‹ Dissertation sur l'incertitude des cinq premiers siècles de l'histoire romaine, par monsieur L.D.BChapitre 159 sur 227 · Lib. II, cap. XIII et xv · texte numérisé non relu

Lib. II, cap. XIII et xv

Il serait donc iniililc de travailler k concilier les historiens. Il est plus sûr de s'en tenir au témoignage de cette pièce, qui nous montre que Porsenna réduisit les Romains à une telle extrémité qu'ils furent obligés de se soumettre à lui , à des conditions assez dures , et que sans doute on lui rendit la ville, comme le dit Tacite. Si Porsenna ne remplit pas les engagements qu'il avait contractés avec Tarquin, c'est que, voyant l'aversion que les Romains avaient de retomber sous le joug d'un roi, duquel la sévérité et la dureté avaient rendu le gouvernement insupportable, et que ses malheurs avaient encore aigri, il ne voulut pas irriter leur désespoir, en les forçant, comme il le pouvait, à le recevoir ; surtout voyant qu'ils ne témoignaient aucune répugnance de se soumettre à lui, il ne crut pas devoir négliger ses propres intérêts. Il profita donc pour lui-même des avantages qu'il avait eus sur eux, et plutôt que de perdre une conquête facile pour lui, en s'opiniâtrant à maintenir les droits de Tarquin , il accepta les offres des Romains. Us consentaient de lui rendre leur ville, de subir la loi du vainqueur; et, à l'exception du rétablissement de Tarquin, de souscrire à toutes les conditions qu'il voudrait leur prescrire.

Ce qu'il y a de sûr, c'est que dès lors Porsenna n'en usa plus avec les Romains comme avec des ennemis , et qu'au contraire il les traita en anciens alliés ou en bons sujets*. Comme c'était la famine qui les avait forcés de se rendre, son premier soin fut de les pourvoir de vivres et de faire succéder l'abondance à la disette ; selon les historiens, il abandonna aux Romains son camp qui était abondamment fourni de vivres. Du reste, la manière dont il usa de sa victoire et la douceur du joug qu'il leur imposa leur rendi-

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