Ciccro, üv Letjx, lit». I. cap. n
DE L’HISTOIRE ROMAINE
mensonges que les auteurs grecs avaient débités sur la fondation de Rome, et d'y joindre ce qu’il trouvait dans les traditions des familles, quelque peu de certitude que tout cela pùt avoir. Les historiens qui sont venus après lui ont trouvé tant de difficulté à débrouiller ce qu’il y avait d'obscur dans l'histoire ancienne de leur patrie, qu’ils ont mieux aimé s'en lier à Fabius Pictor et le suivre, que de se donner la peine d’entrer dans de longues et pénibles discussions. En le transcrivant sur les temps anciens, ils se sont contentés d’y ajouter ce qui s’était passé depuis lui jusqu'à eux. C’est ce qu’il s'agilde prouver, etc’cst ce que j’entreprends de faire, en m’appuyant principalement de l’autorité de Denys d’Halicarnasse, qui les avait tous lus et relus, puisqu'il avait été uniquement occupé de cette étude pendant plus de vingt ans qu’il avait passés à Rome. C’est contre l’intérêt de sa propre Histoire qu’il parle, lorsqu’il ne leur est pas favorable. Il est donc le juge le plus sûr que nous puissions suivre sur cette matière; et il ne peut nous être suspect, puisqu’il était intéressé à relever, autant qu’il le pouvait, des ouvrages dont il avait tiré tout le fond de son Histoire de laquelle le mérite ne peut être fondé que sur celui des auteurs qu’il a pris pour ses garants.
On a vu ci-dessus le jugement que cet auteur et Polybc portent de Fabius Pictor. Cependant, ce même Denys d’Halicarnasse 1 nous apprend que Cincius, Porcius Caton, Calpurnius Pison,ct la plupart des autres, ne font que le suivre. Denys d’Halicarnasse lui-même, nonobstant le jugement peu avantageux qu’il a porté de cet auteur, et le peu d’exaditu'de qu’il lui reproche dans tout ce qu’il a écrit sur les premiers temps de Rome, qu’il convient n’être fondé que sur la tradition : Denys d’Halicarnasse*, dis-je, le cite comme un