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son autorité seule a suffi pour mettre en vogue une opinion si fabuleuse.
A la vérité, on s'est assez aperçu dans la suite du peu de fond qu’on y pouvait faire ; mais on a mieux aimé s’en tenir à une opinion qui avait été comme consacrée par tant d’auteurs, et dont les esprits vulgaires étaient imbus, que de se donner la peine delà réfuter *. Il était bien plus facile de détruire celle-là que d’en établir solidement une autre, ou de dire quelque chose de certain sur le fondateur de Rome. Peut-être craignait-on aussi de s’exposer à trop de contradictions en entreprenant de faire revenir de ce préjugé des gens qui en avaient été imbus dès leur enfance, et même de choquer leur croyance sur la religion, dont quelques articles et quelques cérémonies étaient fondés sur l'opinion qui attribuait la fondation de Rome à Romulus. Les plus judicieux se sont donc contentés de faire sentir ce qu’ils en pensaient. Quoique Denys d’Halicarnasse se serve du ton le plus affirmatif eu rapportant ce qui concerne la fondation de Rome par Romulus, et qu’il l’accompagne de discussions savantes en apparence, je doute que, parmi les raisons qu’il allègue pour l’appuyer, on en trouve une seule qui en prouve la vérité. Tite-Live et Plutarque, bien loin d’assurer ce qu’ils en rapportent, donnent assez à connaître que ce fait est des plus incertains et qu'ils se sont plutôt rendus au préjugé qu’à l’évidence.
Quoique la plupart des historiens aient suivi Fabius Pictor dans ce qu'il racontait, d'après Dioclès de Péparèthe, de la naissance de Romulus et de la fondation de Rome, on commença dans un siècle plus éclairé à reconnaître le peu de solidité des preuves sur lesquelles cette opinion pouvait être fondée. Il parait même que du temps de Cicéron les