Ail ann. DCCXLI. — Vaillant, in Gmle Sulpiria , n
2. Nihil ad veterem et palririam Sulpicioruni familiatn Quirinus perti— nuit, orlusapud uiuniripiimi Lanuvium. Tacil., Annal., Ilb. III, rap. uvm.
3. In Gtntr ) Itmmia, n. I. — Fulvius et Vaillant, in eadrm Grntc, n. 6.
voulu appuyer son origine, soit qu’il ail même été destitué de celte conformité de noms, il est clair qu’il a voulu se donner un ancêtre bien illustre. Cependant Virgile, en faveur de cette maison 1 , remonte encore plus haut, car il lui donne pour tige Mnesthée, un des compagnons d’Énée. Un ne trouvera rien dans l’histoire qui favorise une origine si illustre; au contraire, cette famille ne commence à paraître qu’au commencement du sixième siècle de Ilome. Depuis cela, elle a eu plusieurs tribuns du peuple, ce qui montre qu’elle était plébéienne, et elle n’est même parvenue au consulat que sous Auguste.
X. La maison des Jules était si ancienne et si considérable à Rome, qu’elle pourrait paraître mieux fondée dans ce quelle débitait de son origine, si elle ne l’avait fait remonter jusqu’aux temps les plus fabuleux. Comme elle était originaire d’Albe, elle prenait pour lige le fondateur même d’Àlbe, Ascagne, fils d’Énée, et par conséquent remontait jusqu'aux amours d’Anchise et de Vénus. Outre un grand nombre d’auteurs anciens qui font mention de cette origine illustre, il nous reste plusieurs médailles anciennes*, qui sont des monuments bien authentiques des prétentions de cette famille. On en a quelques-unes où l’on voit Vénus montée sur un char de triomphe tiré par deux Amours, et à l’exergue : L. JULIus Lucii Filius. Il est clair que ce L. Julius a voulu montrer par là qu’il rapportait son origine à cette déesse. On a encore d'autres médailles de la même famille 3 , où d’un côté on voit aussi la tête de la même déesse, et au revers Énée portant sur ses épaules son père
1 . Non I talus Mnesteus, genus a quo numine Meinuii. Æn., tir. V, ». 117.
2. Goltilus ad ann. DCLXXXIX. — Fulvius, Vaillant, in 6enteJulia, n. 5. - — Morell, ibid., tab. I, n. 4.
3. Fulvlus, Vaillant, ibiil., n. B et 10. — Morell, ibid., n. S.
■J4 INCERTITUDE DES PREMIERS srÉXLES
Anchisc el conduisant par la main son lils Ascagne. Cellesci portent le nom de César, et paraissent avoir été frappées par César lorsqu'il était dictateur. L’empereur Trajan les a aussi renouvelées. Je ne parle pas de quantité d'autres médailles de César où toujours on voit la tète de Vénus, et qui prouvent clairement les prétentions des Jules et le soin que les familles prenaient en général d’immortaliser leur origine par de semblables monuments.
Je serais trop long si je voulais rapporter tous les exemples que nous avons de l'entêtement des Romains sur ce sujet. On peut même regarder ceux que je viens d’en donner comme assez modérés, en comparaison de ceux que je pourrais y ajouter, puisqu'il y a peu de nations qui aient donné dans des idées aussi chimériques que les Romains sur l’article des généalogies.
Dès que l’érudition se fut un peu répandue à Rome, on en abusa étrangement sur cette matière, et chacun s'alla chercher des pères jusque dans les temps les plus fabuleux et antérieurs à la fondation de Rome. Les familles illustres, sur la moindre conformité de noms, se trouvèrent des ancêtres dans tous les compagnons d’Énée. Varron luimême', ce savant Varron, avait fait un livre des familles Troyennes, c’est-à-dire des familles Romaines, lesquelles allaient chercher leur origine jusque dans Troie. De combien de conjectures hasardées, de combien d'étymologies forcées un pareil livre ne devait-il pas être rempli, si c'est de Vairon que Virgile a emprunté l'origine des noms de quelques familles romaines? Ce poêle fait descendre la maison Memmia de Mnesthée 1 2 , la maison Cluentia de CLoanlhe, la maison Geganiu de üyas, la maison Sergia de