DE L'HYDROCÈLE PAR INFILTRATION
Quelques auteurs ont admis plusieurs espèces de cette sorte, suivant que l’infiltration avait lieu dans lé tissu cellulaïre du scrotum ou entre le dartos et le scrotum. Cette distinction est peu importante pour la pratique ; il suffit de savoir que l’infiltration est bornée par la peau en dehors , et par la tunique vaginale en dedans. Il existe chez la feinme une maladie analogue, c'est l'infiltration des grandes et des petites lèvres. Mais ce qui est beaucoup plus important , c’est de distinguer les causes de ces infiltrations : ou bien la maladie est idiopathique, ou bien elle est symptomatique d’une affection organique de l’abdomen , de la poitrine, ou d’une maladie générale à sa dernière période.
L'hydrocèle idiopathique par infiltration dépend le plus souvent d'un état de faiblesse ou de relâchement du scrotum ; quelquefois cette infiltration est accompagnée d’une inflammation érysipélateuse, et c’est peut-être alors cet érysipèle qui est la cause de cette infiltration ou qui l’entretient. Les-enfans faibles, mal soignés pour la propreté, sur la peau desquels où laisse long-temps des langes imprégnés d'urine ; ces enfans, ainsi que les vieillards affectés d’incontinence d'urine, sont très - souvent atteints de cette maladie. On remarque aussi qu’elle peut se développer à la suite d’un bain prolongé dans l'eau tiède, ou d’un long décubitus sur un terrain humide lorsque l'on a chaud.
Caractères de la maladie. La peau desbourses-est légèrement transparente , le doigt y: laisse son empreinte ;'le-raphé reste‘sur lailigne médiane ,-et n’est, pas :soulévé par la: sérosité; le scrotum:est gonflé ; sesrides sont effacées, sa couleur est blan:h2ou d'unetteinte rosatée: Cettetumeur, qui péut dévenir-grosse comme lartête d'un enfant, n’a pas une pesanteur proportionnée à son volume. Quelquefois les tégumens du pénis s’'infiltrent , la verge se recourbe, et, dans quelques cas, l'émission des urines est génée ou même impossible.
(3) - Il est rare que cette hydrocèle soit accompagnée de l'infiltration des membres inférieurs.
Traitement. On applique sur le scrotum des compresses trempées dans du vin chaud’ ou une décoction de plantes aromatiques ; on les soutient à l’aide d'un suspensoire. On continue les lotions pendant assez de temps, et, suivant leur effet, on:emploie quelquefois des fomentations, plus actives , telles, par exemple , qu’une décoction de quinquina, une dissolution de sulfate de zinc ou de fer. Si la maladie persistait, on pourrait pratiquer des mouchetures avec une lancette sur les deux côtés du raphé : par ces mouchetures, la sérosité s’é chappe goutte à goutte; il peut en. un jour s’en échapper jusqu'à quatre livres , et plus. Si l'on faisait des incisions d'un ou de deux pouces au lieu de mouchetures, la sérosité serait plus promptement évacuée ; mais on aurait à craindre la gangrène. Quelquefois , au bout de deux ou trois jours, les mouchetures elles-mêmes deviennent douloureuses, rougissent , s’enflamment et se gangrènent. Un bon moyen: pour arrêter cette gangrène est de les cautériser avec la pierre infernale , qu'on taille en pointe de crayon, et qu’on laisse pendant deux ou trois minutes dans la solution de continuité : la cautérisation ayec le cautère actuel est encore préférable. Si l'hydrocèle dépend de la suppression de la transpiration, on administre les boissons sudorifiques et diaphorétiques.
L’hydrocèle symptomatique, dépendant d’une autre maladie, suit les progrès de cette maladie. Il ÿ a , comme dans la première espèce, tumeur au scrotum , effacement de ses plis ; la peau conserve sa couleur naturelle, à moins qu’elle ne soit enflammée ; la tumeur est toujours la même, quelle que soit la position du malade.
Traitement. On prescrit les fomentations résolutives , afin de prévenir la trop grande distension de la peau : si elle n’est pas enflammée, on fait appliquer un suspensoire de taffetas gommé ; et si la maladie essentielle ne s’y oppose pas, on prescrit les boissons sudorifiques et
(8) EE bontians, enfin si, l'inflammation faisant des PEDBTÉS la peau est trop distendue, on fera quelques mouchetures , qu'on répétera, suivant le besoin, à une époque plus ou moins éloignée.