MON MAÎTRE
Chirurgien en chef de l’hôpital de la Pitié; Professeur agrégé près la Faculté de
médeoine de Paris, etc. , etc.
Que je suis heur eux } Monsieur } de pouvoir me joindre aujourd'hui aux innombrables élèves que vous avez formés pour vous manifester publiquement toute ma reconnaissance! Quel autre } pour mieux la mériter , s’est jamais plus intéressé a la jeunesse studieuse , et a montré plus de zèle dans l’enseignement. Vos encoura gemens font évanouir chaque jour la prescience chirurgicale; on na plus besoin d’ê tre né chirurgien , car vos principes clairs , vos règles exactes et mathématiques , en faisant disparaître le vague de la médecine opératoire y ne trouvent plus de maladroits. L’élève qui n’a ' qu’une ligne bien tracée a suivre , montre , dès ses premiers essais même j l'habilité du maître qui le conduit si bien , et on le voit à peine sorti de votre école , obtenir dans le début de sa pratique , ces succès qui ne sont trop souvent que le fruit d’une longue et pénible expérience.
La direction en chef de là chirurgie de l’hôpital de la Pitié qui vient de vous être donnée comme une juste récompense de vos longs et utiles services , en ouvrant un nouveau théâtre à vos talens , vous met y plus que jamais y a même de former des hommes capables de vous remplacer un jour. Ainsi que quelques professeurs philantropes , que les élèves ne sauraient trop chérir , on vous a vu saisir ,
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avec empressement , cette nouvelle occasion d' achever V éducation chirurgicale de vos disciples ; et joindrejen leur faisant opérer des malades sous vos yeux) à la bonne théorie qu’ils avaient acquise sur le cadavre , les immenses avantages de la pratique.
Désormais on ne verra plus , ainsi que cela arrive malheureuse ment trop souvent , de jeunes chirurgiens sortis des premières écoles , et très-habiles sur le sujet mort , trembler ci V aspect du sang , ou être arrêtés par des cris de douleur la première fois qu’ils portent leur bistouri sur le vivant. En entrant dans la pratique privée , ils auront déjà fait leurs premières armes dans un grand hôpital , en présence de nombreux spectateurs , et auront pris là ce sang • froid j sans lequel l’homme le plus instruit ri’ est jamais qu’un mauvais opérateur.
Je l’avouerai y je suis orgueilleux d’avoir pu le premier profiter de cet avantage immense dont ceux qui auront le bonheur d’être attachés au service de V hôpital de la Pitié vont désormais jouir j mais combien j’avoue aussi avec plaisir que , si j’ai mérité dans mes premières opérations *ur le vivant , quelques éloges de mes nombreux confrères y c’est avons seul qu’ils étaient tous dus y puisque mon instrument ne faisait que suivre les lois et les routes que vous lui aviez tracées.
La tache que je viens de remplir en vous rappelant ce qui excitera toujours ma vive reconnaissance y était agréable et facile j je n’ai eu qu’a écrire } sous la dictée d'un cœur tout plein de vos bontés , de douces vérités j mais le travail qui me reste à faire } quelque petit qu'il soit , est autrement pénible ; il faut le soumettre à des juges qui ont tous été mes maîtres 3 et qui ont droit de réclamer de moi le fruit des bonnes leçons que j’ai reçues d’eux : peut-être ne pourrai-je point les satisfaire , et n’obtiendrai -je que de justes reproches , sans avoir la satisfaction de vous faire l’hommage d’un faible éloge mérité.