‹ Dissertation sur l'incertitude des cinq premiers siécles de l'historie romaineChapitre 41 sur 222 · Ad Allie., lib, VI, epiil. i · texte numérisé non relu

Ad Allie., lib, VI, epiil. i

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destructeur de N uinance, pour celle de son bisaïeul, Scipion Nasica, distingué par un troisième surnom de Serapio. L’inscription de cette statue ne portait apparemment que

P. Scipio Cens.

et par conséquent pouvait convenir à tous ceux de ce nom qui avaient été censeurs. Scipion Melellus plat;a cette statue parmi celles de ses ancêtres, en y ajoutant le surnom de Serapio, qu'avait porté son bisaïeul, auquel il crut qu’elle appartenait. Cela aurait été pardonnable à un étranger, mais Cicéron ne pardonne pas à Scipion Metellus d’avoir ignoré que son bisaïeul n’avait jamais été censeur, et que, par conséquent, cette statue ne pouvait pas être de lui : outre qu'il aurait pu reconnaître que cette statue, qui était dans le temple d'Ops, ressemblait par la taille, l'habillement et l’anneau, à une autre placée dans le temple de Pollux, qui était incontestablement de Scipion Éinilien. Cet exemple suffit pour nous faire juger combien il était facile de tomber dans l’erreur à l’égard des statues anciennes; et que ce qu’on en disait était peu sûr, puisqu’il n’était confirmé par aucune inscription contemporaine. J’en donnerai un autre exemple, que me fournit Tite-Live 1 .

Cet historien, suivant, comme il le dit, ceux qui l'avaient précédé, rapporte à l'an 316 de Rome la victoire que les Romains remportèrent sur les Yeïens, dans laquelle Cornélius Cossus tua de sa propre main leur roi Tolumnius, et consacra ses dépouilles dans le temple de Jupiter Férélrien, où Romulus avait aussi consacré celles qu’il avait enlevées à Àcron, roi des Céniniens.

Il y avait trois sortes de ces dépouilles, que les Romains

t. Llb. IV, cap. xx.

DK L HISTOIRE ROMAINE.

nommaient Opima spolia ' ; mais celles que Cossus enleva ne peuvent être rapportées qu’à la première sorte, puisqu'il les consacra dans le temple de Jupiter Férétrien *, où on ne consacrait que celles qu’un roi, ou un général en chef, avait enlevées au général ennemi, après l’avoir tué de sa main dans le combat. Cela se trouvait confirmé par une cuirasse de toile qui se voyait encore dans ce temple du temps de Tite-Live, auquel Auguste, qui avait fait rebâtir ce temple, la fit remarquer. Il y avait sur celte cuirasse une inscription qui portait que c’était étant consul que Cossus avait remporté cette victoire. Cependant Cossus n’était pas consul dans l’année sous laquelle Tite-Live place cet événement. Il n’était que tribun militaire et ne fut consul que neuf ans après.

Tite-Live, en mettant ce fait sous l’année où il le place*, suivit toutes les autres histoires qui marquaient que le consulat de Cossus, qu’elles plaçaient neuf ans plus tard, s’était passé sans qu’il y eût eu de guerre, à cause de la peste et de la famine qui allligèrent Rome pendant trois ans. Cependant, d’un autre côté, tous ces écrivains convenaient que Cossus avait cons’acré ces dépouilles dans le temple de Jupiter Férétrien, où, comme je viens de le dire, on ne consacrait que celles dont le général en chef ou, comme s'exprimaient les Romains, celui sous les auspices et le commandement duquel la guerre se conduisait (cujus ductu, auspicioque bellum yerebatur), avait dépouillé le général ennemi.

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