‹ Dissertation sur l'incertitude des cinq premiers siécles de l'historie romaineChapitre 133 sur 222 · Lib. Il, in fine · texte numérisé non relu

Lib. Il, in fine

t. Llvius, lib. I, cap. xxiv.

DE L’HISTOIKE ROMAINE.

ISO

témoin oculaire de tout ce qui s'était passé à celte occasion, il n’en aurait pas mieuv pu recueillir jusqu’à la moindre particularité. Pour y donner encore un air plus romanesque, il nous apprend 1 que les Horaces et les Curiaces étaient fils de deux sœurs qui se marièrent et accouchèrent, dans le même temps, chacune de trois jumeaux. Tite-Livea eu tort, en vérité, d'omettre des particularités si singulières et si merveilleuses. Du reste, ces auteurs ne s’accordent sur presqu'aucune des circonstances de la ruine d’Albe, ni sur la manière dont Tullus Ilostilius en transporta les habitants à Rome.

Mais Tite-Livc a omis des choses bien plus importantes du règne de Tarquin I er et qui, si elles sont vraies, le rendent coupable d’une négligence inexcusable. Car, selon Denys d’Halicarnasse 2 , ce roi remporta de grandes victoires sur les Toscans; et les douze villes de cette riche province furent obligées de se soumettre à sa domination et de reconnaître leur dépendance en lui envoyant, les marques de la souverain lé, qui consistaient en un siège d'ivoire, un sceptre au bout duquel s’élevait une aigle, etc. Cependant l'historien latin ne dit pas un mol des avantages que Tarquin remporta sur les Toscans; il ne dit pas seulement qu’il leur ait fait la guerre. II ne parait pas naturel qu’il eut passé sous silence un événement si considérable qui soumettait aux Romains une province fort étendue, et des villes riches et puissantes, s'il avait cru que la chose fût bien véritable.

Elle méritait d’autant plus d’être remarquée qu’elle nous donne une idée de la puissance et de l’étendue de ce royaume, bien différente de celle qu'on s'en forme ordinairement. Cependant, ce qui devrait faire croire que Rome était alors

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