REMARQUES
sur récrit d'un certain Allemand, intitulé Christopuori Saxii, a. m., 'ETcCxpiffiç <piXoXo'/Hv^ , sive Stricturœin nuperum Franci cujusdam Libellum de incerto Historiée Romanorum antiquissimœ , etc. ; et publié dans les Miscellanea Lipsiensia^ vol. I, p. 40-79 ; vol. II, p. 409- 495 et 620-712, et vol/UI, p. 225-329 et 743-749;
Tel est le titre de la critique qu^un auteur allemand a caractère de rau
,,.,-] ' ., 1 >Ti teur de cette critique
publiée de mon ouvrage, il y a quelques années. L occasion 'd*y répondre dans le corps do ma dissertation se serait présentée quelquefois ; mais, pour ne pas interrompre le fil du discours, j'ai mieux aimé remettre à faire ici quelques remarques générales sur cet ouvrage. Son titre annonce d'abord un savant ; et si une vaste lecture, et une façon de penser des plus singulières, caractérisent les véritables savants, on peut assurer que mon critique est de ce nombre.
Le malheur veut qu'il ait conçu contre la nation fran- Seioniui, les Frai çaise, en général, une antipathie dans laquelle je me trouve enveloppé. Il se plaint que ce sont les Français qui ont absolument banni le bon goût des sciences ' ; et que le mauvais goût de notre siècle est parvenu à ce point, que Ton ne se soucie plus des bons livres, au lieu que les petits
1 . Hifi prœsertim tâmporibas ubi indiciam reclifi doctrinœ , et gastas qttffidam elegatilia (le bon coût) vUescit. Vol. I, p. 74.
çais ont le goût mai
vais.
ouvrages des Français ont la vogue ^ C'est celte nation qui a entièrement corrompu le goût des bonnes choses, et, depuis qu'un Ijimothe le Vayer , un Saint- Évremond ^ un Bayle^ un Le Clerc^y se sont avisés de s'ériger en juges des anciens, tout est gâté, tout est perdu. Celte vénération, ce respect profond pour l'antiquité, qui caractérisent la solide érudition, ont fait place à une démangeaison de critiquer, et de vouloir astreindre les anciens aux règles de petite raison des modernes^.
lent à charger Ce sout douc les Français qui ont banni le bon goût des marges e ci- g^j^jj^^gg^ Dopuis quo cettc uatiou s'est mêlée d'écrire des
journaux, de publier des discours académiques et autres pièces de pareille étoffe, on a vu disparaître entièrement le goût de la solide érudition*. Ce n'est sans doute que chez notre critique, et chez quelques-uns de ses semblables, que le bon goût s'est conservé. Car, pour les Français ^ ces bonnes gens, au dire de notre critique, croient que, ppur qu'on les admire, il leur suffit de charger leurs marges de citations*. Ce n'est pas que ce savant ne cite beaucoup luimême. Il répand, de temps à autre, Térudition avec une profusion qui pourra paraître hors d'oeuvre à quelques ignorants de logiciens, lesquels, toujours prêts à argumenter, n'ont
1. Meris librorum Gallicorum crepundiis contineantur adolescentes, etc. tbid., p. 7 7.