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LA SÉPARATION DE [/ÉGLISE ET DE L'ÉTAT

cernent austère », sentiers qui, à travers les taillis de Nivet, descendez dans la vallée de Juch, que la mer a creusées dans les rochers de Tremalouen, et vous aussi, grands ormes de Vorlaine*? Vous ne le direz point : mais je me rappelle que Cherbuliez, qui avait beaucoup étudié les arbres, était persuadé qu'ils sont très sournois et qu'ils se moquent de nous avec une humour taciturne et grave qui est la plus inquiétante du monde quand on sait l'entendre.

M. Champion, malgré la sérénité doucement austère qu'ont versée sur lui les rochers de Tremalouen, a écrit une histoire qui dé à chaque

instant en pamphlet et qui a toutes les ingénuités s dont les pamphlets sont toujours pleins. Il dira par exemple que Quinet, à tel moment, en vient presqueà - parler le langage des pamphlétaires ultramontains, celui tic Taine i . Taine pamphlétaire ultramontain es! une trouvaille assez divertissante, [lest très persuadé, car les poncifs ne l'effraient pas, et en thèse générale je ne songerai qu'à l'en féliciter, que tous les excès et tous les crimes de la Révolution française sont Pn uvre de Pinfâme réaction. Il prouve cela dans tout un chapitre où ili ieux comme un franc-maçon etoù l'ironie, qui est intense et du plus haut goût et d'une saveur infinie, est tout à fait involontaire.

Il ne dissimule point du tout, en quoi, du reste, je croisqu'il a raison, que Révolution et antichristianisme c'est la même chose, que Michelet est dans le vrai en définissant la Révolution « le combat à outrance du christianisme et du philosophisme », que « cela est devenu vrai, incontestable » et que « l'incompatibilité entre le christianisme et la Révolution éclate à tous les yeux » ; et sans doute il y a quelques esprits pour qui la Révolution est autre chose; mais pour la plupart des partisans de la Révolution, pour le gros des partisans de la Révolution, pour ceux qui, comme M. Champion du reste, dans la Révolution ne voient que Voltaire, le fait est incontestable. Seulement on peut trouver que le point de vue est étroit, qu'il n'est pas d'un historien à très amples vues, qu'il est peut-être moins d'un historien que d'un rédacteur de la Lai^erne, et que c'est une idée qu'il est parfaitementloisible et licite d'avoir quand on y trouve sa consolation ou son réconfort, mais qu'elle ne ressortit point à la sérénité doucement austère des sentiers de Nivet, de la vallée de Juch, des ormes de Vorlaine et des grottes de Tremalouen.

Mon ami M. Champion pardonnera ces observations à un pamphlétaire ultramontain, à un élève de Taine, à un pauvre calotin qui n'a jamais pu

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