Animadv. Uni., cap. t, p. 185 et seq
DE L’HISTOIRE ROMAINE. 239
mille patricienne assez nombreuse pour fournir à la fois trois cents etsix combattants, telle qu’on nous représente la famille Fabienne. Il croit même que toutes les familles patriciennes, prises ensemble, auraient eu de la peine à former ce nombre d'hommes en Sgc de porter les armes. Lors de la défaite des Fabiens, il ne s’était encore écoulé qu’un peu plus de trente ans depuis le règne de Tarquin le Superbe , qui avait si fort diminué le nombre des patriciens par ses cruautés, que Brutus ou Yalérius Publicola, pour remplir le nombre de trois cents sénateurs, furent obligés d’y faire entrer un nombre de chevaliers et de plébéiens 1 qui excédait celui des patriciens. Or si, un peu plus de trente ans auparavant, il ne se trouva pas cent cinquante-patriciens à admettre dans le sénat, comment peut-on se figurer qu’ils se fussent multipliés au point qu’au temps dont nous parlons une seule famille fût en état d’en armer plus de trois cents.
Les deux points essentiels que Pcrizonius , sur la tradition constante des historiens, veut qu’on reçoive pour vrais sont : que la famille Fabienne se chargea seule de la guerre contre les Véiens, et que de toute cette famille il n’en est réchappé qu’un seul, que sa jeunesse avait retenu à Rome. Pour ce qui est du nombre auquel on dit que montait cette famille, il croit qu’on y a compris les clients qu’elle avait armés, et que le nombre de toute cette famille doit être restreint aux trois frères qui avaient été continués pendant sept années consécutives dans le consulat, et peut-être à quelques autres, mais en très-petit nombre. Tout périt dans cette expédition, et il n’y eut que le fils d’un des trois consulaires qui ne fut point enveloppé dans la destruction de sa famille et qui continua la postérité.
Dès qu’on suppose cette famille peu nombreuse, il n’y a