‹ Dissertation sur l'incertitude des cinq premiers siècles de l'histoire romaine, par monsieur L.D.BChapitre 185 sur 227 · Ibid,t cap« xi · texte numérisé non relu

Ibid,t cap« xi

diment effacer des fastes et ces deux triomphes et divers autres, quine doivent le jour qu'à la vanité des Romains.

Je regarde donc comme partant de la même source la victoire dont le même Tite-Live fait honneur au dictateur Sulpicius^ en l'an de Rome 397, et qui selon cet historien fut la plus complète qu'on eut encore remportée sur les Gaulois depuis Camille. Le stratagème auquel ce dictateur en fut redevable n'est peut-être pas plus fondé sur la vérité. Je crois que nous pouvons rayer pareillement les victoires des années 40S et 406 de Rome et les triomphes des consuls Popilius et Furius. Ce dernier était fils du grand Camille. Le combat singulier et miraculeux de Valerius, surnommé Corvus, pourra paraître aussi fabuleux que celui de Manlius Torquatus; puisque, jusqu'à ce temps-là, les Romains n'eurent pas la hardiesse de se montrer en campagne devant les Gaulois, si nous en croyons Polybe. Ces traits si propres à embellir l'histoire étaient fort du goût des Romains; et, les trouvant dans quelques traditions des familles, ils se mettaient peu en peine d'en examiner la vérité, et ne faisaient point de difficulté de leur donner place dans l'histoire. Polybe, qui ne puisait pas dans de pareilles sources, se sera peu arrêté à de pareils contes.

Peut-être pourrait-on concilier ces historiens, du moins sur quelques faits, et montrer que Tite-Live, à la victoire près qu'il attribue aux Romains, s'accorde en quelque chose avec Polybe : car les quarante-deux ans que Polybe met entre la prise de Rome et la troisième invasion des Gaulois, où les Romains furent assez hardis pour leur présenter la bataille, finissent à l'an 407 de Rome, et par conséquent conviennent assez au temps où Tite-Live a placé cette der* nière bataille. On pourrait donc croire qu'outre la surprise

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