Lib. Il, p. H
Il faut remarquer que Denys d’Halicarnasse est le seul qui dise que l'on ait délibéré si l’on établirait des magistrats'hnnuels, ou si l’on s’en tiendrait au gouvernement monarchique. On ne voit rien de pareil dans Plutarque ni dans Tite-Live. Il y est dit simplement que le peuple, craignant que le sénat ne prît goût û se voir maître du gouvernement et ne perpétuât l’interrègne pour ne pas donner de successeur à Romulus, l'obligea de consentir à l’élection d’un roi. Mais Plutarque diffère encore, ici de Tite-Live et de Denys d’Ilalicarnasse ; car il ne dit pas, comme le premier, que le sénat reconnut le droit du peuple dans l’élection, ni, comme le second, qu'il remit au choix du peuple d’établir telle forme de gouvernement qu'il trouverait convenable; pas un mot, par conséquent, de ce que disent ces deux auteurs que le peuple, content que le sénat eût reconnu son droit d’élire un roi, ne voulut pas lui céder en générosité et le laissa maître de l’élection. Plutarque paraît, au contraire,' établir* que le droit d’élire un roi appartenait pleinement au sénat et que le peuple ne songea pas seulement à le lui disputer. On voit donc que ces auteurs ne convenaient guère mieux sur ce qui regarde les lois fondamentales de l’ancien gouvernement de Rome que sur les événements, et que tout y est également incertain.
Ils conviennent tous trois qu'il y eut de la jalousie entre les Romains et les Sabins pour savoir dans laquelle des deux nations on élirait le nouveau roi. Les Sabins prétendaient que Romulus ayant régné seul après la mort deTalius, c’était à leur tour de donner un roi à Rome. Denys d'Halicarnasse ne s’exprime pas bien clairement sur cette prétention des Sabins 1 . Mais lorsqu'il en vient à la résolution qui fut prise d’élire un roi, il parle, aussi bien que Plutarque, de la difli-