In Romulo, p
avec lesquels il avait été obligé d’aller chercher fortune et de s’établir ailleurs; parce qu'on ne voulut pas les recevoir à Albe, où on craignait qu’ils n’excitassent des séditions et ne troublassent la tranquillité publique. Tile- Live fait un portrait peu différent des premiers sujets de Romulus.
Mais aussi quelle différence entre ces auteurs, et qui suivre dans cette contrariété d’opinions? Si nous recevons pour véritable une partie du narré de Denys, il n’y a nulle apparence à l’autre , savoir : que les premiers Romains ayant été aussi honnêtes gens qu’il le suppose, aient été obligés d’avoir recours à la violence pour avoir des femmes. Si, d’un autre côté, l’on suit Plutarque cl Tite-Live, on trouvera que c’était une entreprise bien téméraire à un peuple naissant et peu nombreux, de s’attirer sur les bras une nation guerrière et puissante, telle que l’étaient les Saltins, qui soutinrent de longues guerres contre les Romains dans le temps que leur puissance était fort accrue. Et cependant Plutarque nous dit 1 que le motif qui porta Romulus à enlever les Sabines ne fut pas la disette des femmes, mais qu’il cherchait un prétexte pour rompre avec les Sabins et une occasion de leur faire la guerre. Quoiqu’il y eût à la vérité plusieurs auteurs qui le dissent, Plutarque reconnaît qu'il n'y avait nulle apparence que Romulus se fut engagé dans cette entreprise par cette raison. On y en trouvera, en effet, bien peu, si on fait attention à ce que pourrait être Rome dans de tels commencements. Il semble que Yelleius Paterculus ait senti cette difficulté, et que, pour donner quelque vraisemblance à la narration des auteurs qui l'avaient précédé, il ail cru devoir en abandonner ce qu’elle avait de contradictoire. Sans faire men-