LE BARBOUILLÉ, VALÈRE, ANGÉLIQUE, CATHAU
VA LE RE
Mademoiselle, je suis au de'sespoir de vous apporter de si méchantes nouvelles; mais aussi-bien les auriez -vous apprises de quelqu'autre; et, puisque votre frère est fort malade
ANGÉLIQUE
Monsieur, ne m'en dites pas davantage ; je suis votre servante , et vous rends grâce de la peine que vous avez prise.
LE BARBOUILLÉ
Ma foi, sans aller chez le notaire , voilà le
certificat de mon cocuage. Ha! ha ! marianie
la carogne , je vous trouve avec un homme,
après toutes les défenses que je vous ai faites,
et vous me voulez envoyer de Gemini en
Capricorne !
ANGÉLIQUE
Hé bien! faut-il gronder pourcela?Ce monsieur vient de m apprendre que mon frère est bien malade : où est le sujet de querelle?
'7 CATHAU
Ah ! le voilà venu ; je m'étonnois bien si nous aurions long-temps du repos.
LE BARBOUILLÉ
Vous vous gâtez , par ma foi , toutes deux , mesdames les carognes ; toi , Cathau, tu corromps ma femme; depuis que tu la sers , elle ne vaut pas la moitié de ce qu'elle valoit.
CATHAU
Vraiment oui , vous nous la baillez bonne.
ANGÉLIQUE
Laisse là cet ivrogne; ne vois-tu pas qu'il est si soûl qu'il ne sait ce qu'il dit ?