‹ Dissertation sur l'incertitude des cinq premiers siècles de l'histoire romaine, par monsieur L.D.BChapitre 73 sur 227 · Ad ann. DCCXLI. — VaHlant, in Gente Sulpicia , n · texte numérisé non relu

Ad ann. DCCXLI. — VaHlant, in Gente Sulpicia , n

2. Nihil ad veterem et patriciam Sulpiciorum familiam Quirinus peitinuit, ortusapud municipium Lanuvium. Tacil., Aiiwo/., lib. III, cap. xlviii.

3. In Gente Memmlay n. f . — Fulviua et Vaillant, in eadem Gentc, n. 6.

voulu appuyer son origine, soit qu'il ait même élé destitué de celle conformité de noms, il est clair qu'il a voulu se donner un ancêtre bien illustre. Cependant Virgile, en faveur de cette maison*, remonte encore plus haut, car il lui donne pour tige Mnesthée, un des compagnons d'Énée. On ne trouvera rien dans l'histoire qui favorise une origine si illustre ; au contraire, cette famille ne commence à paraître qu'au commencement du sixième siècle de Rome. Depuis cela, elle a eu plusieurs tribuns du peuple, ce qui montre qu'elle était plébéienne, et elle n'est même parvenue au consulat que sous Auguste.

X. La maison des Jules était si ancienne et si considérable à Rome, qu'elle pourrait paraître mieux fondée dans ce quelle débitait de son origine, si elle ne l'avait fait remonter jusqu'aux temps les plus fabuleux. Gomme elle était originaire d'Albe, elle prenait pour tige le fondateur môme d'Albe, Ascagne, fils d'Énée, et par conséquent remontait jusqu'aux amours d'Anchise et de Vénus. Outre un • grand nombre d'auteurs anciens qui font mention de cette origine illustre, il nous reste plusieurs médailles anciennes^, qui sont des monuments bien authentiques des prétentions de cette famille. On en a quelques-unes où l'on voit Vénus montée sur un char de triomphe tiré par deux Amours, et à l'exergue : L. JULIusLucii Filius. Il est clair que ce L. Julius a voulu montrer par là qu*il rapportait son origine à cette déesse. On a encore d'autres médailles de la même famille ', où d'un côté on voit aussi la tête de la même déesse, et au revers Énée portant sur ses épaules son père

1. Non Italus Mnesleus, genus a quo nomine Memmi. ^n., liv. V, v. 117.

2. Goltzius ad ann. DCLXXXIX. — Fulyius, Vaillant, in GenteJulia, n. 5. — Morell, ibid»^ tab. I, n. 4.

3. Fulviu», Vaillant, ibid,, n, 9 et 10. — Morell, ibtd., n. 5.

Anchise el conduisant par la main son fils Ascagne. Cellesci portent le nom de César, et paraissent avoir été frappées par César lorsqu'il était dictateur. L'empereur Trajan les a aussi renouvelées. Je ne parle pas de quantité d'autres médailles de César où toujours on voit la tête de Vénus, et qui prouvent clairement les prétentions des Jules et le soin que les familles prenaient en général d'immortaliser leur origine par de semblables monuments.

Je serais trop long si je voulais rapporter tous les exem-^ pies que nous avons de l'entêtement des Romains sur ce sujet. On peut même regarder ceux que je viens d'en donner comme assez modérés, en comparaison de ceux que je pourrais y ajouter, puisqu'il y a peu de nations qui aiwit donné dans des idées aussi chimériques que les Romains sur l'article des généalogies.

Dès que l'érudition se fut un peu répandue à Rome, on en abusa étrangement sur cette matière, et chacun s'alla chercher des pères jusque dans les temps les plus fabuleux *et antérieurs à la fondation de Rome. Les familles illustres, sur la moindre conformité de noms, se trouvèrent des ancêtres dans tous les compagnons d'Énée. Varron luimême \ ce savant Varron, avait fait un livre des familles. Troyennes , c'est-à-dire des familles Romaines , lesquelles allaient chercher leur origine jusque dans Troie. De combien de conjectures hasardées, de combien d'étymologies forcées un pareil livre ne devait-il pas être rempli, si c'esl de. Varron que Virgile a emprunté Torigine des noms de quelques familles romaines? Ce poëte fait descendre la maison Memmia de Mnesthée^, la maison Cluentia de Cloanthe, la mà\%oi[i Gegania de Gyas, la maison Sergia de

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