IN CATÉCHISME DEM0CRATIQ1 W
(à une de ses missions) qui est justement de nous assurer à chacun la liberté de taire valoir nos droits et la facilité d'accomplir nos devoirs. » — L'homme moderne «lit à l'État : le respect que j'ai de moi-même m'oblige <ï être librey mon! a penser librement et à dire ce que je peu et à agir conformément à ce que je dis, en ne m 'arrêtant que là où je nuis formellement et évidemment à quelqu'un. C'est ma conscience et mon honneur qui l'exigent de moi. Voua
[ue je respecte moi-même en moi. Jene puis pas vous donner toute ma personne; vous ne pou
me la demander tout entière. Je ne puis vous «*n donner et vous ne devez m'en demander que
[ui voua est n ire pour a
défendre contre vos ennemis. Eo deçà de cette m'appartiens ; j une force auto-
nome qui pense, qui pari.', qui écrit, qui agit, qui acquiert, qui s'étend, qui s'augmente que qui que ce soit sur la terre ait le droit de remuer i\f penser, de parler, d écrire, d1 d'acquérir, de
; autn si lion
Voil i le fou l< menl m indémontrab
i Liberté.
Il faut l enseigner aux lui jeuni
DIS. I USIONS pOUI IQI
et aux hommes Et la leur bien enseigner, c'est-àdire leur indiquer que ce respect de soi c'est surtout dans les autres qu'il faut le vénérer et le chérir. Mon droit senti en moi et respecté dans un autre, c'est la vraie formule du culte de la Liberté. C'est ce que les rédacteurs de la Déclaration des Droits avaientbien compris quand à leur définition de la liberté ils ajoutaient : « Ne faire à autre ce qu'on ne veut pas qui nous soit fait. » Ainsi enseignée, la religion des Droits de l'homme peut devenir une habitude morale qui nous protège de nous-mêmes et empêche la Démocratie de prétendre pousser à bout ses droits à elle, ou les droits qu'elle s'attribue et qui sont exclusifs de tous les droits de l'individu.
Peu mystique pour mon compte, — bien que je reconnaisse que nos plus profonds sentiments sont irréductibles à la raison et que nous croyons surtout ce que nous n'avons aucune raison de croire, ou ce dont nous ne saurions administrer la raison — mais enfin peu mystiquepour mon compte, je ne serais pas fâché qu'à cette religion des Droits de l'homme vénérée pour eux-mêmes en soi et parce qu'ils sont, on ajoutât un commentaire et comme une confirmation qui serait celle-ci.
11 faut vouloir l'homme libre autant que possible, non seulement par respect de lui, mais par amour
|\ '\i B< BISME DÉM0CRAT1Q! E U9
pour la patrie. Les vrais libéraux sont profondément respectueux des droits de L'homme en leur propre pers-mm*, et libéralisme est égoïsme ; ils sont profondément respectueux des droits de l'homme en autrui, et libéralisme est fraternité ; ils sont profondément convaincus que c'est parle plus de liberté possible qu'on t'ait la patrie
ide qu'il est possible, et libéralisme est patriotisme.
Il s'agit de tirer de tout individu tout ce qu'il contient pour que la patrie en soit plus; forte. < m ne tire d'un individu tout ce qu il contient qu'en le laissant l'en tirer lui-même. Ce n'est que lil
-dire ce n'est que ne donnant à la communauté que juste ce qu'il lui faut pour se maintenir et se défendre, que L'individu se déploie dans toute sa force » t donne toute carrièi - puissani
Vous croyez ne rien tirer de lui, ou pas a ous
en tirez trois fois plus en le laissant devenir plus
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inée. < ! est lui qui accumule les ric dont vous pourre io un jour | lui
qui p ir dent augmente le pi dont
nation a besoin ; c'est lui qui par l'esprit d'initial que voua n'aurez pas corn pi n lui devient « i
plorateur, inventeur, commerçant hardi, industriel avisé et audacieux. L'homme libre est une
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force dont bénéficie la nation, alors même qu'elle s'imagine qu'il est un être autonome qui ne songe qu'à lui. Elle s'enrichit en se gardant de l'appauvrir ; elle se fortifie en se gardant de le confisquer. En pareille matière c'est de ce qu'on ne possède pas ou de ce qu'on croit ne posséder point qu'on est riche ; et c'est ce qu'on absorbe qui appauvrit. Ce sont des citoyens à peu près aussi libres qu'il est possible qui ont fait les deux plus grandes patries du monde, c'est à savoir la Grande-Bretagne et les États-Unis.
Il y a une grande parole de Bossuet qu'on ne médite pas assez : « Le fond d'un Romain pour ainsi dire était l'amour de sa liberté et de sa patrie. L'une de ces choses lui faisait aimer Vautre, car, parce qu'il aimait sa liberté, il aimait aussi sa patrie comme une mère qui le nourrissait dans des sentiments également généreux et libres. » Il est presque vrai qu'on n'aime sa patrie qu'autant qu'elle vous laisse libre, et il est tout à fait vrai qu'une patrie n'est forte que quand elle est un faisceau de volontés libres. — Il faudrait donc confondre les deux religions de la liberté et de la patrie en une seule. Il faudrait enseigner à être libre par libéralisme d'abord et par patriotisme ensuite et par patriotisme surtout. Il faudrait inculquer cette idée, qui, par exception, est vraie jusqu'au fond,