‹ Dissertation sur l'incertitude des cinq premiers siécles de l'historie romaineChapitre 120 sur 222 · De Divinat., !il>. II, cap XLVll · texte numérisé non relu

De Divinat., !il>. II, cap XLVll

2. O vin) raaximain erroris! Ktiamne urbis nalalis (tirs ad tim slellarum el lunie perlinebat? Fac in pucro referre, ex qua atlectione ricli priuium spiritum duxeril. Num hoc in latcre el in cæmenlo, ex quibus Urbs eiïecta est, potuil valere? — Cieero , ibidem.

3. Vossius, De /du/., liti .*11, cap. xx. — Marshami Canon. Cltrnnol . , p. 501. — Pelavius, De Doclr. lemp., lib. IX, cap. uv. — Tcmpvrarti demo iisfr. Clironol., lib. lit, p. 108.

DE L'HISTOIRE ROMAINE

nement appliqués à trouver par leurs calculs ces prétendues éclipses qu’il doit y avoir eu du temps de la conception de •Romulus. Toutes les recherches qu’ils ont faites n’ont servi qu’à convaincre de faux les calculs de Tarrutius. Mais quand cet habile tireur d'horoscopes aurait rencontré beaucoup plus juste, je ne vois pas qu’on en pût fixer l'époque de la fondation de Rome avec plus de certitude. Comme il est facile à tout astronome de prédire les éclipses qui arriveront, en ajustant son calcul au cours réglé des planètes, il lui est facile aussi de rechercher toutes celles qui sont arrivées depuis la création. Cela est d’un très-grand usage pour la chronologie; et, toutes les fois que les anciens historiens font mention d’éclipses, ils nous mettent en état de fixer avec certitude les dates des événements dont ils parlent. Il n’en est pas de même des calculs de Tarrutius. L’éclipse dont il parle n’est attestée par aucun monument authentique, par aucun écrivain qui soit voisin de ces temps-là. Tarrutius n’a dit qu’il y avait eu une éclipse à la conception de Romulus, que dans la supposition que l’âge de ce prétendu fondateur de Rome était connu ; et ainsi il importerait peu qu’il eût rencontré juste ou non, dès qu’il reste incertain dans quel temps Romulus est né, et même s’il a jamais existé. Il importe donc peu à l’ère de Varron que les calculs de Tarrutius soient justes ou non, et Varron aurait bien mieux fait de se moquer, avec Cicéron, de cette méthode de découvrir le jour de la fondation d’une ville, que de donner ce calcul chimérique de Tarrutius pour une preuve de la certitude de l’époque qu’il assignait à la fondation de Rome.

On voit par là que des deux différentes ères, celle de Varron et celle de Caton, il n’y en a aucune qui soit appuyée de quelque p’reuve solide, et quelles ne peuvent soutenir le moindre examen. C’est cependant pour suivre l'une ou

l'autre de ces ères qu’on a abandonné la seule époque fixée avec quelque certitude par les anciens, et qu’on a déplacé un événement, distingué par tous les caractères de la chronologie qui pouvaient en assurer la date. Le motif q\ii a engagé les chronologistes modernes à y faire si peu d’attention ne peut avoir été que la crainte de déranger la chronologie des temps postérieurs à la prise de Rome. S’ils avaient suivi Polybe, Strabon, Diodore de Sicile, Denys d’Halicarnasse et Trogue-Pompée, en plaçant cet événement avec . eux sous la seconde année de la XCVIII' olympiade, qui concourt avec l’an Varronien 367, il aurait fallu retrancher

trois consulats des Fastes postérieurs à la prise de Rome.

Or ces Fastes leur paraissaient plus sûrs que ceux qui sont antérieurs à cette époque. Mais peut-être sont-ils aussi peu sûrs les uns que les autres ; et que, s’il s’agissait de retrancher trois ou quatre consulats des Fastes de la lin du quatrième siècle ou du commencement du cinquième, on y trouverait encore assez d’endroits faibles pour pouvoir les retrancher sans scrupule. J’en donnerai deux preuves.

Il est sûr que tous les Fastes mettent vingt-quatre ans entre la prise de Rome et le premier consul plébéien. Cependant Fabius Pictor, ce père de l’histoire romaine, ne mettait que vingt-deux ans d'intervalle entre ces deux événements 1 . Comme il est le plus ancien historien et le plus voisin de ces temps-là, sur son autorité on pourrait, ce nie semble, retrancher deux années aux Fastes ordinaires. Je tire ma seconde preuve de Tite-Live. Cet historien, vers le milieu du cinquième siècle, dit 2 que Pison avait omis deux consulats, soit par oubli, soit qu’il les crût supposés. Voilà donc

I. Quapropter lum priuium ex plèbe aller connut factus est, duo et viccsiino anuo poslquam Romain Gulli reperunt. Fabius, nfwd Gcll . , lib. IV, cap. v.

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