‹ Dissertation sur l'emploi des bandelettes agglutinatives dans le traitement des ulcères atoniques des jambesChapitre 9 sur 9 · V , 6 OBSERVATION · texte numérisé non relu

V , 6 OBSERVATION

Madame D., âgée de 28 ans, fut affectée, en i 8 i 4 , d’ul¬

cération aux commissures des lèvres ; leur nature siphilitique fut entièrement ignorée, et la malade parvint, quoique difficilement, à les faire disparaître , seulemént par des lotions émollientes. Six mois après, il se manifesta vine éruption pustuleuse des plus abondantes, étayant tous les caractères siphilitiques. La malade, justement effrayée de ce nouveau symptôme , consulta un médecin, qui lui prescrivit un traitement mercuriel par la liqueur de Van-Swiéten , ou solution de muriate suroxydé de mercure et les décoctions sudorifiques. Le traitement ne fut suivi que trèsirrégulièrement et en quantité insuffisante , la malade ayant cru sa guérison parfaite sitôt la disparition des symptômes extérieurs. La maladie se montra sous de nouvelles formes : des douleurs nocturnes insupportables privèrent bientôt la malade de tout sommeil; deux exostoses se développèrent sur le corps du tibia de la jambe droite; et /quelques semaines plus tard , il se forma sur la malléole interne de la même jambe une ulcération qui prit de jour en jour de l’accroissement. Le 2 septembre 1816, lorsque nous vîmes la malade pour la première fois , cette plaie , de forme ronde, avait deux pouces de diamètre , son fond était couvert d’une pulpe grisâtre sanieuse; ses bords, élevés, portés en dehors, étaient entourés d’un cercle inflammatoire de'plusieurs travers de doigts de lai’geur ; les douleurs qu’elle occasionnait étaient presque continues. Les émolliens avaient été très-long - temps employés sans soulagement, et sans que l’aspect de la plaie eût changé en au-

cune manière : nous. leur substituâmes un digestif mercuriel, et nous mîmes la malade à l’usage d’un traitement général, par les frictions; elle prit pour tisane la décoction de salsepareille. Le i 5 septembre ., ; le digestif fut remplacé par des bandelettes de diachylum; la pjaie, à celt^ époque, était un peu détergée, les douleurs avaient cédé. L’emplastique produisit le meilleur effet : la plaie se nettoya complètement ; les granulations se développèrent , et enfin tout se passa comme dans une plaie simple. Le 28 octobre, la cicatrisation était achevée, les symptômes siphilitiques avaient entièrement disparu. Le traitement général a été continué jusqu’à la fin du mois de novembre; tout annonce maintenant une.parfaite guérison.

"VI. e OBSERVATION.

Jean-François Bequet, boucher., âgé de trente-deux ans, d’une bonne constitution, ayant joui dans sa jeunesse d’unçsanté non interrompue, fut atteint, en 1809, d’un bubon inguinaldu côté droit. Ce symptôme siphililique fut primitif; la tumeur se ramollit, suppura, et se cicatrisa sans emploi d’aucun médicament antivénérien. Six mois après la disparition du bubon , il se manifesta une éruption pustuleuse considérable. Le malade n’opposa aucun spécifique à ce nouveau sypjptôipe, La plus grande partie des pustules se sécha; l’autre passa à l’état ulcéi’afif : parmi ces dernières, quelquesunes prirent un accroissement considérable ; l’épaule droite, la poitrine , le dos , les avant-bras en portent encore des traces ineffaçables. Six mois après les pustules , la jambe droite se couvrit d’une rougeur érysipélateuse, qui fut suivié d’une ulcération semblable à celles de la face , du dos, etc, ; son accroissement fut rapide ; elle sembla fixer la direction des humeurs , car bientôt seule elle remplaça toutes les autres, dont la cicatrisation se fit |feu attendre. L’ulcère avait de quatre à cinq pouces de diamètre : cette étendue resta à peu près la même pendant deux ans. Le

malade se contenta des soins de propreté. En 1812, il se forma une autre ulcération à la jambe gauche : peu de temps suffit pour lui donner une grande étendue , qui fut cependant toujours moindre que celle de l’ülcère de là jambe droite. Le malade porta ces vastes ulcères jusqu’en 1816. Deux cautères aux jambes furent établis au commencement de cette année; les antiscorbutiques, les purgatifs, les saignées, fatiguèrent le malade sans rendre son état plus satisfaisant. Il se détermina enfin à venir à Paris. Oes ulcères furent jugés vénériens, et pansés les premiers jours avec les émolîiens. Plus tard, on employa le digestif animé, et les compresses de vin aromatique. Le malade éprouvait, depuis quelques jours, un état de faiblesse générale ; ses plaies furent frappées de la pourriture d’hôpital. Les forces furent relevées par les toniques , les amers; la gangrène se borna, les escharres se détachèrent, et laissèrent après elles des plaies d’une énorme étendue. Elles furent d’abord pansées avec la charpie sèche, puis avec les bandelettes agglutinatives. Le 18 septembre , premier jour de l’application de l’emplastique } la cicatrice avait commencé dans quelques points. Ce mode de traitement ne fut employé d’abord que pour la jambe gauche , qui portait alors trois ulcères situés vers son tiers inférieur : le plus petit, de la largeur d’une pièce de cinq francs, placé à la partie antérieure; les deux autres à la partie interne, l’un sur la malléole , l’autre un peu au-dessus. Quinze jours de ce nouveau traitement suffirent pour cicatriser l’ulcère de la partie antérieure , et amener les autres à moitié de leur largeur. On avait continué de panser la jambe droite par la méthode ordinaire. Le malade souhaita qu’elle fût pansée de la.même manière que la gauche. Le 4 octobre , lorsqu’on appliqua les bandelettes sur-cette jambe, l’ulcère avait cinq pouces de largeur sur sept de longueur. Le 28 du même mois , les ulcères de la jambe gauche étaient cicatrisés ; celui de la droite n’avail plus que deux à trois pouces de diamètre. Les cautères furent renouvelés le i. er novem-

bre , et le malade fut mis à l’usage de la liqueur mercurielle dans le vin antiscorbutique , et d’une tisane amère. De ces plaies si considérables il ne restait plus qu’une petite ulcération superficielle à la jambe droite } lorsque le malade prit la résolution de retourner chez lui. Il doit continuer la solution de sublimé jusqu’à 25 ou 3o grains. Les cicatrices promettent de la solidité ; les articulations du pied sont beaucoup moins roides ; enfin le malade est prévenu des accidens qui peuvent arriver, s’il discontinue l’usage des bas lacés, i auxquels nous l’avons assujetti depuis quelque temps.

HIPPOCRATIS APHORISMI

(Edente Bosquillon ).

Calidum suppurationem movens in omni vulnere, excepto vuïnere recfenti ^maximum securitatis indicium exhibet, cutem emollit, atténuât, dolorem tollit, rigores, convulsiones, tétanos mitigat, capitis gravitaient solvit : ossiuni vero fracturis plurimùm eonfert, sed præcipuè iis quæ nudata sunt, iisque maximè qui in capite ulcéra habent. Iis etiam quæ à frigôre emoriuntur, aut ulcerantur, et berpetibus exedentibus, sedi, pudendo utero, vesicæ, in omnibus calidum gratum et judicationem faciens, frigidum vero inimicum et interimens. Sect. 5, aph. 22 .

Ulcéra undiquaquè glabra, maligna. Sect. 6j apli. l\.

Hydropicis quæ in corpore fiunt ulcéra, non facilè sanantur. Ibid ., aph. 8.

Ulcéra annua quacumquæ fiunt, aut longius tempus detinent,* in iis os abscedere necesse est, et cicatrices cavas fieri. Ibid., aph. 45 .

Qui tetano corripiuntur, intra quatuor dies pereunt ; si tamen hos effngerint, sanescunt. Sect. 5^ apli. fi.

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