DE L'HYDROCÈLE PAR ÉPANCHEMENT
Les auteurs donnent ce nom à plusieurs affections différentes :
1°. À l’hydrocèle par épanchement dans la tunique vaginale ;
2°. À l'accumulation de la sérosité dans un kyste du tissu cellulaire du cordon ;
3. À l’hydrocèle vésiculaire du cordon (celle-ci est encore située dans le tissu cellulaire du cordon , mais la sérosité est accumulée dans plusieurs kystes distincts et peu volumineux);
4°. À lépanchement d’un liquide dans un vieux sac herniaire dont l'ouverture est rétrécie , et que l'intestin a abandonné.
Je décrirai principalement l'hydrocèle de la tunique vaginale et lhydrocèle enkystée du cordon, la troisième espèce n'étant qu’une variété de forme de celle-ci : et la dernière étant tout à fait étrangère à mon du
1°. De l'hydrocèle par épanchement dans la tunique vaginale.
Elle comprend deux espèces bien tranchées, suivant que la tunique vaginale comniunique ou non avec la cavité péritonéale.
Cn appelle hydrocèle congéniale celle qui survient lorsque le péritoine est continu à la tunique vaginale ; la maladie a recu le nom d’hydrocèle ordinaire lorsque la tunique vaginale est séparée du reste du péritoine.
PREMIÈRE ESspècE,. L'hydrocèle congéniale de la tunique vaginale n'est connue que depuis Hunter, qui a, le premier, décrit la marche du testicule lorsqu'il descend dans les bourses, Si la tu-
nique vaginale n’est pas oblitérée,, et si la sérosité exhalée par le péritoine n’est pas résorbée , alors il se forme dans celle-ci une tumeur, qui disparaît lorsqu'on comprime les bourses, et qui reparaît lorsque le malade est debout ou qu'il tousse. Il est difficile de distinguer cette hydrocèle de la hernie congéniale ; cependant, quand elle est formée par l'intestin seulement, on peut la reconnaître à cetle différence que la hernie est plus élastique, et fait, lorsqu'elle rentre dans le ventre, entendre une sorte de bruit qu'on nomme gargouillement.
On conçoit que si on traitait cette hydrocèle par l'injection, le liquideirritant pourrait passer dans le péritoine et y causer une péritonite grave et mortelle.
Pour éviter cet inconvémient , et procurer au malade une guérison radicale par l'injection , il faut , pendant qu'on fait cette opération , comprimer l'ouverture inférieure du canal inguinal ; vider exactement la tunique vaginale du liquide irritant injecté, etcontinuer.encore quelque temps après elle la coinpression, à l’aide d’un bandage, qui a l'avantage d'empêcher l'extension de l’inflammation par le passage de la cause irritante, et de hâter l’oblitération de l’orifice de communication entre la cavité vaginale et péritonéale.
Il peut aussi , par suite de cette disposition , se former, indépendamment de l’hydrocèle, ou simultanément à elle, une hernie congéniale proprement dite. En effet , par la cause ordinaire de la hernie , l'intestin ou l'épiploon, au lieu de pousser, comme cela arrive ordinairement, au-devant de luile cul-de-sac du péritoine, dont il se forme un sac particulier, descend dans le canal ingéninal, et a pour sac herniaire la tunique vaginale elle-même. Mais alors, il existe dans le canal ingéninal un rétrécissement qui remplace la rupture qui se fait ordinairemént pour isoler la cavité vaginale de la péritonéale ; ce rétrécissement circulaire présente un rebord saillant, qui, dilaté par un effort quelconque, laisse passer l'intestin ou l'épiploon; mais qui, revenant. bientôt sur lui-même,en vertu,de son élasticité , produit l’étranglement des viscères déplacés. Vainementalors on.cher-
(10) che à réduire les parties, ce n’est qu'après avoir débridé Pébie an in génial et le rétrécissement que les symptômes d’étranglement cessent, et que la hernie peut'être réduite. |
Dans ce cas de hernie l'intestin est, en avant, recouvert par la tunique vaginale, le cordon des vaisseaux spermatiques est en arrière; et s’il y a hydrocèle , elle se trouve en bas.
L’hydrocèle congéniale présente elle- méme deux variétés, suivant que le testicule a ou non franchi l'anneau.
Le testicule, poussant devant lui le péritoine, est à peine dans l’anñeau inguinal qu’il ne peut passer outre, un obstacle l’arrête; ‘le péritoine, qu'il a chassé devant lui, tiré en bas par le gubernaculum testis , est forcé de descendre dans le scrotum, où il forme une poche qui communique avec la cavité péritonéale, et qui, dans l’état naturel , eùt été la tunique vaginale. Le testicule, arrêté dans sa marche, est placé derrière cette cavité, dans laquelle on voit que, comme
dans le cas précédent , il peut se faire simultanément ou séparément :
une hernie et une hydrocèle
L'hydrocèle est reconnue , comme plus haut, à la transparence et à la fluctuation ; elle disparaît par une position horizontale et par ‘la compression ; elle proémine par la station verticale et par la toux.
Ici lopération par injection aurait le même inconvénient que dans la variété précédente, l'opération demandant les mêmes précautions ; on devrait s’abstenir de l'usage continu d’un bandage, qui pour: rait s'opposer à la déscente du testicule.
Une hernie peut se former en'même temps , disons-nous; celle-ci est, la por du'temps, méconnue, parce que le praticien voyant que le sujet n’a qu'un testicule, croit que l’autre descend ; cette erreur'est rationnelle. Un médecin avait cetté opinion d'üne tumeur qui s'était maniféstée depuis trois jours’ éliez un jéune homme à Ia suite dé courses plus longues qu'à l'ordinaire : M: Dupuytren est'appelé, il partage d’abord l'avis du médecin ; mais, ‘ayant examiné attentivement le malade; il s'apérçeut qu il était constipé qu'il avait dés nausées ; des hoquets , dés rapport$'et des voniisseitiens , non pas
(Cu) | de bile, nrais de matières stercorales ; à ces signes il reconnaît une hernie étranglée ; il ouvre le sac, y introduit un doigt, ‘arrive au rétrécissement circulaire, disposé comme dans la variété précédente , le débride, fait rentrer la hernie, et sent le testicule dans le canal inguinal placé à son entrée en arrière et en haut; la hernie étant en avant et en bas : c’est le rapport aussi dans lequel:se trouve l'hydrocèle quand elle existe. Dans un cas pareil , s’il y avait en même temps hernie non étranglée et hydrocèle, on ne devrait donc pas faire la ponction, qui pourrait léser l'intestin, ni faire d'injection ; elle pourrait passer dans le ventre, un bandage comprimerait douloureusement l'intestin et s'opposerait à la descente du testicule ; on se borne alors à employer les bains froids , qui resserrent les parties et font rentrer une porlion de la tunique vaginale. Les vésicatoires appliqués sur le scrotum ont, chez quelques sujets ; provoqués l'absorption du liquide épanché , et l'adhésion des parois de la poche qui les recevait.
DEUXIÈME ESPÈCE. De l’hydrocèle ordinaire de la tunique vaginale.
Cette maladie est une des plus fréquentes ; mais quoiqu’on lait souvent observée, elle est encore, dans beaucoup de cas, d’un diagnostic assez difficile.
Je vais en faire d’abord la description dans son état le plus simple; j'indiquerai ensuite les nombreuses variétés qu’elle peut présenter.
Lorsque le testicule est descendu dans les bourses, et que la cavité péritonéale est entièrement séparée de la cavité propre à cet organe, s’il s'y forme un épanchement de liquide , celui-ci se porte en avant et en bas, car le testicule, l’épididyme et le cordon , placés en arrière eten haut, s'opposent au développement de la tunique vaginale dans ce sens ; alors aussi la maladie, étant bornée à une seule bourse, se reconnaît aux signes suivans : la tumeur se présente sous la forme d’un ovoïde dont la base est en bas et en arrière, le sommet en avant et en baut ; on sent à sa partie moyenne et postérieure un corps dur :
c'est le testicule; dans le reste de son étendue, elle est, molle et fluc-
tuante; le raphé n'est plus sur la ligae médiane ; il est plus large du
côté où existe la maladie; la couleur de la peau n’a pas changé; son.
poids n’est pas plus grand que celui d'un pareil volume d'eau. La tumeur ; placée entre l'œil et une bougie , offre presque toujours de la transparence ; elle est indolente , à moins que la peau qui la recouvre ne soit très-tendue; quelquefois il y a des douleurs vers les reins,
mais ces douleurs disparaissent dès que le malade se couche sur le
dos; enfin la tumeur n’éprouve aucune tension, aucune augmentation de volume par l'effet des efforts d'expiration ou des secousses de toux. Mais l'hydrocèle de la tunique vaginale est loin de se présenter toujours. à cet état de simplicité : elle offre plusieurs variétés sous le rapport da volume, de la forme, de la consistance, de la transparence , de la nature du liquide, de sa position dans la tunique vagi-
nale, etc.
1°. Du volume. Quelquefois la tunique vaginale ne contient que deux ow trois cuillerées de liquide; d’autres fois elle en contient quatre livres et plus : dans ce cas l'hydrocèle a un volume énorme; elle {s'est développée alors %ux dépens de la peau des cuisses, des aines et:du pénis; elle tombe jusque près des genoux. Ces différences sont intéressantes pour la pratique. Hat
Lorsque l'hydrocèle présente un pareil. volume, la tunique vaginale peut.se rompre , et le liquide s’'épanche dans, le tissu cellulaire du: serotum : ce cas a été observé par Bertrandi , Sabatier , et tout récemment par M: Roux.
Ou: court:grand-risque de blesser le. testicule quand on opère une hydrocèle: qui, ne, contient que. quelques cuillerées de liqnide; car alors ce: liquide forme une enveloppe uniforme autour du testicule ; et, pour péu que le:trois-quarts s’écarte de la direction oblique qu'on doit lui faire prendre, on blesse le testicule,
Lorsqu’au contraire l’hydrocèle est très-volumineuse, on ne court plus risque d’intéresser le testicule , qui:est. ordinairement placé en
(15) arrière , et quelquefois même atrophié. Mais si ce cas se présentait, on se garderait, surtout chez un vieillard , de faire une injection, qui, en enflammant une cavité aussi grande , pourrait compromettre les jours du malade.
2°. De la forme. L’hydrocèle ordinaire a la forme d’une poire dont la base est tournée en bas et le sommet en haut. Quand lhydrocèle est plus allongée, disposition que l’on rencontre fréquemment chez les enfans , parce que chez eux la tunique vaginale se prolonge plus loin sur le cordon que chez l'adulte, elle s'approche du canal inguinal ; quelquefois même elle pénètre dans l'anneau, et c'est alors qu’on pourrait la confondre avec une hernie ; mais la transparence, la fluctuation, avertissent de l'erreur. Quelquefois aussi elle est partagée en deux portions, dont l’une réside dans la tunique vaginale, et l’autre dans la fosse iliaque,
Quand il y a dans la tunique vaginale une partie plus mince, l’'hydrocèle s'étend de ce côté ; elle est alors bosselée , et l’on pourrait la prendre pour un sarcocèle, sans la fluctuation et la iransparence qui l'en, distinguent encore. Cette forme est d’ailleurs très-variable ; les suspensoires peuvent la changer de plusieurs manières. 2
3%, De la consistance. Dans le principe de son développement , l'hydrocèle offre une consistance molle, non celle d’une matière solide , qu'on n’y trouve qu'autant que l'extension de la tunique est prodigieuse , que celle-ci est très-épaisse , ou qu'il ÿ a complication de sarcocèle : dans le premier cas, il y a fluctuation ; dans le deuxième, il n'y en a pas.
4°. De la pesanteur. Ordinairement le poids de l’hydrocèle égale celui d’un même volume d’eau ; maisil est susceptible de varier suivant la densité du liquide épanché et l'état du testicule.
5°. Dela transparence. La transparence del’hydrocële estitelle, qu’on voit la lumière à travers si l’on placela tumeur entre l’œil et la flamme
(14) HARRIS d’une bougie ; mais elle peut ne pas exister : cela tient à ce que la tunique vaginale est épaisse, cartilagineuse, ou que le liquide est d'une couleur brune, qu'il est épais et sanguinolent. De plus, la transparence peut exister sans que la tumeur soit une hydrocèle dans tous ses points : en effet , le testicule étant gonflé, il suffit qu'il existe à sa surface une très-petite couche de liquide pour! qu'il y ait transparence ; et cela, parce que les rayons lumineux, suivant le milieu le plus transparent, décrivent une courbe, et viennent émerger au côté op-
posé.
6°. De la nature du liquide. Quelquefois le liquide que contient l'hydrocèle est transparent, et ressemble à du petit-lait; quelquefois ii offre une couleur citrine ; d’autres fois une couleur brunâtre ou sanguinolente, telle que celle du café, du chocolat. Le liquide le plus transparent se concrète par la chaleur, et contient une quantité notable d’albumine ; celui qui est sanguinolent, recueilli dans un vase, offre’, par le repos, à sa partie supérieure, une couche transparente, et au fond, un dépôt appelé caillot. On voit quelquefois nager à sa surface de petites paillettes, qui sont, suivant M. Chevreuil, de l’élaine pure. Dans quelques cas, très-rares, on a vu la sérosité des hydrocèles vertes : Lassus dit l'avoir vue bleue. On ne sait à quoi attribuer ce changement de couleur de la sérosité : on voit de même quelquefois le pus qui suinte d’une plaie compliquant une fracture avoir une couleur semblable.
7°. Des différens états de la tunique vaginale. Lorsque l’'hydrocèle commence, et qu'elle est peu volumineuse, la tunique vaginale est mince, transparente, et se laisse facilement traverser par la lumière et l'instrument ; lorsqu'elle est ancienne et volumineuse, la tunique est épaisse, dure et cartilagineuse, et quelquefois la canule du irois-quarts a beaucoup de peine à la traverser. Dans quelques cas elle est osseuse, chez les vieillards surtout , ulcérée et profondément dégénérée ; la tunique vaginale reste souvent dans le même état après
(15) l'opération qu'auparavant, tant elle est dure et résistante : il faut
alors en faire l’excision; les bords de la plaie sont blancs et opaques ; on les entend crier sous les ciseaux ou le bistouri.
8. Manière dont le liquide est contenu dans la tunique vaginale. Dans les cas ordinaires, quand il est en petite quantité, le liquide de l’hydrocèle occupe la partie inférieure et antérieure de la tunique, l'épididyme occupant sa partie supérieure. Le liquide peut être contenu dans une poche unique : alors une seule ponction l’évacue facilement. Il peut être contenu dans des cellulosités formées par de fausses membranes développées à la surface interne de la tunique vaginale ; alors la ponction faite dans un des points de la tumeur ne donne que peu de liquide ; mais à mesure que l’on déplace la canule , ét que par là on rompt de nouvelles cellules, on en évacue une nouvelle quantité Ce signe est pathognomonique de l’espèce d’altération pathologique que j'indique; on l’a observé quelquefois à l'Hôtel-Dieu.
9°. Position du testicule. Une dernière différence est relative à ‘la position du testicule. Chez l'adulte, cet organe est, dans leseas le plus ordinaire, placé à la partie postérieure et interne de la tumeur, un peu au-dessous du milieu de sa hauteur totale; chez les enfans, il est placé plus bas, et l'on pourrait l’atteindre, si l'on percait l'hydrocèle à sa partie moyenne. Il est d’autres différences de position qui tiennent à l’usage de suspensoires mal faits, qui, en comprimant la tumeur à sa partie moyenne , ont, à Ja longue, fait adhérer le testicule à la paroi antérieure de la poche vaginale. Quelquefois aussi il arrive qu’à la suite d’une ponction le testicule s’est enflammé partiellement , et a contracté adhérence avec une des faces de la tunique. Les contusions peuvent aussi avoir un même effet. Enfin, dans quelques cas, ainsi que Scarpa Va observé, le testicule et le cordon se portent en avant par une sorte de mouve-
ment de rotation produit par le liquide lui-même, qui s'’accumule en
plus grande quantité là où il trouve moins de résistance. 1l faut donc, puisque le testicule peut n'être pas toujours placé dans le même endroit , examiner quelle est sa position avant d'opérer, quand même on aurait déjà opéré une première fois. :
Causes. On a vu cette hydrocèle survenir à la suite de contusions , de froissemens du testicule , d’engorgemens inflammatoires de ce même organe, engorgemens passés à l'état chronique ; dans ce cas. le testicule était plus gros. On en a vu survenir beaucoup à la suite de la répercussion de la gale, des dartres et de leur cautérisation ; à la suite d’éruptions aiguës, telles que la rougeole, la scarlatine ; à la suite de l'immersion du corps dans l’eau froide lorsqu'on a chaud , et vers la fin des fièvres essenticiles, On l’a vue survenir chez des sujets valétudinaires , qui depuis deux ou trois ans avaient le teint pâle , peu d’appétit, les jambes gonflées, et qui, à l'apparition de cette hydrocèle, se sont bien portés ; dans ce cas, elle est critique ou métastatique d’une affection interne : alors on doit se bien garder de la traiter. Quelques faits semblent rendre probable qu’elle peut être déterminée par la guérison de la goutte et des rhumatismes.
Il est aisé de voir combien les nombreuses variétés que nous avons indiquées peuvent jeter d’obscurité sur le diagnostic de la maladie qui nous occupe, même dans son état de plus grande simplicité. Mais de combien cette obscurité n'est-elle pas encore augmentée par l’existence de maladies autres que l’hydrocèle, et qui viennent si souvent la compliquer, ou par la marche qu’elles affectent, soit qu’elles se trouvent isolées et distinctes , soit qu'elles coexistent et se confondent. |
L’hydrocèle de la tunique vaginale se développe ordinairement d’une manière très-lente; mais il n'en est pas toujours ainsi, et celle qui reconnaît pour cause une violence extérieure, telle qu’un froissement de la tunique ou du testicule, se développe rapidement , et suit une marche tout à fait aiguë. On a tout récemment avancé qu'une blennorrhagie tombée dans les bourses n’était jamais autre chose qu’un
épanchement aigu dans la tunique vaginale. Je ne doute pas que cela ne soit dans quelques cas; mais je pense que dans d’autres, beau- ‘coup plus nombreux, c’est le testicule lui-même qui est primitivement enflammé , et que l’'épanchement séreux qui se fait dans la cavité qui lui est propre n’est qu’un accidentsecondaire : quelques observations, qui me sont propres, me portent à regarder cette proposition comme trop exclusive. |
L'hydrocèle de la tunique vaginale existe quelquefois des deux côtés en même temps, tantôt alors les deux tumeurs sont d'égale volume, et tantôt l’une est plus volumineuse que l'autre; on les reconnaît aux signes propres aux hydrocèles simples , si elles sont telles. Quand on entreprend la cure d’une pareille maladie , il ne faut pas opérer des deux côtés ie même jour; outre l'inconvénient d’une inflammation trop étendue , on se priverait par là de l'avantage que donne assez souvent l'opération pratiquée d’un seul côté, c’est-à-dire de la guérison des deux hydrocèles par une seule opération. Dans le cas où ces tumeurs sont d'inégal volume ; il est de précepte d’opérer d'abord la plus volumineuse. F
La hernie inguinale complique assez souvent l’hydrocéle de la tunique vaginale , surtout chez les vieillards ; dans le cas le ‘plus ordinaire, les deux tumeurs, après s'être avancées l’une vers l’autre, se croissent, et l’hydrocèle passe au - devant de la hernie; mais quelquefois le contraire a lieu, M. Dupuytren a. vu le sac herniaire s'engager dans une déchirure de la tunique vaginale , et un étranglement produit par le contour de cette déchirure ; on reconnaît toujours la complication dont il s’agit, si l’on est assez heureux pour être appelé à son début. La tumeur herniaire, en effet, descend de l'anneau inguinal vers le fond des bourses; tandis que la tumeur de l'hydrocèle, suivant une marche opposée, s'élève dé ce dérnier point vers l'anneau inguinal. À cette époque, il est facile de reconnaître les deux maladies , séparées l’une de l’autre par un intervalle plus ou moins grand , chaque tumeur se présente avec les signes qui lui sont propres ; plus tard le diagnostic est plus difficile , parce que le scro-
tum n'offre plus alors qu'une tumeur unique. Le seul précepte général que l’on puisse! donner ici, c’est:qu’avant d'entreprendre, aucune opération ;; le chirurgien doit avoir le plus grand soin de s'assurer de la naturé deices tumeurs-et de, la. position respeclive de toutés: les parties qu’elles renferment. Dans le cas où la hernie est étranglée, faut-il, comme le veulent. certains. praticiens ;, respecter l’'hydrocèle et n’opérer que la hernie? Ce n’est pas l’ayis de M. Dupuytren, 1 conseille d'inciser à la fois le sac herniaire. et la tunique. vaginalé ; il à remarqué qu’on ne pouvait épargner cette dernière qu'au dépend: de la lorgueur de l'incision du sad: | | PTIT
Le sarcocèle est la maladie qui complique le plus Les at l'hydtes cèle dela tunique vaginalé ; presque ‘toujours aussi cette maladie a précédée ; et l'hydrocèle n’en est: qu’un: effet: Cette complicationc:a reçu le nom particulier d'hydro-sarcocèle. Lorsque; la tension de dastus méur n’est pas très-considérable, on sent ;aü-toucher, au-miliew du liquidé', un, corps dur, irrégulier, qui ne peut: être formé que: par J'épidydime -engorgé, ou parle testicule. Les signes propres au sar-
cocèle, et surtout la pesanteur plus considérable.de da! tumeur; aident
beaucoup le, prâticien dans le diagnostic: Au reste ; comme: les ;opé- ‘rations qu’il oppose à l’hydocèle! ont toujours. pour premier effet l'évacuätion du. liquide ; c’est Ia méthode-par:incision qu’il doit :préférer pountraiter une tumeur sur la nature. de laquelle il :reste des doutes, dans.son esprit. Si celle-ci est forinée par, une, hydrocèle simple,: l’opération se trouve acheyée parselle;;: sil, au:; contraire, «elle. est. formée par un sarcocèle , Hop£saiqnise trquxe, encore. à: moitié
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Enfin, sila coniplication est: une, kydrocèle SA “# cordon ,: les deux, tumeurs, circonscrites,, situées: l’une au-dessus de l’autre}, sont-séparées par -un'intervalle plus ou ;;:moins grand ; iquelquefois, elles se Confondent, et même s’entrecroisent, .Conime:dans le cas;de
hernie, l'incision paraît encore ici devoir être préférée: à l'injection ; cependant M. Dupuytren Va vue chez quelques sujets amener la 2 rison radicale des déux maladies. |
Quelle que soit,au reste,la marche del’hydrocèle simple, elle n’entraîne jamais de danger , elle n’incommode que par le poids: ct par lagêne qu'elle apporte aux fonctions génératrices du pénis.
Traitement. La cure de l'hydrocèle est palliative ou radicale : la prémière consiste à évacuer le liquide par une ponction sans la faire suivre de l'injection. Les premières ponctions peuvent être assez éloignées l’une de l'autre ; mais à mesure qu’on en fait, elles deviennent de plus en plus rapprochées,, la maladie se reproduisant-plus vite. On se borne à cette méthode lorsque les malades sont:trés-avancés.en âge, et lorsque l'hydrocèle est volumineuse; il faudrait s'en tenir eñcore à elle, si on avait à faire à un sujet affecté d’une maladie .organique , si l'hydrocèle était critique, et qu'ellé génât par trop le malade. On se comporterait de là même manière dans le cas où il régnerait une épidémie. Lorsqu'én pratique cette opération, on fait unc ponction avec un trois-quarts affilé ; il y a peu de temps qu'on l'a praliquait avec une lancette ; mais ce procédé est mauvais, ence qu'il peut blesser plus facilement les vaisseaux et donner lieu à ume hématocele, Avant de pratiquer cette ponctio:, 6n tend fortement la peau.des bourses et on enfonce le trois-quarts là où on né sent pas le testicule, un peu obliquement de bas en haut, et de devant en arrière, à la réunion des deux tiers supérieurs de la tumeur avec le tier inférieur ; on fait couler toute la sérosité par de HKgères compressions , et on applique des compresses trempées dans un liquide aromatique. Si on n’évacuait pas toute la sérosité, il sé pourrait, comme cela est arrivé, que cette sérosité, s’infiltrant dans lé sérotum, produisit la gangrène dés bourses: On à prétendu avoir guéri dés hydrocèles par la ponction simple , prééédée de l'äpplication d'un large vésiéatoire au scrotum; mais des expériénces faités par M. Marjolin ont prouvé l'insuffisance de ce moyen comme cnrätif; les véSicatoirés, en géné-
ral, ne guérissent pas les hydrocèles , ils ne font que les diminuer.
On a conseillé , pour guérir radicalement l'hydrocèle’, les furmigalions aromatiques, les suspensoires , les sudorifiques , les purgatifs et les vésicatoires sur le scrotum. Ces moyens n'ont pas toujours réussi ; mais il en est d’autres qui ont pour but de faire disparaître la poche dans laquelle la sérosité s’amasse ; ils consistent à l'enlever ou à favoriser son adhésion avec les parties voisines ; de Jà différentes méthodes, qui sont : 1°. l’excision; 2°. l'incision de la tunique; 3°. les caustiques ; 4°. l'introduction d'un corps étranger; 5°. Vinjection d’un liquide irritant.
1°. L'excision. On la pratique en faisant une incision depuis la partie inférieure de la tumeur jusqu’à sa partie supérieure ; on dissèque la peau sur les deux lèvres de l'incision, ayant soin de ne point intéresser la tunique vaginale; on lie les vaisseaux, si on en rencontre , et on la coupe le plus près possible de l’épidydime. Après cette opération, qui est sussi longue que celle du sarcocèle, on enveloppe le testicule de charpie ; une inflammation se développe à sa suite ; des bourgeons vasculaires recouvrent le testicule et le dartos, et favorisent l'adhésion de cab organe aux parties voisines. On a quelquefois vu , après cette opération, des abcès survenir dans la substance du testicule ou dans le tissu cellulaire du cordon des vaisseaux spermaliques ; quelquefois même elle a été suivie de linflammation des viscères abdominaux et de tétanos. On ne doit pas toutefois rejeter cette méthode. Il est des cas dans lesquels elle doit être mise en usage ; mais , pour tous les cas d’hydrocèle simple , il faut l’'abandonner.
2°. L'incision. Ge procédé opératoire consiste à fendre la tunique vaginale et à la remplir de charpie. Quoique moins longue que la méthode par excision , -elle n'en présente pas moins les’ inconvéniens les plus graves, qui sont, l'inflammation du cordon et par suite celle de l'abdomen, des abcès dans le testicule et le scrotum ; en outre, on a remarqué que l’hydrocèle pouvait se reproduire, et cela vient
de ce qu'il est très-difficile d'introduire de la charpie dans toute l'étendue de la tunique vaginale. Cette méthode est employée par M. Dupuytren lorsque la tunique vaginale est séparée en plusieurs cellules, et dans tous les cas où le diagnostic est difficile.
3°. Les caustiques. Is étaient employés par les anciens dans le traitement de cette maladie ; mais, guidés par une mauvaise théorie, ils $’en servaient très-souvent sans succès. Comme par eux, ils ne prétendaient que détruire les vaisseaux qui apportaient la sérosité dans la tunique vaginale , ils les appliquaient au-dessous de l’anneau inguinal , et les voyaient quelquefois réussir ; mais cela n’arrivait que lorsqu'ils rencontraient une tunique vaginale très-développée, et que, sans le vouloir, ils mettaient le caustique en contact avec elle. Cette méthode, très-usitée en Anglerre, est presque inconnue en France. Patt se servait exclusivement du caustique, et rapporte plusieurs exemples de: succès. On pratique cette opération de la manière suivante : on applique , de même que pour un cautère, un morceau de potasse caustique sur le scrotum, le plus loin possible du testicule : au bout de cinq à six jours , il se forme une escharre circulaire de la grandeur d'une pièce de vingt sous. Il vaut mieux encore faire sur le diachilon une ouverture plus longue que large , cette forme est plus favorable à la réunion deslèvres de la plaie. De quelque maniere qu'on ait agi, dès que l'escharre est tombée , la sérosité s'écoule ; elle est trouble ; le testicule se gonfle , et, suivant qu'il y a ou non une vive inflammation ,; on applique sur le scrotum des cataplasmes émolliens ou des compresses imbibées dans une décoction aromatique.
Si l’hydrocèle est très-volumineuse, on peut mettre deux morceaux de caustique; M. Boyer a employé cette méthode avec succès.
Les inconvéniens qui peuvent résulter de ce procédé sont, une trop violente inflammation, qui peut quelquefois gagner les viscères abdominaux, et une plaie à la substance du testicule, plaie occasionnée parle contact du caustique avec cet organe. |
Cette méthode peut être employée avec avantage chez les sujets
très-irritables ; chez les enfans dont la tunique vaginale'est irop considérable, il faut la conserver.
4°. On a aussi conseillé l'introduction d'un corps étranger dans la tunique vaginale, et, pour y parvenir, on a employé divers procédés.
Le premier est le séton. Cette opération eët dangereuse; car, le troisquarts devant être d’un volume assez considérable ; 6n peut blesser le testicule et intéresser des vaisseaux nombreux. Le séton est composé de huit à dix brins de coton, qu'on retireles uns aprèsles autres, à un jour d'intervalle; après son entière extraction, on panse avec de la charpierct des compresses; par ce procédé, l’inflammation peut n'être pas uni forme , et il peut se former des abcès dans le scrotum. L'autre procédé consiste à faire une ponction de même avec un gros trois-quarts, et à introduire par la canule un bout de bougie qu'on agite de temps en temps dans l’intérieur de la tunique, Au bout de quatre à cinq jours, on la retire. Cette opération est moins douloureuse que l& première, mais elle n’est pas certaine. Il est quelques praticiens qui, après la ponction, promènent la canule du trois-quarts pendant un
-quart d'heure environ; ce moyen n'est ni bon ni sûr.
5°. L’injection. Cette opération se fait avec un trois -quarts de moyenne grosseur, préalablement graissé, qu’on introduit comme il a été dit plus haut; on évacue le liquide, et on à soin de suivre avec la canule la rétraction dé la tunique vaginale, de peur de lintroduire dans le tissu cellulaire du scrotum , où elle conduirait linjection , accident qui donnerait lieu à la gangrène des bourses. Cette injection sé fait avec du vin de bonne quälité , dans lequel on à fait infuser des roses de. Provins. Quelques chirurgiens y ajoutent de l'eau-de-vie ; d’autres , dé la potasse. Ce dernier procédé est mauvais, parce qu'on ne connaît pas assez bien la matière d'agir de la potasse sur les membranes séreusés, qu'ensuite, le vin étant toujours un peû acide, la polasse alors ést employée à l’état d’acétate. La
(25) quantité de liquide à injecter doit être égale à celle de la sérosité de la tunique vaginale. Sa température doit être de 50 à 3 2 degrés ; ül
doit être poussé lentement. On l'y fait séjourner pendant quatre où
cinq minutes, en bouchant l'orifice de la canule avec le doigt; après quoi on le laisse s'écouler en dehors. On répète cette injection trois fois, suivant M. Dupuytren. M. Richerand veut qu’on la continue jus- . qu’à ce que les malades éprouvent une douleur vive. Cette douleur est comparée par eux à celle qui résulterait dela compression de leur testicule entre les mors d’un étau ; elle remonte jusqu'aux reins, et souvent elle est accompagnée de sueurs , de nausées, quelquefois même de vomissemens et de syncopes. Jusqu'à ces derniers temps , beaucoup de chirurgiens regardaient ces douleurs comme le plus sûr garant de la réussite de l’opération. Mais on a vu souvent des injections non accompagnées de douleurs amener la cure radicale de lhydrocele ; on en a vu d’autres ne point être couronnées de succès, bien qu'elles eussent eu lieu dans des circonstances tout opposées. L'opération terminée, le malade est remis au lit, Les bourses, recouvertes dé compresses imbibées du liquide de l'injection ; sont maintenues relevées à l’aide d’un suspensoir. Vingt-quatre heures après ; quelquefois plus tôt, le gonflement s'empare du scrotum ; il devient chaud , douloureux , rouge , et présente bientôt une tumeur molle, fluctuante , aussi volumineuse qu'avant l'opération. Ce phénomène est dù à un épanchement de sérosité sanguinolente dans la cavité de la tunique vaginale , et à l’engorgement du. tissu cellulaire des bourses. |
Cette inflammation , nécessaire au succès de l'opération, doit être combattue pariles émolliens , et plus tard par les résolutifs. Sous l'influence de ce traitement; continué pendant un mois environ, les parois de la tunique: séreuse s’accolent peu'à peu, sa cavité disparaît:pour toujours ; lettesticule:seul conserve PROS quelque EUR un peu de-sensibilité et: d'engorgementis 49 0270000 61
2°. De l’hydrocèle enkystée du cordon.
Elle est ainsi nommée parce que la sérosité qu'elle contient est renfermée dans une poche formée par le tissu cellulaire du cordon; elle se présente sous deux aspects différens , ‘suivant que la poche est unique et isolée, ou qu'elle est constituée par un grand nombre de cellules communiquant entr'elles.
Dans le premier cas , la tumeur est plus ou moins arrondie, toujours très-dure, rénitente et parfaitement circonscrite, placée dans un point quelconque de la longueur du cordon; elle offre une transparence moins marquée que l’hydrocèle de la tunique vaginale, et n'occasionne aucune douleur, à moins qu’elle ne soit très-volumineuse. Dans le second cas, la tumeur est oblongue, et s'étend depuis le testicule jusqu’à l'anneau inguinal; elle est plus large inférieurewent que supérieurement , indolente, compressible et sans fluctuation; elle n’est accompagnée que d’un sentiment de pesanteur dans la région lombaire. Cette forme a reçu le nom particulier d'hydrocèle vésiculaire. L'une et l'autre tumeurs peuvent s'étendre jusque dans le canal inguinal , ct simuler plus ou moins une hernie. J’ai déjà indiqué les signes à l’aide desquels on évitera cette méprise. La seconde forme de cette maladie peut, en outre, être confondue avec la varicocèle. Le liquide de ces deux variétés est souvent le même : tantôt parfaitement séreux, et tantôt filant, tenace et albumineux. L'incision et l’excision sont à peu près les seuls moyens de traitement que l'on oppose à cette maladie : dans la première opération, on fend le kyste suivant son plus grand diamètre, et l'on panse avec de la charpie simple; dans la seconde, qui convient exclusivement lorsque le kyste est épais et cartilagineux , il faut disséquer celui-ci en avant et sur les côtés, puis exciser les parties mises à nu avec des ciseaux; en prolongeant la dissection en arrière, on pourrait blesser les vaisseaux du cordon.