Ibid., p
3* Erit forte dialecticus aliquis prseelarus, qui volet rerum gestanun Veritalem suis metiri ratiunculis. Vol. I, p. 41.
4. Quoplures nobis Commentariorum Gallicorum, Ephemeridum, Disputalionum academicarum , et aliorum haud raro nullius pretii libellorum iudiculos, tanquam fumum, vendunt. Ibid,, p. 71.
5. Magui quidem sibi videntur aliquot Franci , quod et ipsi Antiquarum rerum Mémorise pro virili parte consulentes», Dobis in margine Historiarum fontes soUicite enarraverint ; verum si vel maxime omnes chartarum plagulœ testimoniis scriptorum tanquaui torrent! inundentur. Vol. 1, p. 71.
aucune idée de ce goût fin et délicat^ dont mon antagoniste et ceux qui pensent comme lui sont restés les seuls dépositaires.
Les Français sont de plus îovl crédules j et on ne peut Etsoni rien opposer à la preuve que notre savant en donne. Elle "®^* est tirée de Martial, qui a reproché aux Gaulois, il y a plus de seize siècles, qu'ils étaient crédules*. Les Français d'aujourd'hui, sans avoir hérité des vertus des anciens Gaulois, ont hérité de leur crédulité. Peut-être môme que c'est par une espèce de don prophétique que Martial a prévu qu'il se trouverait un jour quelques Français qui révoqueraient en doute l'histoire de Romulus, et qui ajouteraient foi à ce qui se passe sous leurs yeux ; car c'est là ce que mon critique appelle être crédule. Les anciens avaient , selon lui, une sagacité et une supériorité de génie si grande, qu'il paraît fort tenté de leur attribuer aussi quelque connaissance de l'avenir.
Après s'être ainsi plaint des Français^ mon savant anta- Tort que gonisle déplore le tort que la philosophie a fait aux sciences, sci^nces,8ei surtout depuis qu'on a fait usage de la dialectique, et qu'on '^^"®' a voulu astreindre les anciens aux règles qu'elle prescrit. Rien ne lui paraît plus dangereux, plus téméraire; rien enfin ne porte, selon lui, des marques plus sûres d'une ignorance crasse. Au contraire, une admiration aveugle pour tout ce qui est fort ancien, admiration qui doit être proportionnée au nombre de siècles, et une foi implicite pour tous les faits que rapportent les histoires les plus antiques , caractérisent selon lui le solide savoir : sur ce piedlà, on doit assurément le regarder comme un des plus savants hommes qu'il y ait jamais eu.
1. TanU tamen Galla credulitas, jam a Mariiaie notata, apud erudilos non ait. Ibidem.
surtout laiogî- fl cst tout nalurcl, après ce que je viens de dire, que de son côté, il me regarde comme uq franc ignorant. On trouvera peut-être plus étrange qu'il me qualifie souvent de logicien. Je lui en ai bien de l'obligation, et cela compense en partie la mauvaise opinion qu'il témoigne partout avoir de mon érudition. Ce qui diminue cependant un peu de ma gratitude, c'est qu'il est aisé d'apercevoir combien cette logique lui est odieuse.
Un homme qui, dans ce dernier siècle, a infiniment nui aux sciences, selon notre savant critique*, c'est un certain Le Clerc ^ qui, infatué de sa logique, voulait toujours faire le raisonneur, et juger des anciens selon les règles du bon sens, au lieu d'admirer tout ce qui a quinze ou vingt siècles d'antiquité. C'est son exemple , ou ses leçons , qui ont fait naître dans quelques petits esprits la démangeaison de se concilier les suffrages des ignorants , en osant s'arroger le droit de censurer les anciens'. C'est à l'abri d'une mauvaise logique que des quarts-de-savant assassinent, pour ainsi dire, la véritable érudition qu'ils n'oseraient attaquer ouvertement. C'est cette pernicieuse logique qui, selon notre savant, m'a gâté l'esprit et m'a enhardi à attaquer la vérité d'une histoire que je ne connais, dit- il, que par V Abrégé de Struve. C'est apparemment par là que ce docte personnage a commencé ses études, ouveaux prind- Cependant il n'a pas dessein de bannir entièrement la de logique. loglquc dcs sciencos; au contraire il la croit très-utile, pourvu qu'on se borne à suivre quelques règles qu'il prescrit , du moins lorsqu'il s'agit des Anciens^ et de leurs écrits. Ce n'est que l'abus de la logique, que cet habile homme condamne j et c'est pourquoi il nous donne certaines règles qui, étant une fois admises, mettent les Anciens à l'abri de la censure des