‹ Dissertation sur J.-B. Poquelin-Molière, sur ses anetres, l'epoque de sa naissance qui avait eté inconnue jusqu'a présent; sur son buste et un inscriptionChapitre 56 sur 73 · VALÈRE, SABINE · texte numérisé non relu

VALÈRE, SABINE

VALÈRE

rlÉ bien ! Sabine, quel conseil me donnes-tu? SABINE.

Vraiment, il y a bien des nouvelles. Mon oncle veut résolument que ma cousine épouse Villebrequin , et les affaires sont tellement avancées , que je crois qu'ils eussent été mariés dès aujourd'hui , si vous n'étiez aimé ; mais, comme ma cousine m'a confié le secret de l'amour qu'elle vous porte , et que nous nous sommes vues à l'extrémité par l'avarice de mon vilain oncle, nous nous sommes avisées d'une bonne invention pour différer le mariage. C'est que ma cousine , dès l'heure

que je vous parle , contrefait la malade ; et le bon vieillard, qui est assez crédule , m'envoie quérir un médecin. Si vous en pouviez envoyer quelqu'un qui fût de vos bons amis, et qui fut de notre intelligence, il conseilleroit à la malade de prendre l'air à la campagne. Le bon homme ne manquera pas de faire loger ma cousine à ce pavillou qui est au bout de notre jardin ; et , par ce moyen , vous pourriez l'entretenir à linsu de notre vieillard, l'ëpouser, et le laisser pester tout son soûl avec Villebrequin.

VALÈRE

Mais le moyen de trouver sitôt un me'decin à ma poste, et qui voulût tant hasarder pour mon service ! Je te le dis franchement , je n'en connois pas un.

SABINE

Je songe à une chose ; si vous faisiez habiller votre valet en médecin : il n'y a rien de si facile à duper que le bon homme.

VALÈRE

C'est un lourdaud qui gâtera tout; mais il faut s'en servir faute d'autre. Adieu , je Je

vais chercher : où diable trouver ce maroufle à présent? mais le voici tout à propos.

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