‹ Dissertation sur l'incertitude des cinq premiers siécles de l'historie romaineChapitre 19 sur 222 · Cens., de Dit naiali, cap. xxi · texte numérisé non relu

Cens., de Dit naiali, cap. xxi

ville n'est pas appuyée sur des raisons plus solides que tout le reste de ce que l'on en débite.

En effet, si Varron avait fixé l'époque de la fondation de Home avec tant de cerlitude, d'où vient que son ère n'a été adoptée par aucun des anciens historiens? Car elle n’a été suivie que par les modernes; les anciens lui ont toujours préféré l’ére de Caton. Enfin, quelque savant que l’on suppose Varron, il est aisé de remarquer que l’éloge que Cicéron lui adresse est un peu flatteur, comme partant d’un ami qui l’introduit comme un des interlocuteurs de ses dialogues. On conclura aussi que l’éloge de Censorin est outré 1 , lorsqu’on aura des preuves manifestes qu'il n’y a encore rien de plus incertain que l’époque de la fondation de Rome.

Enfin, dans le jugement que nous devons porter de la certitude ou de l’incertitude de l'histoire des premiers siècles de Rome, nous ne pouvons suivre de guides plus sûrs que les auteurs grecs et latins qui ont été les plus estimés de leur temps et qui le sont encore aujourd’hui. C’est à leur témoignage que je m’arrête, et il n’y a que leur jugement qui me paraisse décisif. Nous n'avons aucune raison de croire qu’ils aient eu dessein de nous tromper, et si nous ne nous rendons pas à leur autorité en ceci, sur quoi pourrons-nous les croire? Tile-Live, Clodius et Plutarque déposent que les monuments sur lesquels on aurait pu constater la vérité de l’histoire romaine, et qui seuls pouvaient lui donner le degré de certitude requise, ont péri dans le saccageaient de Rome. Que pouvons-nous leur opposer? Cicéron et Penvs d’Halicarnasse nous donnent assez à connaître (pie relie partie de l'histoire romaine était tout à fait décriée de leur temps. Ce fut même par celle raison que le premier abandonna le dessein qu’il avait d'écrire celle

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