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ue l'histoire humaine.
avait formé (le réhabiliter celle partie de l’histoire romaine, et de la relever du mépris où elle était tombée de son temps, ne lui permettait pas d'en découvrir toute l'incertitude. Mais, quelque soin qu’il prenne de la cacher, elle se manifeste assez par ce grand nombre de différentes opinions sur l'origine de Rome qu’il a ramassées.
Chacun débitait sur ce sujet ce qui lui venait dans l’esprit, avec d’autant plus de hardiesse qu’il était bien sûr qu’on ne pourrait le convaincre de faux sur le témoignage de quelquo monument ou [de quelque auteur contemporain, puisqu’il n’en existait point. Les écrivains qu’on pouvait lui opposer n’étaient ni mieux fondés ni plus dignes de foi que lui. C’est là sans doute la cause de cette multitude d’opinions différentes sur la fondation de Rome, qui remplit plusieurs pages dansDeuys d’Halicarnasse'. •
On s'aperçoit assez, lorsqu’on y fait attention, que toutes ces. différentes opinions ne sont fondées que sur ce qu’on ignorait totalement la vérité, et que ce fut ce qui enhardit les auteurs à donner carrière à leur imagination et à débiter leurs iictions avec tant de hardiesse.
De toutes ces opinions, celle qui a été le plus généralement suivie, et qui a été adoptée par la plupart des historiens, était peut-être celle qui méritait le moins cette préférence. Mais enfin elle a fait fortune, et les autres ont été négligées. Elles devaient, les unes aussi bien que les autres, leur origine à des auteurs grecs auxquels les Romains étaient à peine connus. Denys d’Halicarnasse nous apprend que tout ce qu’ils en avaient écrit n’était fondé que sur des bruits populaires. Pour épargner à mes lecteurs l’ennui de voir répéter ici ce prodigieux nombre d’opinions différentes, toutes aussi fabuleuses et aussi peu fondées les unes que les