après avoir rapporté les articles ^fondamentaux des Proiesfoi fouèétf tants, il ajoute : '^ Rome mit contredit pas les articles que nous ?art. 3e. a çroyons : elle fait même profession de les croire...Qui peut '' nier, même aujourd'hui, que Rome admette les articles né- *^ cessaires ?" Toutefois la vérité m'oblige à vous dire que Daillé parut après avoir honte, vis'-à-vis de ses confrères d'Allemagne, d'avoir autant accordé à l'Eglibe Romaine. Mais, quoiqu'il ait dit ensuite sur des opinions pernicieuses ajoutées par elle aux articles nécessaires, les aveux que nous avons cités n'en sont pas moins certainement venus de lui. Ant. de J'ai encore un témoin iknportant à vous produire, le tro^ Spaiatro,eQ fameux Archevêque de Spalatro qui, réfugié en Angleterre ^'^'^^^- sous Jacques I, y publia en I616 son ouvrage latin sur la ré«^ publique ecclésiastique, où il s'exprime ainsi : ** Autre chose ** est s'éloigner de la foi par défaut, autre chose nuire à la foi ^ par excès. L'hérésie proprement dite consiste dans le ^ défaut, c'est-à-dire lorsqu'un article nécessaire est nié ou ^' non admis. Je suis né, il est vrai, dans l'Eglise Romaine ; '^ je lui dois mon éducation, mes dignités, j'ai vieilli dans son. '^ sein. Quoique j'aie long-tems été imbu de ses erreurs, je ne /' veux, je ne puis avouer que j'aie jamais été hérétique dans ^ le sens ci-dessus exposé, pas même matériellement. Car '^ assurément il n'est article fondamental de la foi, que cette " Eglise rejette ou que j'aie jamais rejeté avec elle," Et ensuite sur cette question : '^ Que faut-il donc penser de l'Eglise *' Romaine? Est-elle Catholique ou non ? Je réponds, eu égard '' au défaut dans les choses fondamentales, que cette Eglise a " toujours été, est encore aujourd'hui parfaitement Caiho- ** lique, en tant qu'elle conserve et professe la foi Catholique " et fondamentale dans toute son intégrité, quoique je ne '' doute point que la foi n'y soit plutôt malade que saine, et '' qu'elle n'y ait perdu de sa beauté par un mélange d'addi- " tions étrangères."
Il n'est pas jusqu'au fougueux ministre Jurieu qui n'ait été contraint d'avouer que le salut peut s'opérer dans l'Eglise
Roinaine. Il nie ensuite, il est vrai^ l'avoir dit, et voudroit Lettre il sans doute ne Tavoir pas fait...Il redouble d'invectives et de AftpsiidU calomnies contre elle, jusqu'à' prétendre que l'idolâtrie y est aussi grossière qu'autrefois dans Athènes. ** Mais avec tout ^' cela, dit M. Bossuet, Dieu est le mattre, Dieu force les ennemis de la vérité et les calomniateurs de l'Eglise à dire plus qu'ils ne veulent; let tout en calomniant l'Eglise, '^ comme on le voit, il faut qu'ils viennent aux pieds de ^ cette Eglise avouer qu'on se s§uve dans sa communion." L^s passages de Jurieu viennent à la suite: vous pouvez les ¥oir dans le Se, avertissement de ce grand Evêque aux Pro« testants.
Je* passe à quelques feits particuliers qui ne font pas
ilQLoins connoitre que l'opinion des docteurs réformés est favo>
ral>le à l'Eglise Romaine. Henri I V, après avoir conquis son
Rojanme l'épée à la main, s'attacha sérieusement à l'étude
de la Religion. Quoique l'intérêt de sa couronne pût le
faire pencher vers le Catholicisme, il balança les raisons de
part et d'autre: et ce fut principalement sur l'aveu des
théologiens de son parti qu'il se* décida pour la Religion
Catholique, car les plus habiles ministres lui ajant avoué
qu'il pouvoit aussi faire son salut dans cette Eglise: ^* Eh M^m.deSa
** bien, s'écria-t-il, je veux prendre le parti le plus sûr.'* ^ ' ^^'
M. de Sully non*seulement lui avoit déclaré qu'il tenoit pour
assuré qu'on pouvoit se sauver étant Catholique, mais encore
il nomma à ce Prince cinq des principaux ministres qui ne
s'éloigQoient pas de ce sentiment.
J'ai lu autrefois en anglois la déclaration que fit avant sa mort la Duchesse d'Yorck, sous Charles II, des raisons qui l'avoient portée à embrasser la Religion Catholique. Je n'en ai plus que la traduction sous les jeux: elle est fidèle, j'ai .lieu de le croire. *• J'ai voulu, y dit-elle, conférer de ces voye» à la '* matière^ avec les deux plus habiles Evêques que nous îï,.^\^iayons en Angleterre ; et tous deux m'ont avoué ingénue* w Maîm- '* ment qu'il y i^ bien des choses dans l'Eglise Romaine ^*"*' *' qu'il seroit à désirer que l'Eglise Anglicane eût toujours
iiM U. '< conservées, comme la confession qu'on ne sauroit désayoutr «dis L '^^ que Dieu même n'ait commandée, et la prière pour les *^ morts, qui est une des plua authentiques et des plus an- '^ ciennes pratiques de la Religion Chrétienne: que pour ** eux, ils s'en servoient en particulier sans en £sir« une pror ** fession publique*
^ Comme je pressois un de ces Evêques sur les autre* ** points de controverse et principalement sur la présence '^ réelle de Jésus-Christ au saint sacrement de l'Autel, il me '' répondit librement que, s'il étoit Catholique, il ne voudroit ** pas changer de Religion : mais qu'ayant été élevé dans ^ une Eglise, dans laquelle il croyoit avoir tout ce qui est '' nécessaire au salut, et y ayant reçu son baptême, il ne '^ croyoit pas la pouvoir quitter sans un grand scandale»" Et l'unité! et le schisme! y pensiez- vous, M ilord ^
Elisabeth Christine, épouse de Charles VI, et mère de l'immortelle Marie Thérèse, voulut, avant d'accepter la Couronne Impériale, s'assurer de l'aâ&ire la plus importante, de son salut. Elle consulta sur le changement de Religion les plus habiles docteurs Protestants, 'qui lui déclarèrent par un écrit authentique et public, que la Religion Catholique conduisoit aussi au salut.
A l'occasion du mariage projeté et ensuite ratifié de la Princesse Wolfenbuttel avec Charles III, Roi d'Espagne, la Faculté de Théologie de Helmstadt fut consultée sur la ques- ,tion suivante: une Princesse Protestante, destinée à épouser nn Prince Catholique, peut-elle en sûreté de conscience embrasser la Religion Catholique i Tous les Professeurs se déclarèrent pour l'affirmative dans une réponse longue et motivée qu'ils signèrent unanimement le 28 Avril 1707* Vous pouvez la lire à la suite d'un petit écrit qui a pour titre : Motifs qui ont déterminé le Duc Antoine Ulrich de Brunswick aquitter la Cpmmunion Luthérienne pour entrer dans l'Eglise Catholique. (1)
(l) Chez Kjeating» Libraire^ Duke^^treet, Grosveoor-square, à \ Londres, 1 814.— ^N^tc de l'Editeur.
ST LA EirORliEATlOM EN O^N^EAL. 61
% ce» décisions^ je pourrois joindre des témoignages de ''•^■*
t<:>s doctears particuliers, tels que Baro, Booker, Cowell son Appente déienseur, Bunny, Some, Morlon, MoDtaguey.Heylin, Potter, L« £t.iid, StîUiogfieet, etc. Je ne vous en. citerai qu'un seul, ncm^us d'un grand poids : '^ Je déclare et je dois le déclarer << iranchement, dit Tliorndjke: je ne sache aucun article ^ nécessaire au saint qui soit prohibé par l'Eglise de Rome ; << Aucun incompatible Avec le salut qui soit prescrit pat ««^ ^le.'' (1)
<2ae dirons-nous de tant de personiteges qui nés et nourris
dsins les Communions Protestantes, accoutumés à n'entendre
p3Jrler que des erreurs, des superstitions, deç idolâtries de
V^Eglise Romaine, amenés ensuite par circonstances à exa*
miner de près sa doctrine, ses principes, son culte, en ont
reconnu la pureté, la conformité avec la pratique et la foi
primitives, ont déposé leur haine contre elle avec les pré*
jugés qui ne s'étoient accrédités dans leur esprit que par
de fausses représentations et imputations calomnieuses, ont
fini par se ranger an nombre de ces enfants, et la défendre,
la venger des erreurs et des crimes, dont ils l'avoient eux-
t()êm€8 si long-tems accusée i Tels entr'autres, dans ma patrie^
le célèbre Cardinal Du Perron, le sage et judicieux Desmahii,
l'éloquent Pelisson, le savant Morin Prêtre de l'oratoire, et
P&pm long-tems Ministre zélé du Calvinisme, et qui après
avoir prêché ses erreurs à la France, à l'Angleterre, à l'Alhs
magne, vint les reconnoitre et les abjurer.entre les mains du
grand Evêque de Meaux : et dans votre patrie, Challoner,
Gother, les deux Hay, et l'auteur anonyme d'un excellent
ouvrage qui ne fait pas nloins d'honneur à son cœur qu'à
son esprit, (2). Tous ces hommes distingués, auxquels j^en
(1) Thorndyke in £pilog. p. 146.
(2) An Easay towards a proposai for Calholic Communion, ou>* vrage précieux» que je ne puis assez recommander aux Anglois qui veulent connoitre la Téritable Eglise. Il a été réimprimé à
jSS SUR L'ÊGUSB AM6UCANX9
(lettre II. aurois pu joindre bien d'autres, ont laissé après eux des écriti
li^çiidU \, admirables, également utiles et à ceux qui recherchent la
vérité, et à ceux que leur zélé porte à la défendre.
Je puis personnellement vous certifier, Monsieur, qu'ayant souvent eu occasion, pendant le long séjour que j'ai fait dans votre patrie, de m'entretenir sur la différence de nos religions avec des Ëvêques, des Docteurs Anglicans, même av€c des
Londres depuis une douzaine d'années, aux frais de feu M. Sheldon Constable, Seigneur de Burton.
Et pour vous citer des exemples plus récents, je vous rappellerai ici deux conversions marquantes, celle de M. Nathaniel Thayer, qui après avoir été ministre de la secte des Puritains à Boston, s'est converti à Rome en 1783, et a lui-même publié les motifs qui l'ont ramené à l'unité Catholique : celle de Mlle. Elisabeth Pitt, parente d#> l'immortel ministre, dont les talents et l'éloquence ont fait si long-tems l'admiration et Tétonnement de l'Angleterre, elle prononça ses voeux au couvent de la Visitation d'AbbeviUe le 76 No« vembre, 17B7. Voici comme elle termine la lettre qu'elle écrivit sur sa conversion à M. le Curé de St. Jacques de la même ville, le 20 Juin, 1788: " Quant aux Protestants qui pourroient en avoir communication, je ne me crois pas faite pour les instruire, encore moins pour les convertir : mais je les conjure comme mes ** frères, dont le salut m'est très-cher, de suivre un conseil : c'est *' de ne point rejeter, sans y avoir apporté le plus sérieux examen, «^ les doutes que doivent faire naître dans leur esprit, s'ils y pensent *^ mûrement devant Dieu, la nouveauté de leur croyauce, et ses ** variations depuis la Réforme, comparées à l'ancienneté et à l'unité de la doctrine Catholique; car la vraie Foi est une. Elle doit nécessairement remonter jusqu'aux Apôtres et à Jésus- *' Christ. Dieu veuille les éclairer, comme il a daigné m'éclairet '' moi-même pour me tirer de l'erreur, oà m'avoit engagée le mal- ** heur de ma naissance et de mon éducation^" L'Allemagne offre de nos jours une foule de Protestants éclairés qui ont embrassé lir Catholicisme, tels que le savant M. Schlegel et sa femme, fille du célèbre Mendelsohn, M. le Comte de Stolberg, non moins illustre pair son profond savoir que par sa grande naissanee, &c« fcc.
ce
te
ET LA RÉCORMATIOM XN.GiNiRAL. ^
laiScjoes fort instruits : je les ai toujours trouvés clu Blême Leur» n. ntiment, et presque d'un même langage. Us me disoient: i^ppîndûl Que leur Religion et la mienney étoient également bonnes : €\ue la plupart des différences tomboient sur des cérémoniei , *^ desobjets de discipline, quelques-unes aussi sur des opinions ^ ajoutées, disoient-ils, à la croyance antique par notre Eglise, '' et que la leur avoit jugé convenable de retrancher : qu'au '^ jreste, ils regardoient les Eglises de France et d'Angleterre '^ comme deux sœurs, en qui l'on retrouvoit un air de famille, '^ et les principaux traits de ressemblance."
f lut au ciel, Monsieur, que cette ressemblance pût devenir psurfaite, comme elle l'étoit autrefois, et comme elle n'auroil jamais dû cesser de l'être !
^près les faits, les témoignages que vous venez de lire, j'ose iDe flatter^ Monsieur, qu'il ne vous reste plus de doute sur l'injustice des imputations faites à l'Eglise Romaine.r Elles ont pris leur origine dans l'aigreur, la malignité, la haine qu'inspire toujours Tesprit de parti et dans le malheureux intérêt qu'on avoit d'étendre et de soutenir la défection^ . y. - Dénuée3 de réalité et de preuves, elles retombent sur ceux qui les ont inventées : et ne j ustiâeront jamais la rupture. '^ Ce fut ^' donc mal à ceux qui les premiers pressèrent la séparation '* sur de pareils motifs," (J)
Au reste, pour prouver que toutes ces accusations étoient inadmissibles, il m'auroit suffi, sans autre détail^ d'une seule observation, qui va terminer cette note déjà trop longue. Qui sont ceux qui ont osé accuser l'Eglise de nouveauté dans le dogme, d'erreur dans la doctrine, de superstition dans la pratique, d'idolâtrie dans le culte? Qui sont-ils? Il est essentiel de le remarquer. .
En tête de tous paroît un religieux Augustin, Luther, puis Carlostadt archidiacre, Melanchton professeur de langue grecque, tous trois à Wittemberg : à leur parti accoururent
(1) " It was evil done of them who fifst urged sucb a séparation.' -Bunn/s Treatisc tendiog to Pacitication, p. 109.
64 9UR L*^tI9t AKOUGAinry
U. bientôt Œcolatnpa^e moine de St. Laurent près ^Angsbovrg^ >PHii<îi I ^Q Munster cordelier, on Bueer DomtnicfiiB, et lefamem^ Muncer qai de disciple devint le chef forcené ^es Anabaptistes: Toilà pour les premiers Lnthériens. En Satsse, Zaingle- Goré de Glaris; à Genève, en Suisse et en France le jeunecuré de Pont TEvêque près Noyon, Calvin ; Théodore de- Béze poëte latin et prieur à Long^jumeau ; Pierre Martyr Florentin, sorti du chapitre régulier de St. Aaguscin, accoura d'Italie avec Ochin Général des Capucins pour dogmatiser en S.uisse, puis à Strasbourg, puis en Angleterre, puis encore en Suisse oà il mourut: voilà pour les Calvinistes. (1)
En Ecosse, Knox, moine, prêtre et ensuite disciple fougueux de Calvin, dont il va porter les principes dans sa patrie, où il met tout en feu (£) ; le Comte de Murr^y frère naturel et très dénaturé de Marie Stuart, passé de son couvent de St. J^^^g"»*^ Andrew à la Régence du Royaume: Buchanan, l'ingrat caiit ce qu'U lomniateur de Marie Stuart; voilà pour les Presbytériens, eux à rhoBh Enfin pour réformateurs de votre patrie, j'apperçois une ^■'^^•"•' Chambre des pairs, à l'exception de plusieurs Lords et de tous les Evêques, une foible majorité de la Chambre des Communes, avec la Reine Elisabeth et soil conseil. Or que voyons-nous dans les personnages que je viens de vous nommer ? Je ne touche point ici aux motifs personnels d'ambition, d^intérêt, de cupidité, aux mœurs, à la conduite dé ces ardents fabricateurs de réforme, qui n'offrent rien moins que d'Apostolique : je laisse à part le scandale de ces mariages de Prêtres, de religieux avec des religieuses, qui renouvelés parmi nous, au fort de notre impie révolution, ont excité le mépris et la risée. (S) Mais je le
(1) Voyez Appendîx II.
(2) The ruffian of the Reformation, dit le Dr. Samuel Johnson.
(3) On connott aussi la raillerie d'Erasme sur ces accouplements sacrilèges : «* Œcolaœpade vient d'épouser une assez belle fille» *' apparemment que c'est ainsi quiljreut mortifier sa chair. On a
£T LA RâVOEMATlOM BN ci^àRAL. 6ft ^
demaade, qu'étoient donc ce$ personnages dans la hiérarchie ' LiUr^nlL.) ecclésiastique? Gst-ce bien eux que Jésns-Chrisi av'oit en ^^^^^^ ,, vuCi quand il disoit : '^ Allez, instruisez toutes les nations ••• ^^ je sois avec vous jusqu'à la fin du mondef" Est-ce à eux qu'il a dit: ^' Qui vous écoute, m^écoute: qui vous' méprise,' '' me méprise ?" £tott-ce à eux qu'il annonça son Esprit- SaiDl,qui viendroit les instruire de toute vérité? Mais puisque* ' ceshaotes et magnifiques promesses ont été faites aux Apôtres* et à leurs successeurs, puisque les Apôtres et après eux les Evêqaes seuls ont, dans tous les tems, suivant les promesses et rétablissement de Jésus-Christ, gouverné son Eglise, décidé les controverses, déclaré en juges ce qui a été révélé, ce qui ne Ta point été, il étoit facile et simple de fermer la bouche aux innovateurs, en leur répondant de toute part unanimement: '^ Qui êtes- vous pour trancher sur la doctrine, pour '^ décider que tel dogme est une erreur, telle discipline une ^ corruption, telle pratique une idolâtrie, et pour ordonner une ^' scission dans l'Eglise ? Vous n'êtes, vous, que des laïcs, de '' simples fidèles; vous n'êtes que des Ecclésiastiques d'un ordre '' inférieur. La décision ne vous va point ni aux uns, ni aux . '^ antres : elle arrive de plus haut. Parlez de vos plaintes, ^ exposez vos doutes, à labohneheure; mettez au jour vos '^ raisonuemens sur les matières qui vous choquent et vous '' scandalisent» Sollicitez, pressez, si vous le voulez, vos '' supérieurs dans l'ordre spirituel, vos juges les Evêques ** de les examiner. Mais attendez avec respect leur juge- '• ment, et recevez-le avec soumission ; car tel est l'ordre de '' Dieu ; et l'obéissance est votre devoir, votre partage en " religion." ^u lieu de cette marche chrétienne et canonique, on les
^ bean dire que le Luthéranisme est une chose tragique: pour ** moi je suis persuadé que rien n'est plus comique, car le dé* " fiouemeut de la pièce est toujours un mariage, comme dans les " comédies/'