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Dissertation critique et apologétique sur la langue basque

Oi peu d'auteurs se sont occupes jusqu'ici de la langue basque , et les succès de ce petit nombre, sauf quelques exceptions (i), ont été si médiocres, qu'il reste encore beaucoup à faire pour scruter le mécanisme de cet idiome intéressant.

On y trouve en effet des côtés ignorés ou mal saisis , beaucoup de questions qui n'ont point été abordées , beaucoup d'autres qui ont été effleurées seulement , beaucoup d'au-

(i) Parmi ceux de la nation, le père Larramendi est l'auteur qui a le plus mérité de sa langue. Parmi les étrangers , la première place est due à un linguiste marquant, professeur de littérature grecque et de langue hébraïque à la faculté des lettres de Toulouse. On sait que M. Lécluse s'occupe du basque depuis environ deux ans , et qu'il publia l'année dernière un manuel de cette langue , fi-uit précoce d'un esprit méthodique et pénétrant.

tros enfin dont il importe de réformer les solutions.

Comme les omissions et les méprises que nous venons de dénoncer, par.iissent avoir leur som'ce dans la trop grande influence des systèmes particuliers des langues sur l'esprit de nos grammairiens; ce n'est qu'en nous tenant en sarde contre cette même influence d'esprit, que nous pouvons espérer de faire mieux connaître le basque. Nous puiserons donc , selon l'avis de M. du Marsais , les règles de la langue dans la langue elle-même ; et, afin de les apprécier selon leur juste valeur, nous les rapprocherons souvent des règles de la grammaire générale , ou des principes fondamentaux du langage.

Nous développerons ainsi toute l'économie de la langue , en commençant par les élémens les plus simples ; nous discuterons successivement les sons primitifs et les articulations, les syllalies radicales, les mots simples et les mots composés , leurs espèces grammaticales , leur force expressive ou leur énergie ; les genres , les nombres et les cas des substantifs, des adjectifs, des participes et des pronoms ; la question importante et mal connue de la conjugaison ; enfin l'art de fixer le rano- des mots, et d'assortir ensemble leurs

formes accidentelles , pour obtenir un sens achevé dans le discours.

Après une discussion raisonnablement étendue sur chacun de ces points, nous conclurons sans balancer, qu'il est difficile de signaler une langue qui réunisse plus d'avantages du premier ordre ; et nous attendrons avec patience qu'un esprit droit et libre de tout préjugé dissipe nos illusions, s'il y a lieu, ou qu'il profite de nos efforts pour ériger à notre langue un monument plus digne d'elle.

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