Lib. XllI, cap. xiii
une forte présomption qu'on peut fort bien étendre le peu d'usage que les Romains firent encore de l'écriture pendant le cinquième siècle, jusque sur ces Annales^ et que, si on en a recommencé, ce n'a été que depuis ce temps-là.
Tout cela confirme ce que j'ai dit, qu'outre le saccagement de Rome par les Gaulois, et la destruction de quantité de monuments, il y avait encore une autre cause de l'obscurité répandue sur les premiers siècles de l'histoire romaine. Le peu de progrès que les sciences firent à Rome, ou plutôt l'ignorance où le peuple romain demeura plongé pondant tout le cinquième siècle, fut cause qu'on n'avait aucun historien, aucun écrivain contemporain, sur le témoignage desquels la vérité pût être fondée.
La pièce la plus ancienne qu'on connût à Rome du temps de Gicéron était la harangue d'Appius Glaudius, surnommé l'Aveugle. Il l'avait prononcée dans le sénat, pour le détourner d'accepter les propositions de paix que Pyrrhus lui faisait faire en l'an de Rome 474. Il est vrai qu'il y avait encore quelques oraisons funèbres, mais il fallait que la tradition suppléât au reste. Ge n'était donc que sur ces deux témoins^ les oraisons funèbres et la tradition, que la vérité de l'histoire des cinq premiers siècles était appuyée. En effet, Denys d'Halicarnasse convient que Fabius Pictor avait compilé son Histoire sur la tradition, èÇ Siv t^xoutc.
Servius nous apprend ' qu'anciennement on ne savait ce que c'était api' histoire ou qa' annales; qu'on. ne connaissait que la tradition ; que les vieillards racontaient aux jeunes gens ce qu'ils avaient vu ou entendu raconter, et que c'était le seul moyen qu'on connût de transmettre les événements à la postérité.
Peut-être qu'à la tradition et aux oraisons funèbres, on pourrait ajouter les anciens cantiques, dans lesquels on