Lib. X.p. G
qu*il a voulu nous donner de son exactitude, il eût bien fait, à ce qu'il me semble, de nous avertir des raisons qui le portaient à abandonner Tautorité des auteurs les plus anciens, et à leur préférer celle des modernes.
Tite-Live nous apprend ' que les opinions étaient fort différentes sur le genre de mort de Coriolan. Les uns disaient que, d'abord après qu'il eut fait retirer l'armée des Volsques de devant Rome, on l'avait fait mourir, à cause du mécontentement qu'avait causé sa conduite ; d'autres rapportaient sa mort d'une autre manière; et Fabius, le plus ancien historien, disait que Coriolan était parvenu à une extrême vieillesse, et qu'on lui avait souvent ouï dire que l'jsxil était bien dur pour un vieillard. Denys d'Halicamasse^, qui s'étend beaucoup sur ce qui regarde Coriolan, nous dit qu'il périt parles embûches d^Âttius Tullus. Il rapporte cette mort d'une manière fort circonstanciée et comme si tous les historiens la rapportaient d'une manière uniforme. On ne voit pas qu'il forme le moindre doute sur ce fait; qu'il y trouve la moindre diflîculté : et cependant Tite-Live nous assure qu'il y avait peu d'uniformité dans les historiens sur ce sujet. Je veux croire que l'opinion qu'a suivie Denys est la plus probable et la plus digne de foi ; mais je voudrais qu'il nous eût donné quelques raisons de cette préférence, ou que, du moins, il eût touché à la diversité d'opinions. Il l'a négligée en bien des occasions, car, aux exemples que j'en ai donnés ici, j'en ajouterai encore divers autres dans la seconde partie de cette dissertation. Ceux que j'ai rapportés suffisent pour nous convaincre que cet auteur grec songe bien
1. Abductis' legionibus ex agro romano, invidia rei oppressum tradunt; alii alio leto. Apud Fabium, longe antiquissimum auctorem, usque ad senectutem vixisse invenio : refert certe hanc sœpe eum exacta aetate usurpasse vocem, multo miseriusseni exiiium esse. Liv., lib. II, cap. xl*