Ep., lib. II, ep. ï,v
DE L'HISTOIRE ROMAINE. 2i
Sic fautor veterum, ut tabulas peccare vêtantes, Quas bis quinque viri saoxerunt, fœdera regum Vel Gabiis, vel cum rigidis œquata Sabinis , Pontificum libros, annosa volumina vatum, Dictitet Albano musas in monte locutas.
a II est si grand partisan des anciens qu'il jure que les a muses mêmes ont dicté sur le mont d'Albe les lois des « XII Tables établies par les décemvirs , les traités de nos ce rois avec les peuples de Gabies ou avec les rigides Sabins, c( les Livres des Pontifes et les antiques volumes de nos « vieux devins. » J'ai suivi la traduction de Dacier.
On ne saurait donner de meilleur commentaire à ce passage d'Horace , que ce que nous dit Tite-Live du soin qne prirent les Romains, dès que par la retraite des Gaulois ils furent rentrés en possession de leur ville , de rechercher toutes ces pièces qui étaient de si grande importance pour eux. Voici ce qu'en dit cet historien * : Imprimis fœdera ac leges [erant autem eœ duodecim tabulœ et quœdam regiœ leges) conquiri^ quœ comparèrent^ jusserunt : alia ex eis édita etiam in vulgus; quœ autem ad sacra per^ tinebant^ a Pontificibus maxime , ut religione obstrictos haberent multitudinis animos, suppressa. — « Les ma- « gistrats ordonnèrent que sur toutes choses on récherchât « les traités de paix et les lois. Ces lois étaient les lois « des XII Tables et quelques lois royales. On en commu- « niqua une partie à la connaissance du peuple ; mais les « pontifes eurent grand soin de tenir cachée celle qui regara dait la religion, afin de tenir toujours dans leur dépen- « dance les esprits superstitieux du peuple. »
On voit donc ici le poëte et l'historien parfaitement d'accord : et les Romains avaient trop d'intérêt à la conservation de ces monuments, qui contenaient tout ce qui servait