‹ Dissertation sur J.-B. Poquelin-Molière, sur ses anetres, l'epoque de sa naissance qui avait eté inconnue jusqu'a présent; sur son buste et un inscriptionChapitre 33 sur 73 · VII. Troisième Question. 5j · texte numérisé non relu

VII. Troisième Question. 5j

thèque Britannique (i), a été plus indulgente pour M. de Luc.

II est naturel que l'auteur, ayant écrit à Genève, où s'imprime ce journal, y ait facilement inspiré ce sentiment. Cependant on a de la peine à comprendre comment MM. les Rédacteurs, qui ont fait deux notes (2) sur le Mémoire qui leur était vraisemblablement envoyé, n'ont pas été un peu plus favorables à Tite-Live, qu'ils ont sacrifié à Polibe, au lieu de concilier ces deux historiens comme Ta fait l'ouvrage déjà cité, ce qui n'était pas bien difficile. Cependant l'article inséré à Genève l'a aussi été dans le journal où j'avais déjà parlé en sens contraire, sans doute afin de mettre le lecteur impartial à portée déjuger la question par lui-même, et peut-être parce que M. Millin , auteur de ce journal , était mort dans l'intervalle. Mais M. Letronne, dans le Journal desSavans, a depuis combattu avec force, et entièrement renversé le sistème de M. de Luc.

S'il y a un point sur lequel Polibe et Tite-

(1) Tome 8, 3e. année, 1818, p. 187 de la partie littéraire.

(2) Pages 149 et i5o.

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Live soient d'accord, c'est le passage des Alpes par le Mont-Genèvre, ainsi que nous le verrons bientôt. Mais il faut d'abord connaître les mesures dont s'est servi l'historien grec, pour déterminer la route qu'il fait décrire à l'armée d'Annibal. Ce sera l'objet de l'article suivant, où j'examinerai quelles ont été les mesures itinéraires de Polibe. Je m'occuperai ensuite, avec le secours de ces connaissances préliminaires, de la route d'Annibal depuis le passage du Rhône jusqu'à Mons-Seleucus, puis jusqu'à Briançon, et enfin jusqu'à Turin.

Des Mesures itinéraires de Polibe.

VIII. Polibe est le plus ancien écrivain grec à qui les Romains aient été bien connus. Il avait passé une partie de sa vie dans les hauts emplois de la république des Achéensi et ayant été obligé d'aller à Rome pour les affaires de sa patrie, il y demeura environ quarante ans, accompagnant le jeune Scipion dans ses voyages et dans ses conquêtes. Nous

VIII. Mesures îtînéraîres de Polibe. 69 voyons par les cinq premiers livres qui nous restent de son histoire, et par les fragmens des trente- cinq derniers, que nous avons malheureusement perdus, qu'il s'était singulièrement attaché à la géographie ; ainsi nous ne pouvons douter qu'il n'eût fait une comparaison exacte des mesures des Grecs et des Romains. Il nous a rendu compte des résultats de cette comparaison et du rapport qu'il avait trouvé entre ces mesures, dans une digression qu'il a mise au commencement de son troisième livre (i), sur l'étendue des pays qui entourent la partie occidentale de la Méditerranée. Je rapporterai dans la suite ce passage tout entier.

Comme Polibe pouvait craindre que les Grecs ne le soupçonnassent de donner des mesures imaginaires d'un pays qu'ils regardaient comme impraticable , il leur rend compte des moyens qu'il avait eus de s'en instruire avec exactitude. « Maintenant, dit- « il, les routes à travers ces pays ont été me- « surées par les Romains, et divisées par des « marques posées de huit stades en huit stades. »

(i) Page 19.3 de l'édition de Paris.

6o VIII. Mesures itinéraires de Polibe.

On reconnaît là sans peine les pierres milliaires j car c'était à chaque mille que les Romains mettaient ces signaux.

Les huit stades fesaient 4800 pies grecs, et le mille 5ooo pies romains : ces pies étaient donc entr'eux comme ^5 à 24» Cette manière de compter est celle de Strabon lui-même, celle de Vitruve, celle de Columelle, celle de Pline, de Higin, de Censorin. M. Fréret (i) n'y voit qu'une difficulté puisée dans une citation de Polibe, tirée de Strabon. Il serait trop long de la discuter ici, et cela n'est nullement nécessaire pour noire objet.

Si donc le stade est évalué par tous ces auteurs, à la huitième partie du mille romain, il faut connaître la valeur du pié et du mille romain, pour déterminer la valeur des mesures itinéraires des Grecs.

Notre pié de roi était divisé en 1 2 pouces et 144 ligues. On subdivise le pié en i44o parties pour avoir des dixièmes de ligne (i). On

(i) Mém. de l'Acad. des Insc, t. 24, p. 464.

(2) Voyage du jeune Anacharsis. Paris, 1790, t. 7, tables, p. LX. On sait que M. de Sainte-Croix est Vaateor de ces tables. Nous comptons aujourd'hui par

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