I. T. I, p. 114, de l’édit. de Hollande
DE L'HISTOIRE ROMAINE
« Romulùs, le temps de sa vie et le genre de sa mort, et « comparé tous ces accidents ensemble, il prononça har- « diment, comnn^ une chose très-certaine, qu’il avait été « conçu la première année de la seconde olympiade, le vingt- « troisième jour du mois que les Égyptiens nomment « chioak, vers la troisième heure du jour, à laquelle il y « eut une éclipse entière du soleil; qu’il vint au monde « le vingt-qnième jour du mois thot, environ le soleil le- « vant; et qu'il fonda Rome le neuvième du mois appelé « parmôuthi, entre les deux et troislieures; car ces gens-là « prétendent qu’il y a un certain temps fixe qui gouverne « la fortune des villes comme celle des hommes, et que, par a la position et par le différent aspect des astres, on peut le a découvrir jusqu’au premier moment de leur fondation. »
Je ferai trois remarques sur ce passage : I. La première est que tout ce que Tarrutius fit accroire à Yarron sur ce sujet, aussi bien que l’horoscope de Romulus et de la ville qu’il fonda, n’est fondé que sur ce qu’on savait de sa vie et de ses actions. Ainsi, si tout ce qu’on en dit est incertain et fabuleux, on ne peut, quelque confiance qu’on ait d'ailleurs en l’astrologie judiciaire, se fier à un horoscope tiré sur des aventures peu certaines. Or, j’ai prouvé dans le chapitre précédent que tout ce qu’on disait de ce prétendu fondateur de Rome n’avait rien de vrai, et n’était fondé que sur des contes qui étaient le fruit de l’imagination de quelques-auteurs grecs.
II. 11 est aisé de remarquer que Tarrutius, dans ses calculs, eut grand soin de ne pas trop s’écarter de l’opinion reçue ; qu’il y a eu plus d’égard pour le temps qu’il a assigné à la naissance de Romulus qu’aux inductions qu’il pouvait tirer de ce qu’il savait de sa vie et de ses actions. Il avait
suivi l'opinion commune dans le jour auquel il assignait la fondation de Rome, comme il parait par ce qu’en dit Cicéron’ qui s’exprime clairement là-dessqg, et qui ne s’accorde pas avec Plutarque sur le jour auquel Tarrutius voulait que Rome eût été fondée. Selon Cicéron, c’était le jour des Palilies, t’est-à-dire le vingt-unième d’avril : en quoi l’on voit que ce calcul de Tarrutius cadrait parfaitement avec l’opinion commune. L. Tarrutius Firmanus... Urbis nostrœ natalem die/n repetebat ab iis Palilibus quibus eam a Romulo conditam accipimus. Selon Plutarque, ’au contraire, c’était au neuvième du mois parmoulhi, qui selon Petau, répond au quatrième d’octobre. Quoi qu’il en soit de cette différence entre ces auteurs, elle regarde bien moins notre sujet que le jugement que Cicéron porte sur celte façon de découvrir la véritable époque de la fondation d’une ville. Il se moque agréablelnent de ce Tarrutius et de son horoscope *. « Quel n’est pas le pouvoir de l’erreur? s’é- « crie-t-il. La lune et les étoiles avaient-elles aussi quelque « influence sur le jour de la fondation de notre ville? « Quand nous accorderions qu’il importe beaucoup sous « quel aspect des planètes un enfant a été conçu, croirons- « nous quelles auront les mêmes influences sur les briques « et sur le ciment, avec quoi la ville a été construite? »
III. Enfin, ce qui renverèe entièrement celte opinion est que, jusqu’ici, les plus habiles chronologistes 1 2 3 se sont vai-