‹ Dissertation sur l'incertitude des cinq premiers siécles de l'historie romaineChapitre 164 sur 222 · I. Feslus, in Qui paires · texte numérisé non relu

I. Feslus, in Qui paires

plus rien d’incroyable à lavoir réduite à un seul enfant, et l’explication de Perizonius lève toutes les difficultés. Mais cet exemple de la légèreté avec laquelle les historiens adoptaient tous les contes qui couraient de leur temps, et leur donnaient cours en les insérant dans leurs histoires, n’en est pas moins frappant. Ils aimaient le merveilleux; et, peu attentifs à le revêtir des apparences de la vérité, ils tombent dans des contradictions grossières. Celle-ci est des plus sensibles, et Perizonius a fort bien prouvé qu’il était impossible qu’une seule famille, dans ce temps- là, fût composée de trois cents hommes en âge de porter les armes, comme il l’est, d’un autre côté, qu’il ne s’y trouve pas un égal ou plus grand nombre de vieillards, d’enfants, d’inlirmes ou de malades, que diverses causes exemptent de partager le péril ou obligent de rester chez eux.

Je passe à l'origine de la questure, sur laquelle nous trouverons à peine deux auteurs qui s’accordent. On ne trouve rien dans Tite-Livc ni dans Denys d’Halicarnasse qui puisse nous faire juger à quels temps ils assignaient l’époque de son institution. Tite-Livc ne parle 1 de questeurs que sous l’an de Rome 209. Denys d’Halicarnasse en fait mention 2 dès le temps du siège de Rome par l’orsenna. Mais ils en parlent l'un et l’autre d’une manière à faire juger que celte charge était d’une institution plus ancienne. Plutarque, dans la Vie de Publicola 3 , en attribue l’établissement à ce consul. Il dit que, se voyant seul à la tête du gouvernement après la mort de Rrutus, il établit deux questeurs pour prévenir les abus que les consuls pourraient commettre dans le maniement des linances, s’ils en étaient seuls les maîtres. Ce fut par les suffrages du peuple que cette charge

Page 1