Plutarch., in Antonio,]^. 917, C
Tobligeait d'être modeste sur cet article. Mais si on eût laissé passer quelques siècles par-dessus une origine si nouvelle, ses descendants auraient peut-être été plus hardis. J'en emprunterai de l'histoire romaine un exemple bien sensible : c'est la famille Acilia qui me le fournit.
Ce nom ne parait dans l'histoire romaine que bien avant dans le sixième siècle. Manius ÂciliusGlabrio fut le premier de cette maison qui parvint au consulat; et ayant été chargé du commandement de l'armée romaine contre Antiochus le Grand, roi de Syrie, il remporta sur ce prince, près des Thermopyles, une victoire complète, qui lui acquit l'honneur du triomphe. Il brigua ensuite la charge de censeur; mais il fut traversé par les patriciens et par quelques plébéiens dont les familles étaient déjà depuis quelque temps en possession des grandes dignités ^ Tous étaient également choqués, selon le rapport de l'historien, de voir un homme nouveau élevé à une si haute dignité, et ils s'opposèrent si fortement à son élection, qu'ils lui firent donner l'exclusion. Glabrion n'avait apparemment pas encore trouvé cet habile généalogiste qui débrouilla depuis comme, de père en fils, il descendait d'Anchise et de Vénus. Ce ne fut que dans des siècles plus éclairés qu'on découvrit quelques mémoires particuliers qui vérifiaient une origine si ancienne et si illustre. P^ut-être fut-ce le savant Varron qui, dans ses recherches sur les familles Troyennes, découvrit cette anecdote aussi bien que quantité d'autres. Quoi qu'il en soit, nous voyons que, dans les siècles suivants, cette famille a voulu aussi être comptée parmi celles qui tiraient leur origine de Troie. Hérodien nous apprend*^ que Pertinax exhorta le sénat, qui le nommait empereur, de lui