VALÈRE, SABINE
VALÈRE
rlÉ bien ! Sabine, quel conseil me donnes-tu? SABINE.
Vraiment, il y a bien des nouvelles. Mon oncle veut résolument que ma cousine épouse Villebrequin , et les affaires sont tellement avancées , que je crois qu'ils eussent été mariés dès aujourd'hui , si vous n'étiez aimé ; mais, comme ma cousine m'a confié le secret de l'amour qu'elle vous porte , et que nous nous sommes vues à l'extrémité par l'avarice de mon vilain oncle, nous nous sommes avisées d'une bonne invention pour différer le mariage. C'est que ma cousine , dès l'heure
que je vous parle , contrefait la malade ; et le bon vieillard, qui est assez crédule , m'envoie quérir un médecin. Si vous en pouviez envoyer quelqu'un qui fût de vos bons amis, et qui fut de notre intelligence, il conseilleroit à la malade de prendre l'air à la campagne. Le bon homme ne manquera pas de faire loger ma cousine à ce pavillou qui est au bout de notre jardin ; et , par ce moyen , vous pourriez l'entretenir à linsu de notre vieillard, l'ëpouser, et le laisser pester tout son soûl avec Villebrequin.
VALÈRE
Mais le moyen de trouver sitôt un me'decin à ma poste, et qui voulût tant hasarder pour mon service ! Je te le dis franchement , je n'en connois pas un.
SABINE
Je songe à une chose ; si vous faisiez habiller votre valet en médecin : il n'y a rien de si facile à duper que le bon homme.
VALÈRE
C'est un lourdaud qui gâtera tout; mais il faut s'en servir faute d'autre. Adieu , je Je
vais chercher : où diable trouver ce maroufle à présent? mais le voici tout à propos.