Tite-Lîv€, Hv. IV, chap; xiii
2. Ubi igitur (ptXoTcxvv](i.a illud tuum, quod vidi in partiienone, Âhalain et Bntlnni? — Cieero, Episi. ad Âitie., llb, Xll , ep. xl.
DK L'HISTWRE ROMAINE. 79
fâïne&x libérâiear do Rome, soit qu'il ait cnt que celte erreur étant divulguée donnerait quelque relief à son parti, il s'efforça de donner cours à cette opinion. A l'exemple de quelques maisons considérables de Rome^ les monnaies qu'il fit frapper, étant à la tête des armées , portèrent des empreintes qui immortalisaient une origine si illustre. U nous en reste encore * où d'un côté on voit la déesse Liberté, avec la légende Libertas; au revers, un consul romain précédé d'un huissier et suivi de licteurs ; à l'eïergue, Brutus. A celte médaille, que Fulvius Ursinus avait publiée, Vaillant et Morell en ajoutent une autre toute semblable , excepté la légende qu'il y a de plus à cette dernière, qni marque qu'elle a été frappée par l'empereur TrajaUy qui a fait renouveler les empreintes d'un grand nombre de médailles consulaires. La légende porte : IMP. GJES. TRAJAN. AUG. GER. DAG. P. P. REST-
Marcus Brutus était entré par adoption dans une maison patricienne, la maison Servilia^ dont était sa mère , ayant élé adopté par eon oncle maternel Q. Servilius Cœpiô, dont il prit les noms, selon la coutume, en y ajoutant celui de Brutus, pour conserver la mémoire de son origine. Il prétendait donc descendre, du côté de sa mère, de ce Servilius Ahala, qui signala son zèle pour la liberté en tuant Mœlius. Pour montrer combien il se faisait de gloire de descendre de ces deux ennemis de la tyrannie, il fit mettre sur ses râîônnaies*, d'un côté la tête de Brutus, et de Tautre celle d'Ahala, et chacun y est désigné par son nom.
C'était en considérant qu'il descendait de ces deux zélés républicains que Brutus, étouffant tous les sentiments d'aimitié et de reconnaissance, avait été excité à plonger le
1. Fulvius. ^VaiUant, in Génie Junia, n. 3 et 4. — MoreU, tab. I, n. 2, A.
2* Fulvius. — Vaillant. — Morell, ubi supra.
poignard dans le sein de Jules César. C'était un des artifices que Cicéron et Atlicus avaient mis en œuvre pour exciter ce jeune courage à entreprendre une aclion aussi hardie. Cicéron s'exprima bien clairement là- dessus' dès qu'il put le faire sans danger. C'est dans sa seconde Philippique qu'il dit : « Si nous n'avions pu trouver personne qui eût tt voulu entreprendre de délivrer la patrie de l'oppression, « j'y exciterais les deux Brutus, qui ont tous les jours « devant leurs yeux l'image de Lucius Brutus, et desquels « l'un y a, de plus, celle d'Ahala. » Il y avait sans doute moins de bonne foi que d'artifice dans cette conduite de Cicéron; mais, quoi qu'il en soit, il réveilla le zèle des deux Brutus, qui crurent sans doute qu'ils ne pouvaient mieux vérifier une origine si illustre qu'en assassinant César. Aux médailles que j'ai rapportées, et qui marquent combien Brutus était entêté de cette origine, j'en ajoute une autre, qui a été publiée par Yaillant^. D'un côté, on voit la tête de L. Brutus dans une couronne de chêne, et autour cette légende : L. BRUTUS PRIM. COS. L. Brutus premier consul. Au revers, la tête de M. Brutus, aussi dans une couronne de chêne, avec la légende : M. BRUTUS IMP. COSTA LEGATUS. M. Brutus imper ator, Costa son lieutenant. Il est évident, par les raisons que j'ai alléguées d'abord, que Brutus ne pouvait descendre de cet ancien Brutus; ce n'était donc que par vanité qu'il le soutenait, ou peut-être par les mêmes raisons de politique qui portèrent Cicéron et Atlicus à flatter leur ami et à donner cours à cette opinion. En voilà assez sur la maison Junienne; je passe à celle des Mucius.
1. Etenim si auctores ad liberandam patriam desiderarentur , Bratos ego impeilerem, quorum ulerque L. BruU iml3igineDi quotidie videret, aller etiam Âhralœ. — Cicero , PAt/ipp. II, cap. ii.