I. Vid. Gronov., Diss. de Orirj. Ilotmili, p
DU L’HISTOIKE ROMAIN K.
habiles gens étaient si persuadés qu’il n’y avait rien de plus fabuleux que ce qui se débitait sur le sujet de Rémus, de Romulus et de la fondation de Rome, que la chose avait passé en un proverbe que Cicéron prête à Atticus 1 : Tlœc ab isto prœdican malo quam, ut aiunt, de Remo et Romulo. Jusqu’alors les fables que Fabius Pictor avait empruntées de Dioclès, ayant été adoptées par la plupart des historiens, avaient eu la vogue malgré leur peu de vraisemblance. Mais comme les écrivains qui se sont mêlés d’écrire l’histoire jusqu’à la lin du septième' siècle méritaient à peine le nom d'historiens, ceux qui vinrent dans la suite ne se crurent pas obligés de s’en rapporter aveuglément à eux.
Salluste qui, entre les Romains, a paru le premier digne du titre d’historien 2 , a été d'une opinion fort différente, et, quoiqu’on paraisse n'avoir fait presque aucune attention à son sentiment, il n’en est pas moins vrai que son autorité sur ce point doit avoir autant de poids qu'aucune desautres. Or il attribue la fondation de Rome aux Troyens 1 , qui, sous la conduite d’Énée, se sauvèrent en Italie après la prise de Troie, et qui s'unirent pour cela avec les aborigènes.
Si l’on y fait bien attention, il semble que depuis ce temps-là le système de Fabius Pictor se soit décrié de plus en plus. A la vérité, il a été adopté par Denys d’Halicarnasse, qui a tâché de donner à son récit cet air de vraisemblance qu’il s’efforçait de répandre sur toute l’histoire romaine. Tite-Live aussi lui a donné place dans son Histoire ; mais il donne assez à connaître ce qu’il en pensait, et qu’il le regardait comme fabuleux. Plus on avance, plus on voit les doutes sur cet événement se multiplier, et l’in-