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auteur Irès-respecUble, et dont l'autorité seule lui suffit pour constater la vérité d'un fait qui, d'ailleurs, a tout l'air d'une fable. Tite-Live aussi ne le cite presque jamais qu'avec une espèce de vénération et en l'ornant des épithètes de vêtustissimiis^ longe antiquissimus. Après ce que j'ai dit dans le chapitre précédent du caractère de V Histoire de ce Fabius, on peut juger si son autorité est, en effet, aussi respectable qu'on pourrait le croire, si on s'arrêtait à ces apparences. Pour rendre la chose encore plus sensible, j'ajouterai ici quelques exemples du peu de jugement de cet historien dans les choses contradictoires qu'iï rapporte et du peu de discernement des historiens qui l'ont copié.
Denys d'Halicarnasse *, après avoir fait voir qu'il est impossible que les deux pupilles que Tarquin l'Ancien laissa sous la tutelle de Servius Tullius fussent ses fils, à cause du grand âge de Tarquin et de sa femme Tanaquil ; après avoir bien établi son sentiment et montré combien il était absurde de les supposer fils de Tarquin, ajoute que l'historien Pison était le seul qui se fût aperçu de la contradiction , et que tous les autres les faisaient fils de Tarquin. C'est cette foule qui a entraîné Tite-Live. Malgré le peu de vraisemblance qu'avait celte opinion, le plus court fut de suivre Je grand nombre, sans s'arrêter à prouver que le fait impliquait contradiction ** iKc L. Tarquinius Prisai Tarquinii régis filim neposne fuerit^ parumliquet : pluribus tamen auctoribus filium ediderim.
Ce trait fait peu d'honneur au discernement de quantité d'historiens, entre lesquels on n'en trouve qu'un seul qui se soit, aperçu de la contradiction manifeste qu'il y avait de faire laisser des fils en bas âge à un homme âgé de quatrevingt-dix ans, et dont la femme en devait avoir au moins
. 1. Lib. IV, p. 241.