‹ Disparus et survivantsChapitre 1 sur 21 · AVANT-PROPOS · texte numérisé non relu

AVANT-PROPOS

“Il y avait longtemps que les pages qui suivent, et beaucoup de celles qui viendront dans d’autres numéros du Bulletin, étaient écrites lorsque j’ai reçu communication d’une lettre du Dr P. R..., savant de renom que j’ai l’honneur de connaître pour l’avoir rencontré au congrès des Américanistes tenu à la Haye et à d’autres réunions du même genre. Sans rien savoir de la série d’articles dont on commence aujourd’hui la publication, ce monsieur se plaint de ce qu’il appelle le plagiat de M. Le Conte, point avec lequel je n’ai rien à faire, et mentionne les “grossières erreurs” qui émaillent son court travail, circonstance qui m’intéresse doublement.

“D’abord, c’est pour moi une consolation de voir que l’ethnologie américaine n’est pas si arriérée en France que pourrait le faire croire le factum que lui et moi critiquons; ensuite la reconnaissance à Paris de ces “grossières erreurs” est la meilleure justification que je puisse invoquer pour les critiques, (aussi douces que j’ai pu les faire tout en restant peu agréables pour le récipiendaire) contenues dans l’ouvrage dont je soumets aujourd’hui la primeur au public canadien.

“Je ne puis pourtant que savoir gré à M. Le Conte, qui avait sans doute de bonnes intentions et dont le style au moins pourrait servir de modèle à bien des ouvriers dans le même champ scientifique, de m’avoir inconsciemment poussé à préparer un travail qui, j’ose l’espérer, contiendra du nouveau pour plus d’un lecteur du Bulletin et peut-être d’autres”.

Les quelques lignes ci-dessus étaient adressées aux lecteurs du (Bulletin de la Société de Géographie de Québec, comme excuse pour la publication des essais que je leur offrais alors. Je les reproduis ici avec l’intention de leur faire jouer le même rôle vis-à-vis de ceux qui pourront se procurer le petit ouvrage qui en résulte aujourd’hui.

Comme excuse supplémentaire pour cette publication, je me permets maintenant de citer en outre les passages suivants d’une lettre adressée, le 28 avril 1927, à M. F.-X. Chouinard, directeur du dit Bulletin, par M. Henri Froidevaux, doyen de la Faculté des Lettres de l’Université Catholique de Paris et Secrétaire-Archiviste de la Société de Géographie de la même ville:

“...J’ai par ailleurs, en rendant compte du dernier numéro du Bulletin pour l’année 1926, souligné l’intérêt que présentent les études du Révérend Père Morice intitulées (Disparus et Survivants , et j’ai tenu à indiquer en même temps comment les “légèretés impardonnables” de M. René Le Conte avaient été l’occasion de ces études. Je les ai lues tout d’un trait après en avoir pris une première fois connaissance lors de leur publication, et j’ai été frappé davantage encore, en les relisant ainsi à la suite les unes des autres, de leur très grande valeur scientifique et de l’intérêt qu’il y aurait à les réunir en volume plus tard.

“Je' souhaite que le Père Morice se décide à le faire, d’accord avec votre société. Vous aurez là, l’auteur lui-même et la Société de Géographie également, une publication qui vous fera très grand honneur à tous deux, et dont le mérite incontestablement rejaillira aussi sur vous, cher Monsieur”.

Venant d’un parti si compétent et si haut placé, ces bienveillantes paroles ne peuvent que m’enhardir à présenter dès lors au public spécial auquel ils s’adressent ces essais conçus d’un grand amour pour la vérité scientifique, et nullement du désir de critiquer pour l’amour de la simple critique.

A.-G. MORICE, O. MJ.

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