Dion. Halic., lit). II, p
DE L’HISTOIRE ROMAINE
culté qui survint, si on le prendrait d’entre les Romains ou d’entre les Sabins, et de la convention qui se lit entre les anciens et les nouveaux sénateurs : que si l’élection d’un roi était remise aux anciens sénateurs, ils le prendraient d’entre les Sabins ; et qu’au contraire, si le choix en appartenait aux Sabins, ils éliraient un Romain. Enfin les Sabins ayant donné aux Romains à opter de ces deux conditions, ceux-ci aimèrent mieux se donner un roi Sabin qui leur eut obligation de son élection, que d’en recevoir un Romain de la main des Sabins, et ils élurent Numa Pompilius.
Tite-Live, qui n’a point dit qu’on eut admis dans le sénat un nombre de Sabins égal à celui des Romains qui le composaient avant la réunion des deux peuples, ne pouvait pas non plus parler de ce partage qu’il y eut entre les deux partis, ni de la convention qui les réunit, ni de la politique des sénateurs romains qui préférèrent de sc donner un roi Sabin à leur choix. Selon lui, les grandes qualités de Numa et son mérite reconnu déterminèrent le sénat en sa faveur, et lui firent vaincre la répugnance qu’il avait à se donner un roi Sabin.
Nous trouvons dans Plutarque* deux particularités remarquables touchant Numa, sur lesquelles les autres écrivains gardent un profond silence. La première, qu’il était né le jour même de la fondation de Rome. La seconde, que le roi Tatius, en considération de son mérite, lui avait donné en mariage sa fille unique Tatia. Il ajoute même qu’elle vécut treize ans après son mariage, que Numa passa ce temps-là à Rome; mais qu’après la mort de sa femme, il se retira à la campagne où il demeura jusqu'à son élection. Il est surprenant que Tite-Live et Denys d’Halicarnasse aient omis deux particularités si dignes de remarque; surtout le dernier,
1, In Numa , p. 61 , E.
<jui a écrit l'hisloire de ce régne avec beaucoup d'étendue, et qui n’aurait pas sans doute manqué d’en orner son histoire, si, dans le grand nombre d'auteurs qu’il consultait, quelqu’un en avait fait mention. Cependant la circonstance du mariage de Numa avec la fille de Tatius ferait croire qu’outre son mérite on avait encore eu. égard, dans son élection, à son alliance avec un roi de Rome.
On s'accorde encore moins sur les enfants que laissa Numa. Tile-Live n’en parle point du tout. Il se contente de dire' qu’Ancus Martius, quatrième roi de Rome, était son petit-fils par sa fille, mais il ne dit nulle part qu’il ait laissé des fils. Plutarque 1 2 et Dcuys d’IIalicàrnasse 3 disent que, selon quelques auteurs, il en avait laissé quatre; mais ils donnent en même temps à connaître qu’ils regardaient la chose comme très- incertaine, quoique quatre maisons considérables de Rome prétendissent tirer leur origine de ce roi par ses quatre fils. J’ai prouvé assez au long, dans la première partie de celte dissertation, que c’était encore là une de ces falsifications que les familles tâchaient d’introduire dans l’histoire pour se donner des origines illustres.
J’ai déjà remarqué que le combat des Iloraccs et des Curiaces étant un des événements les plus célèbres de l’histoire romaine, et dont, par conséquent, la mémoire aurait dû être transmise à la postérité d’une manière sûre, était cependant aussi accompagné de beaucoup d’incertitude, puisqu’on ne savait pas bien 4 pour quel parti les Iloraces ou les Curiaces avaient combattu. Outre que Denys d’IIalicarnàssc ne fait nulle mentiort de celte diversité, il entre dans un si grand détail sur ce sujet, que, quand il aurait été