‹ Dissertation sur l'emploi des bandelettes agglutinatives dans le traitement des ulcères atoniques des jambesChapitre 3 sur 9 · PREMIÈRE PARTIE · texte numérisé non relu

PREMIÈRE PARTIE

Exposé du moyen thérapeutique.

M.*A. Baynton (1), praticien très-distingué de Bristol, dit que, frappé des longueurs et des incertitudes .des méthodes ordinaires de traiter les vieux ulcères des jambes, il tenta l’emploi des bandelettes aggîuiinatives, dans l’intention d’obtenir , si non une réunion immédiate, du moins un rapprochement des bords, très-propre à aider la nature et à hâter la cicatrisation.

Le sparadrap dont l’auteur fait usage est composé de l’emplâtre commun de litharge et de poix résine, dans la proportion de quatre onces du premier, et d’une demi - once de poix résine. Il fait étendre cet emplâtre fondu sur des bandes de

(i) Descripre account of à new melhod of treating old ulcers of the legs , «dit. 2, * 799-*

calico. Ce sparadrap ainsi préparé doit être divisé en bandelettes d’un ou deux pouces de largeur, et d’une longueur telle, qu’après avoir fait le tour du membre, elles puissent se croiser de trois à quatre pouces. Avant d’appliquer l'es bandelettes , la partie doit être soigneusement rasée, afin que leur renouvellement puisse se faire sans douleur.

Le Adieu de la longueur de chaque bandelette doit êtré appliqué sur la partie du membre diamétralement opposée à l’ulcère ; les deux extrémités de la première, doivent être ramenées et croisées sur le milieu de la plaie ; celles qui sont appliquées ensuite doivent anticiper un peu les unes sur les autres , de manière à se recouvrir du tiers de leur largeur à peu près : elles seront assez multipliées pour que la surface de l’ulcère en soit entièrement couverte, et qu’elles dépassent au moins d’un pouce les bords supérieur et inférieur. La gravure que nous avons fait placer à la fin de cette dissertation donnera une idée plus nette du procédé que nous venons d’exposer.

L’auteur entourait quelquefois tout le membre de la même manière; mais, dans le plus grand nombre des cas, il se contentait de recouvrir la surface ulcérée. Les bandelettes doivent exrercer une compression modérée, le rapprochement des bords doit être fait sans douleur : on termine l’appareil en appliquant sur les emplâtres quelques compresses , que l’on maintient par un bandage roulé.

Les pansemens seront renouvelés toutes les vingt-quatre heures, à moins que beaucoup d’inflammation ou une suppuration trèsabondante n’exigent qu’ils lé soient deux ou un plus grand nombre de fois. Il sera plus avantageux de les faire le matin : à cette époque de la journée, les chairs sont moins oedémateuses, ,et permettent plus facilement le rapprochement des bords. Pour prévenir le tiraillement de la cicatrice commençante , lors de la levée des bandelettes , l’auteur les fait humecter, quelques instans avant,

avec de l’eau froide en été, tiède eïi hiver : il semble insister sur cette pre'caution.

Les avantages attribués à ce procédé sont, la diminution de la suppuration, son odeur rendue moins désagréable; les douleurs se calment promptement. L’auteur parle de la surprise agréable qu’on éprouve en voyant les bons effets du sparadrap , Comme topique ; les bords calleux deviennent unis, et se mettent trèspromptement de niveau avec la surface de l’ulcère ; il ne se formé plus de'fongosités ; s’il en existe déjà , la pression exacte et immédiate qu’exercent les bandelettes les fait disparaître : par-là , les eatbérétiques, souvent mis en usage dans le cdués du traitement par la méthode ordinaire , deviennent mutilés. On peut encore joindre à ces grands avantages la facilité qu’a le malade d’appliquer lui-même les emplâtres. M. Baynton termine en disant que la marche n’est en aucune manière nuisible aux malades; qu’ils pourront obtenir une guérison prompte, saris discontinuer leurs Occupations; que l’indigent, en faisant usage des moyens propres à lui rendre la santé , pourra continuer à pourvoir à la subsistance de sa famille. Dans presque tous les cas, la cicatrisation parfaite n’exige que la moitié du temps nécessité par l’autre méthode.

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