Lib. X, p. G
3. I.ili. IV, cap. ni. Si non ad l'aslo? , ad Cnmmcntariot 1‘ontiOcuin, admitlimur, ne ca quidein sciiuus, quæ omnes peregrini sciunl : consulea In locuin regutn Bucccssiase , nec aul juris majcslatisqiie qnirquam liabere qtiod non anlea in rcgiljti* fticril.
DE L’HISTOIRE ROMAINE
« les etrangers mêmes savent : que les consuls ont succédé u aux rois, et que leur pouvoir est le même que celui des « rois? » Ce passage me paraît renfermer une preuve bien formelle que, dans le quatrième siècle, les pontifes ne rédigeaient et ne publiaient point leurs Annales, de la façon dont Cicéron et Serviuslc décrivent. On voit, au contraire, que la politique des patriciens, qui alors étaient seuls en possession de toutes les dignités de l'Etat et de la religion, les portait à cacher au peuple les événements un peu éloignés, et à le tenir dans une ignorance entière de sa propre histoire. S’il se dressait des Annales, il n'v avait «pie ceux qui avaient intérêt à déguiser la vérité (pii en eussent connaissance. Les autres étaient obligés de s’en rapporter à la tradition. Si donc on nie que ces Annales aient été enveloppées dans la ruine de Home, il faut qu'on reconnaisse que l’intérêt particulier les a fait supprimer, ou tellement falsifier que les historiens n’ont osé en faire usage, puisqu'on ne les trouve jamais citées dans leurs ouvrages. Il faut nécessairement eu venir à une de ces alternatives.
Un membre de l’Académie des inscriptions et belleslettres 1 , en rapportant le même passage, ne peut croire «pie les historiens aient puisé dans ces Annales, puisqu’en ce cas on ne pourrait rendre raison de la contrariété qui se trouve entre eux sur les mêmes faits. Comme c’est cette contrariété des historiens entre eux qui sera le sujet de la seconde partie de cette dissertation, je n'y insiste pas davantage ici.
Tout ce que je viens de dire nous mène à croire que les Annales des Pontifes avaient eu le même sort que. leurs autres livres, par rapport à la coutume de les exposer à la lecture et au jugement du peuple : et cette coutume, par