Corn. Nepoa, in Vita Alltel, cap. xvill
avaient le môme but en flattant Brulus d'une si illustre origine ; qu’ils n’avaient en cela d’autres vues que de réveiller le courage de ce jeune stoïcien, grand zélateur de la liberté, et de l’exciter à marcher sur les traces d’un de ses ancêtres prétendus, qui avait tout sacrifié, môme la tendresse paternelle, à l’amour de la patrie.
Dans la généalogie qu’Atticus avait dressée de la famille des Junius Brutus, Marcus Brulus descendait, du côté de son père, de ce Lucius Brulus qui affranchit Rome du joug desTarquins ; et, du côté de sa mère Servilie, de Servilius Ahala 1 2 , qui, ayant été nommé général de la cavalerie par le dictateur Cincinnatns, en l’an de Rome 314, tua de sa propre main Spurius Mælius, soupçonné d’aspirer à la tyrannie. C’est apparemment cet ouvrage d’Allicus que Cicéron attendait avec impatience 3 et qu'il le presse de mettre au jour. « Où donc reste , lui dit-il dans une de ses lettres, « cet ouvrage favori que j’ai vu dans votre cabinet, où « vous faites descendre M. Brutus de L. Brutus et d’A- « hala? » Brutus devait naturellement embrasser avec joie une opinion qui relevait sa naissance des deux côtés, et qui ne pouvait manquer de lui donner du relief dans les esprits du peuple, particulièrement dans les circonstances où se trouvait la république. Il ôtait glorieux pour lui de tirer son origine de deux libérateurs de la patrie et de marcher sur les traces de ses ancêtres. Les zélateurs de la liberté, entre lesquels Cicéron et Atlicus peuvent être mis à juste titre, tâchaient, à la faveur d'un motif si puissant, d’animer Brulus ù quelque action hardie et à délivrer sa patrie de la tyrannie de César.
Soit que Brutus ait été persuadé qu’il descendait de ce