‹ Dissertation sur l'incertitude des cinq premiers siécles de l'historie romaineChapitre 200 sur 222 · Ibid., p · texte numérisé non relu

Ibid., p

3. Eril forte dialeclicus aliquls prætlarus, qui volet rerum ges tarant veritalem suis metiri raliuncnlis. Vol. 1, p. 41.

4. Quoplures nubis CounnenlarinruinGallieoruin, Eplicmeriduui. Dispulalionuui academicaruin , et alioruui battit raro nultius pretit libetlorum tndiculos, lanquatu fumuoi, vendunt. Ibid., p. 71.

5. Magui quittent sibi videntur aliquot Franc) , quod et ipsi Antiquarurn rerum Mémorisé pro viriti parte consulentes, nobis in margine Historiarum fontes sollicite enarraterint ; veruin si vel inanimé omnes cliarlarum plagulae lesliutoniis scriplorum tanquaui turrenti inundentur. Vol. I, p. 71.

DE L'HISTOIRE ROMAINE

aucune idée de ce goût fin et délicat, dont mon antagoniste et ceux qui pensent comme lui sont restés les seuls dépositaires.

Les Français sont de plus fort crédules , et on ne peut rien opposer à la preuve que notre savant en donne. Elle est tirée de Martial, qui a reproché aux Gaulois, il y a plus de seize siècles, qu’ils étaient crédules'. Les Français d’aujourd’hui, sans avoir hérité des vertus des anciens Gaulois, ont hérité de leur crédulité. Peut-être même que c’est par une espèce de don prophétique que Martial a prévu qu’il se trouverait un jour quelques Français qui révoqueraient en doute l’hisloire de llomulus, et qui ajouteraient foi à ce qui se passe sous leurs yeux ; car c’est là ce que mon critique appelle être crédule. Les anciens avaient , selon lui, une sagacité et une supériorité de génie si grande, qu'il parait fort tenté de leur attribuer aussi quelque connaissance de l'avenir.

Après s’être ainsi plaint des Français, mon savant antagoniste déplore le tort que la philosophie a fait aux sciences, surtout depuis qu’on a fait usage de la dialectique, et qu’on a voulu astreindre les anciens aux règles qu'elle prescrit. Rien ne lui parait plus dangereux, plus téméraire; rien enfin ne porte, selon lui, des marques plus sures d’une ignorance crasse. Au contraire, une admiration aveugle pour tout ce qui est fort ancien, admiration qui doit être proportionnée au nombre de siècles, et une foi implicite pour tous les faits que rapportent les histoires les plus antiques , caractérisent selon lui le solide savoir : sur ce piedlà, on doit assurément le regarder comme un des plus savants hommes qu’il y ail jamais eu.

1. Tant! tamen Galla credulitas, jam a Maritale noiata, apud erudilo* non ait* Ibidem .

Et sont fort crédules.

Tort que la philosophie a Tait aux sciences, sclou ce critique.

Et surtout la topique.

Nouveaux principes de logique.

Il est tout naturel, après ce que je viens de dire, que de son côté, il me regarde comme un franc ignorant. On trouvera peut-être plus étrange qu'il me qualifie souvent de logicien. Je lui en ai bien de l’obligation, et cela compense en partie la mauvaise opinion qu’il témoigne partout avoir de mon érudition. Ce qui diminue cependant un peu de ma gratitude, c'est qu’il est aisé d’apercevoir combien cette logique lui est odieuse.

Un homme qui, dans ce dernier siècle, a infiniment nui adx sciences, selon notre savant critique 1 , c’est un certain Ij; Clerc, qui, infatué de sa logique, voulait toujours faire le raisonneur, et juger des anciens selon les règles du bon sens, au lieu d’admirer tout ce qui a quinze ou vingt siècles d’antiquité. C’est son exemple, ou ses leçons, qui ont fait naître dans quelques petits esprits la démangeaison de se concilier les suffrages des ignorants, en osant s’arroger le droit de censurer les anciens. C’est à l'abri d'une mauvaise logique que des quarls-de-savant assassinent, pour ainsi dire, la véritable érudition qu’ils n’oseraient attaquer ouvertement. C’est cette pernicieuse logique qui, selon notre savant, m’a gâté l’esprit et m’a enhardi à attaquer la vérité d’une histoire que je ne connais, dit il, que par Y Abrégé deStruve. C'est apparemment par là que ce docte personnage a commencé ses études.

Cependant il n’a pas dessein de bannir entièrement la logique des sciences ; au contraire il la croit très-utile, pourvu qu’on se borne à suivre quelques règles qu’il prescrit , du moins lorsqu’il s’agit des Anciens, et de leurs écrits. Ce n’est que l’abus de la logique, quecet habile homme condamne; et c’est pourquoi il nous donne certaines règles qui, étant une fois admises, mettent les Anciens à l’abri de la censure des

t. Vol, Il , p. t H.

DE L’HISTOIRE ROMAIN E

Modernes. lia donc entrepris de créer une nouvelle logique, dont il a si bien détaillé les principes, qu’il en remplit près de quarante pages d’assez grand in-octavo. Enfin, soit qu'il ail cru que cela ne suffirait pas encore, ou plutôt qu’il ait remarqué que tout cela n’était qu'ébauché et mal digéré, comme il s’exprime lui-même ( inchoata et rudia) ', il s'est vu obligé d’y ajouter quelques éclaircissements, tant pour expliquer que pour étendre ce qui lui paraissait encore audessus de la portée des esprits vulgaires. 11 y emploie quarante autres pages ; et ce n’est qu’après ce court préambule, qu’il entre en matière.

La logique démon censeur étant abssi singulière que idée a.- ce»e îoginouvelle, je crois que je ferai plaisir à mes lecteurs de leur l| ' u ' communiquer quelques-unes de ses règles. Nous autres, esprits vulgaires et quarts-de-savants, nous croirions ne pouvoir suivre de règles plus sûres dans nos jugements sur les Anciens, que ceux que ces Anciens eux-mêmes ont prononcés sur leurs contemporains. Notre censeur nous arrêtera ici par un distinguo. S'ils portent un jugement avantageux d’unauteurplusancien qu’eux, ou leurconlemporain, concedo ; mais s’il leur est désavantageux, nego. Ovide* a dit que les vers d’Ennius étaient sans art et sans délicatesse.

Permis à Ovide d’en juger ainsi; mais, pour nous, nous devons trouver Ennius très-poli. Sic Ennium arte rudem appellare nobis non liceat, liceal Ovidio *. Cicéron a dit que Fabius Piclor, Caton, Fannius, Vennonius, etc., avaient assez mal réussi dans ce qu’ils avaient écrit sur l’histoire 4 .

Cicéron dira tout ce qu’il lui plaira : la logique de mon savant antagoniste lui dit 5 que ces historiens étaient très-

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