‹ Dissertation sur l'incertitude des cinq premiers siècles de l'histoire romaine, par monsieur L.D.BChapitre 62 sur 227 · Corn. Nepos, in Vita Attici^ cap. xvui · texte numérisé non relu

Corn. Nepos, in Vita Attici^ cap. xvui

avaient le même but en flattant Brnlus d*une si illustre origine ; qu'ils n'avaient en cela d'autres vues que de réveiller le courage de ce jeune stoïcien, grand aélateur de la liberté» et de l'exciter à marcher sur les traces d'un de ses ancêtre» prétendus, qui avait tout sacrifié, même la tendresse paternelle, à l'amour de la patrie.

Dans la généalogie qu'Âtticus avait dressée de la famille des Junius Brutus, Marcus Brutus descendait, du c6té de son père, de ce Lucius Brutus qui affranchit Rome du joug desTarquins ; et, du côté de sa mère Servilie, de Servilius ÂhalaS qui, ayant été nommé général de la cavalerie pat le dictateur Cincinnatus, en l'an de Rome 314, tua de sd propre main Spurius Meelius, soupçonné d'aspirer à la tr^rannie. C'est apparemment cet ouvrage d'Atticus que Gieéron attendait avec impatience^ et qu'il le presse de mettre au jour. « Où donc reste , lui dit-il dans une de ses lettres, fn cet ouvrage favori que j'ai vu dans votre cabinet, où « vous faites descendre M. Brutus de L. Brutus et d^A- « hala? » Brutus devait naturellement embrasser avec joie une opinion qui relevait sa naissance des deux côtés, et qui ne pouvait manquer de lui donner du relief dans les esprits du peuple, particulièrement dans les circonstances où se trouvait ta république. Il était glorieux pour lui de tirer son origine de deux libérateurs de la patrie et de marcher sur les traces de ses ancêtres. Les zélateurs de la liberté, entre lesquels Cicéron et Atticus peuvent être mis à juste titre, tâchaient, à la faveur d'un motif si puissant, d'animer Brutus à quelque action hardie et à délivrer sa patrie de la tyrannie de César.

Soit que Brutus ait été persuadé qu'il descendait de ce

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