‹ Dissertation sur L'Anemie no.207Chapitre 4 sur 5 · WE · texte numérisé non relu

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Le cerveau était blanc et presque de la même nuance : le ventricule gauche contenait un peu de sérosité.

Tous les vaisseaux artériels et veineux des trois cavités splanchniques étaient vides de sang coloré, et ne contenaient qu’un peu de liquide séreux : l’incision des chairs ne donna lieu à aucun écoulement de sang, si ce n’est à la cuisse, où il en sortit un peu. Cette absence de sang , qui était d'accord avec les phénomènes observés, fit renoncer aux frictions mercurielles ; on les remplaça par l’usage intérieur de la limaille de fer porphyrisée, à la dose d’un gros tous les jours, combinée sous forme d’opiat avec le quinquina et le chlorate d’ammoniaque ; on supprima ensuite ce dernier sel, parce qu’il occasionait de temps en temps aux malades des douleurs déchirantes d’entrailles. Les malades soumis à ce mode de traitement virent de jour en jour s'améliorer leur état; quelques veines commencèrent à se montrer sous la peau de l’avant-bras. Au bout de huit à dix jours, les digestions étaient plus régulières ; l’essoufllement, la faiblesse avaient diminué; chaque jour les maladès montraient comme une découverte de nouveaux vaisseaux qu'ils n'avaient pas aperçus la veille. Tous les symptômes continuèrent également à s’'amender, et le rétablissement de ces individus était complet lorsqu'ils furent renvoyés chez eux. Ce traitement, mis en usage à Dunkerque et à Anzin, produisit les mêmes résultats. On fit la remarque que les rechutes étaient faciles. (Voyez le rapport de Hallé, professeur, tom. IX, Journal de médecine de l’an 15.)

D'après tout ce qui vient d’être énoncé sur les causes et les symptômes de cette épidémie, sur le traitement mis d’abord en usage sans : résultat ,.abandonné bientôt pour faire place à celui qui l’a combattue si rapidemeut, les préparations martiales, on ne saurait se refuser de l’attribuer au défaut d'hématose. Ses prodromes, la diar-

rhée, la météorisation du ventre, les vives douleurs d'intestins que ressentaient les malades avant l'apparition de l’anémie, peuvent être rapportés à l’usage que ces ouvriers faisaient d'une eau chargée de gaz hydrogène sulfuré, qui transsudait dans cette galerie, et qui, di-

sait-on, occasionnait des ampoules sur la peau qui se trouvait en contact avec elle. L'air contenait aussi en dissolution une grande quantité de ce gaz et d'acide carbonique.

Le fer et ses diverses préparations doivent être considérés comme des spécifiques dans cette maladie , surtout lorsqu'on les associe aux amers , quoique seuls ceux-ci aient été sans succès ; une nourriture et un régime appropriés à l'état des anémiés ne sont pas moins indispensables. Je ferai remarquer que les malades d’Anzin ont dù leur salut à l'action simultanée de tous ces moyens, tandis que les deux derniers suffirent à la guérison des deux prisonniers de Russie.

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