I. bUscrtal., De Origine Homuli, p
DE L'HISTOIRE ROMAINE. 177
les événemenls forment une suite naturelle, et qu’ils dépendent les uns des autres. C’est ce qu’il ne faut pas chercher chez cet historien, sans quoi il n'aurait pas donné place dans son histoire à un fait aussi fabuleux, et qui est encore plus destitué de vraisemblance dans son système que dans celui des autres auteurs. En effet, si les premiers habitants de Rome étaient tels que cet auteur nous les représente 1 ; s’ils étaient une colonie des Albains, dont il y en avait parmi eux des plus illustres familles; si ceux qui s'y joignirent, quand Romulus eut ouvert son asile, étaient tous gens de condition libre, que le malheur des temps, et non aucun crime infâme ou capital, avait contraint d’abandonner leur patrie, est-il croyable que les peuples voisins eussent témoigné tant d’éloignement à s’allier avec eux? Mais les Albains surtout eussent-ils refusé des femmes à une colonie sortie de leur sein, dont le chef était le petitlils de leur roi? à un prince qui les avait délivrés d'un joug tyrannique et avait rétabli sur le trône leur roi légitime? Enfin y a-t-il la moindre apparence qu'ils aient eu quelque répugnance de s’allier avec leurs frères, leurs parents, leurs amis et d'autres honnêtes gens, que des factions contraires avaient obligés d’aller chercher un asile dans cette nouvelle ville? Tels étaient les premiers habitants de Rome, selon Denys d’Halicarnasse; et par là même sa narration est tout à fait destituée de vraisemblance. Une pareille colonie aurait rendu son alliance désirable; et bien loin de la fuir, ou de la refuser, il aurait été naturel que la plupart des peuples voisins la recherchassent avec empressement.
Il est vrai que le refus des Sabins paraîtrait assez naturel, si, comme le dit Plutarque 2 , ceux que Romulus rassembla autour de lui n'avaient été que des scélérats cl des bandits,