Hist, rom. de Catrou et de Rouillé
était contre leur intérêt défaire subir aucun mauvais traitement à cet illustre prisonnier. Quelque perfides et barbares qu'on se figure les Carthaginois, on conviendra qu'il n'y a aucune apparence qu'ils aient fait soufifrir de si cruels tourments à Régulus pendant qu'ils avaient eux-mêmes treize des principaux officiers de leurs armées et des plus grandes maisons de Carthage entre les m^ns des ennemis, qui pouvaient exercer de cruelles représailles sur eux. Il n'y a pas plus de vraisemblance à ce que rapporte Val ère Maxime^ des cruautés que les Carthaginois exercèrent sur les autres prisonniers qu'ils avaient faits sur les Romains. On sent assez que, recherchant avec empressement les moyens de retirer leurs prisonniers des mains de leurs ennemis, ils n'avaient garde de les exposer à la fureur des Romains par une conduite telle qu'on la leur suppose, et qui implique manifestement contradiction. N'ajoutons pas trop légèrement foi aux invectives des Romains contre leurs ennemis; puisque cette occasion même nous fournira des preuves assez claires^ que c'est eux-mêmes qui ont été les auteurs de ces supplices recherchés, et qui ont exercé sur leurs prisonniers toutes les cruautés qu'ils ont ensuite mises sur le compte des Carthaginois.
4. Sempronius Tuditanus et iElius Tubéron, ces deux anciens historiens dont Aulu-Gelle nous a conservé les fragments que j'ai cités ci-dessus, ne disent poiut que Régulus ait été enfermé dans une armoire toute hérissée de pointes. L'un dit simplement qu'il mourut à force de veilles ; l'autre décrit de la manière qu'on l'a vu les tourments que lui firent souffrir les Carthaginois, sans qu'il soit fait mention de ce fameux coffre ou armoire. Mais Tuditanus nous ap-