IV.' OBSERVATION
François Portier, âgé de quarante-sept ans, chargeur dans une maison de roulage, tomba d’une échelle en i8n. Cette chute détermina une plaie à la partie antérieure et inférieure de la jambe gauche. Cette blessure ne l’empêcha pas de continuer ses travaux. La marche, le peu de soins, firent augmenter l’étendue de la plaie, et le. forcèrent à demander des secours. Il entra à l’Hôtelr- Dieu ; l’ulcère, à cette époque, avait la largeur de la main ; le repos et le traitement ordinaire amenèrent la cicatrisation complète, après treize mois, de séjour dans cet hôpital. Portier reprit ses travaux, se frappa de nouveau au même endroit, accident qui produisit une petite ulcération, qui s’accrut rapidement et détruisit toute la cicatrice. Le malade se rendit cette fois à l’hôpital Saint-Louis ; il en sortit guéri par le même traitement, après neuf mois de soins. Cette fois la guérison fut plus durable ; un bas de peau de chien protégea la cicatrice plus d’une année. Malgré ses bons effets, le préservatif fut discontinué, et, par les, mêmes causes, l’ulçère se renouvela une troisième fois, dans une étendue aussi considérable que les premières. Lorsque le malade entra à l’hôpital de la Pitié, l’ulcère était douloureux, enflammé ; ses bords étaient tuméfiés. De même que dans les observations précédentes, les émolliens furent appliqués quelques jours avant les bandelettes de diachylum. Le 6 août, premier jour de l’application de cet emplastique , l’ulcère avait trois pouces dans sa longueur, et deux dans sa largeur ; sa forme était à peu près elliptique. Le îfidu même mois, son étendue excédait à peine celle d’une pièce de dix sous : sa cicatrisation fut complète le a 4 . L’application des bandelettes fut cessée trop tôt ; il se forma sous la eicatrice une ecchymose qui détermina l’emploi de l’eau végétominérale. Le 28 août, les bandelettes ont été réappliquées, et la
cicatrice ne se fit attendre que quelques jours. Celte fois les emplâtres ont été continués, malgré l’occlusion de la plaie , jusqu’au 10 septembre, jour de la sortie du malade, qui, instruit par l’expérience, se promet bien de ne plus négliger le bandage compressif.