‹ Dissertation sur la commotion cérébraleChapitre 5 sur 5 · TRAITEMENT · texte numérisé non relu

TRAITEMENT

Combattre la faiblesse en ranimant la circulation et l’innervation ; calmer la réaction pour prévenir la stase sanguine, l’inflammation et autres accidents, telles sont les deux indications importantes que nous avons à remplir. Pour atteindre ce but, une foule de moyens sont à notre disposition ; et comme tous ne nous paraissent pas également efficaces, surtout parmi

ceux qui s’adressent à la première période , nous aurons besoin de faire un choix. Mais avant d’aborder chaque degré pour le traiter séparément, du moins dans la première période, qu’il nous soit permis de mentionner ici quelques précautions à prendre au moment de l’accident; d’autant qu’elles nous paraissent avoir quelque utilité et s’appliquer à tous les cas. Elles consistent à déposer le malade dans un lieu d’une température modérée, chaude meme, dans un lit préalablement échauffé s’il est possible , entouré de peu de personnes pour que l’air qu’il respire ou qu’il ne tardera pas à respirer ne soit point vicié.

1° Dans le premier degré , alors que l’action de la cause n’a été que peu ressentie , les forces vitales se suffisent à elles seules dans la plupart des cas ; et ce n’est qu’assez rarement que l’on est obligé de recourir aux moyens de l’art pour rétablir l’ordre naturel des fonctions de l’organe affecté. Les plus employés dans cette circonstance sont ceux qui tombent sous la main, c’està-dire que l’on peut se procurer partout; ainsi, de l'eau froide en aspersions sur la figure , que l’on a soin d’essuyer immédiatement après; de la liqueur spiritueuse, mais douce, que l’on donne en petite quantité, du vinaigre que l’on fait aspirer. Si ces excitants légers ne suffisaient pas pour rappeler à la vie , il faudrait recourir

à des moyens plus énergiques , et qui seront par cela même conseillés dans le traitement du second degré dont nous allons parler.

2° Le degré d’excitation à produire devant toujours être proportionné au degré de stupeur, nous aurons recours , dans ce deuxième degré de la commotion , à des médicaments doués d’une action plus excitante ; mais en ayant soin cependant, pour ne pas aggraver le mal , en augmentant la réaction qui va s’opérer, de ne faire odorer, de n’introduire à l’intérieur que les stimulants les plus diffusibles, qui, par leur action rapide et instantanée , pourront réveiller les fonctions engourdies, en excitant l’organe qui les préside, sans devenir cause d’irritation pour lui ou pour l’estomac dans lequel ils seront déposés. Méritent d’être mentionnés de préférence les éthers volatils , l’ammoniaque , les infusions chaudes légèrement excitantes et sudorifiques, telles que celles de tilleul , de sureau , dans lesquelles on a le soin de verser quelques gouttes de la liqueur d Hoffmann.

Si ces moyens sont insuffisants , on s’adressera aux excitants cutanés , tels que la teinture de quinquina, le Uniment de Roscn, etmieuxencore le liniment ammoniacal, avec lequel on fera des frictions sur les membres et autres parties. Les frictions sèches et chaudes ne devront pas non plus être négligées ; on les pratiquera de préfé-

rence sur la région précordiale , sur toute l’étendue de la colonne vertébrale, avec des brosses, de la flanelle sèche ou imprégnée d’un principe aromatique. Lorsque, par ces agents thérapeutiques, on n’aura pu obtenir le but qu’on se propose , on aura recours aux sinapismes que l’on applique au gras des jambes, et quelquefois aux articulations du pied , du genou, et dont on peut retirer de grands avantages pour combattre la première et même la seconde période. Gardonsnous cependant de croire qu’ils soient toujours capables de remplir l’indication fournie par cette seconde période ; puisque l’expérience démontre qu’ils ont pu, dans un certain nombre de cas, produire un effet inverse à celui que l’on en attendait, c’est-à-direaugmenter la congestion cérébrale au lieu de la diminuer : les vives douleurs qu’ilsprocuraient dans le lieu de leur application s’étant répétéessympathiqucment du côté du cerveau. Pour éviter cet accident , qui ne menace guère que les personnes nerveuses , très-irritables, et les enfants dont le cerveau est, de tous les organes , celui qui subit le développement le plus actif, il convient , suivant le conseil donné par M. Lallemand dans ses cliniques, surtout chez les derniers , où une irritation un peu forte peut donner lieu à des phénomènes nerveux graves et alarmants, de remplacer les sinapismes par des cataplasmes simples , ou mieux par des

cataplasmes vinaigrés, que l’on applique autour des jambes en forme de bottines , et dont l’action moins irritante, se bornant à produire dans ces parties un sentiment de démangeaison, qui ne peut être d’une influence fâcheuse pour l’encéphale, suffira pour détruire , sinon en totalité , du moins en partie, le mouvement fluxionnaire qui est prêt à s’établir vers l’aboutissant des sensations. Si ces agents se montrent impuissants, il convient de recourir à ceux que nous allons proposer contre le troisième degré.

3° Pour combattre avec quelque efficacité la stupeur profonde qui caractérise ce degré de la commotion , nous croyons qu’il est indispensable de s’adresser aux irritants les plus énergiques, aux caustiques même. Le premier que nous men* tionneronsc’est l’eau bouillante, dont on imbibera une compresse pliée en plusieurs doubles, et qu’on appliquera ensuite sur un des membres inférieurs ou supérieurs pendant un plus ou moins grand nombre de secondes, suivant que l’on veut produire la rubéfaction, la vésication ou l’escharrification ; car cet agent offre cet avantage sur le fer rouge , qu’il permet de s’arrêter au premier, au second degré d’irritation, selon que le premier ou le second suffit pour rappeler à la vie. Pourrait encore trouver place ici la cire fondue , que l’on ferait tomber goutte à goutte sur les parties déjà indiquées ; si le cautère actuel

n’elait , de tous les caustiques, celui auquel l’art donne la préférence en pareil cas.

Sans proscrire tout-à-fait les vésicatoires, nous pensons qu’on ne doit recourir que très- rarement à leur emploi , et que s’ils doivent trouver place, les volants, ce ne sera jamais que sur des personnes faibles et dans des cas de réaction légère; afin qu’ils puissent , sans exposer à de graves dangers , produire la dérivation efficace que semble promettre l’irritation légère qu’ils déterminent sur le lieu de leur application , c’est-à-dire autour de la tète, à la nuque. Mais quant à ceux que l’on applique sur toute l’étendue du cuir chevelu préalablement rasé, et qu’on n’enlève qu’après une vingtaine d’heures, nous nous garderons bien de conseiller d’en faire usage, si ce n’est dans un cas désespéré, alors que tous les autres agents thérapeutiques dont il . a été déjà question, n’auront pu que momentanément et d’une manière fort incomplète retirer le malade de son assoupissement profond: tant il est à craindre que , par sa proximité avec l’encéphale , l’irritation produite sur une aussi grande surface ne se propage jusqu’au cerveau ou à ses enveloppes !

Tels sont les agents les plus employés pour remplir la première indication ; la seconde nous reste: c’est d’elle que nous allons nous occuper à présent.

Période de réaction )

Une fois que le sujet est revenu à lui, la reaction ne se fait pas long-temps attendre: et c’est alors seulementqu’ellea lieu, qu’il faut renoncer (ce que l’on fait d’ailleurs quelquefois sitôt que le retour à la vie a lieu) aux excitants, à ceux surtout qui sont employés à l’intérieur , pour n’avoir plus recours qu’aux anti-phlogistiques directs, dans le but de prévenir l’apoplexie , la méningite, l’encéphalite. Dans la conduite qu’il nous reste à tenir , gardons-nous d’imiter ces praticiens qui, sans égard pour l’état du pouls, l’anéantissement des forces , ni pour toute autre source d’indications , s’empressent de saigner à l’instant où l’accident se produit , comme si la saignée était pour le malade la seule ancre de salut ; car , pratiquer des effusions durant la période de collapsus , c’est, à notre avis, donner la mort : la faiblesse locale, qu’il est si utile de prévenir ou de dissiper pour sauver son malade , devant se trouver considérablement augmentée par la diminution ou la soustraction d’une partie des forces générales.

Pour que les émissions sanguines aient toute l’efficacité qu’on a droit d’en attendre, il faut qu’elles ne soient employées que lorsque la réaction est bien établie, et qu’en outre elles soient réglées, pour le nombre et la quantité du sang à

tirer, sur l’état du malade , ses forces , son tempérament et le degré de commotion qu’il a éprouvé ; car le trop de presse , ou une première saignée trop copieuse, pourrait donner lieu à un accident grave, en replongeant le cerveau dans l’espèce d’anéantissement dont il se relève. La saignée du pied est, sans contredit, celle que nous préférerions à toutes les autres, à cause de la puissante révulsion qu’elle nous permettrait d’obtenir, si elle fournissait une abondante quantité de sang; et c’est justement parce qu’elle ne remplit que très-rarement celle dernière condition, malgré les précautions dont on s’entoure , que nous donnerons le plus souvent la préférence à la saignée du bras, qui pourrait, à la rigueur, remplir seule, dans tous les cas, l’indication dont il est maintenant question : nous proposant , à moins que les veines saphènes ne soient très -dilatées, de ne recourir à celle du pied que lorsque le sang congestionnera avec peu de force vers l’encéphale. Quant à la saignée de la jugulaire externe, de l’emploi de laquelle on n’a jamais eu qu’à se louer dans le traitement des plaies de tête ; nous pensons qu’elle peut, de même que celle pratiquée aux malléoles , trouver son application ; mais pour y recourir , il faut avoir affaire à une congestion rapide , à un sujet menacé d’apoplexie foudroyante ; l’indication étant alors de soutirer à l’instant et au plus vite la masse

sanguine qui obstrue et distend les vaisseaux encéphaliques. En pareille circonstance , la crainte des dangers auxquels on lui reproche d’exposer ne doit point arrêter ; d’autant qu’ils sont faciles a éviter par la section transversale des fibres du paucier, par la compression bornée à un seul côté du cou, par la piqûre de la veine à la réunion de son quart inférieur avec les trois quarts supérieurs ; enfin , par la cessation complète de

la compression que l’on peut augmenter par celle

du doigt , alors seulement que les lèvres de la plaie seront affrontées. 1

La section transversale de l’artère temporale exige, pour être pratiquée , le concours de circonstances analogues , et de plus beaucoup de force et d’énergie de la part du sujet que l’on voudrait soumettre à cette opération; et cette saignée a meme sur les autres le grand avantage d’affaiblir infiniment plus, et cela en quelques instants, à cause qu’elle soustrait au corps un sang qui est encore chargé de ses principes nutritifs.

Les émissionssanguincs générales ne parvenant pas toujours à dégorger le système capillaire du cerveau et des méninges, il faut, dès qu’on s’en aperçoit, y renoncer, pour recourir aux saignées locales qui atteindront ce bulsans trop épuiser les forces du malade. C’est au voisinage des apo»

1 Roche et Samson , art. Saignée.

physes masfoïdcs , ou sur le Irajet des jugulaires, qu’elles seront pratiquées le plus souvent; et si l’on veut produire une effusion sanguine abondante, et surtout obtenir une dérivation plus puissante vers les memes points, on pourra aider l’action des sangsues par celle des ventouses sèches, appliquées sur les piqûres. A des moyens aussi puissants que les saignées pour combattre la période de réaction , viennent s’en joindre d’autres qui jouissent également d’une grande efficacité. Nous voulons parler des révulsifs, appliqués tant sur la peau que sur le tube intestinal, que l’on peut faire marcher de pair avec les émissions sanguines, ou bien que l’on peut n’employer que lorsqu’on a cessé l’usage de celles-ci. Le plus employé de ces agents thérapeutiques est, sans contredit , le tartre slibié en lavage (deux grains pour deux livres d’eau distillée), dont Dessault retirait tant de succès toutes les fois qu’il le prescrivait dans le dessein de relâcher et d’établir une révulsion sur la muqueuse intestinale. Mais, pour produire un bon effet, ce médicamentqui mérite d’ailleurs de fixer notre attention, puisqu’il peut, dans des cas de faiblesse qui ne permettent pas de pratiquer la saignée , la suppléer à lui seul , a besoin de n’être administré que lorsque l’estomac n’est ni phlogosé, ni douloureux. Donné de la sorte, l’émétique n’est jamais suivi d’un accident que l’on doit toujours

redouter durant la période de réaction; c’est-àdire, des vomissements qui, lorsqu’ils surviennent favorisent la stase sanguine, qui, elle-même prolongc'e , ne manquerait pas d’amener une mort prompte, en déterminant la compression du cerveau par la seule distension des vaisseaux , ou par l’épanchement, résultat de leur rupture. Outre la dérivation légère, mais continue, qu’il établit sur la muqueuse des voies digestives , laquelle ne peut être que très-utile pour l’organe secréteur de la hile, qui, de meme que l’estomac, est assez disposé à s’inflamincr cl de plus à suppurer, lorsque l’ébranlement s’est communiqué jusqu’à lui; le tarlrate anlimonié de potasse a l’immense avantage, en faisant cesser la constipation qui ne peut cire qu’une cause d irritation pour le cerveau, de rempir encore une des indications qui n’est pas la moins importante dans le traitement des maladies de l’encéphale; puisque l’expérience démontre qu’il est des états morbides inilammatoires de cet organe, qui, après s’élre montrés réfractaires aux auli-phlogistiques les plus énergiques et les plus directs, ont cédé comme par enchantement à l'emploi d’un laxatif ou d’un purgatif doux qui a déterminé une abondante évacuation.

Lorsqu’il y a phlogose de l’estomac, que cette phlogose soit l’effet immédiat de l’ébranlement, <jui s’est communiqué jusqu’à lui, ou bien l’effet

sympathique de l'affection encéphalique ; toujours est-il que le tartre slibié en lavage est contre-indiqué, et qu’il faut lui préférer dans ces cas les purgatifs drastiques , tels que l’alocs , la coloquinte, la décoction de tabac, donnés en lavements, et de l'administration desquels on doit se promettre beaucoup de succès, lorsqu’on sait que les rapports de sympathie des gros intestins au cerveau sont inverses de ceux qui existent entre l'estomac et l’encéphale.

Pour ce qui est des autres états morbides qui peuvent compliquer la commotion cérébrale et modifier son traitement, nous nous abstiendrons d’en parler, vu qu'il n’est pas de notre sujet de nous en occuper : nous bornant à ajouter, pour remplir notre lâche, qu’on devra, pour ne point aggraver les accidents qui surviennent du côté de l’encéphale, surveiller de près la vessie, et sonder ces memes voies urinaires, s’il se manifeste des symptômes de rétention d’urine.

Quant à l’émétique à haute dose , que l’on range aujourd'hui parmi les moyens propres à combattre la réaction inflammatoire , nous croyons qu'il peut trouver son application dans le traitement de la commotion cérébrale, quel que soit le degré de réaction qui l’accompagne : seulement ferons-nous remarquer que nous l’administrerions de préférence dans les cas de congestion très-aclivc , et qu’alors nous

ferlons même précéder son administration d’une ou de deux larges saignées ; afin de mieux assurer son action el de rendre moins funestes les vomissements s’ils xenaicnl à sc montrer: ce qui est , disons-lc , fort rare, s’il faut en croire M. Lepcllclicr tic la Sai llie , qui nous apprend , dans son ouvrage sur le tartre slibié , que celte substance, de meme que les autres stimulants, penl la plus grande partie de son action stimulante sur l'estomac et les intestins , lorsque , par une cause quelconque , l'influence iuriei vatrice vient à éprouver une diminution notable.

C’est à la dose de 12, 18 , 24 grains, que l’on divise en prises de 4 ou 5 grains chaque , et à chacune desquelles on associe une potion antispasmodique' pour faciliter la tolérance, qu’il doit cire administre. Toutes les fois que l’on veut user de ce médicament, que l’on pourrait porter à une dose plus forte sans faire courir de bien grands dangers au malade, il convient de le tenir à la dicte la plussevere , tant sous le rapport de la boisson que sous celui de l’alimentation , pour exiler les vomissements , qui, s’ils survenaient, ne manqueraient pas d’aggraver le mal. Chaque jour la dose de celte substance est augmentée de quelques grains, jusqu’à ce que, les symptômes

* Potion faite avec deux onces eau de tilleul t une ooce .fleurs d'oranger et une once sirop diacode»

venant à s’amender ou à disparaître tout-à-fait* on suit, dans son administration , une marche inverse à celle adoptée en premier lieu , c’està-dire qu’on arrive d’un jour à l'autre à ne plus donner «Je tartre stibié que deux ou trois grains, avant d’en cesser entièrement son emploi.

Comme il peut se faire que le praticien craigne d’avoir recours à l'émétique ainsi administré , ou que le malade ne puisse le supporter, ou quvil se refuse même à se soumettre à ce genre de médication , il nous reste , pour aider puissamment, dans des cas aussi graves, l’action des saignées, à proposer la glace pilée dont on pourrait également étendre l’usage à tous les degrés de réaction, et dont on fera des applications sur la tète aussi long- temps qu’on le jugera nécessaire, pour abattre définitivement là réaction inflammatoire. A son défaut, on pourra se servir de l'eau ordinaire, dont il sera toujours facile d’abaisser la température à l’aide de mélanges réfrigérants, et dont on chargera des compresses qui devront être renouvelées toutes les fois qu elles seront échauffées , et cela pendant l’espace de dix, vingt, trente heures, et plus s’il le faut.

Traitement prophylactique. La réaction combattue avec succès, le sujet, si la commotion est débarrassée de complication , rentre en convalescence : c’est alors que , pour dissiper petit à

petit l'aptitude que le cerveau paraît contracter, de même que les autres viscères, à cire affectes, lorsque déjà i!s ont clé atteints une fois ( Si quid dolucn'f ante rnorburn , ibi se figif morbus, Hip ); et pour prévenir ou ne point favoriser la rechute, le retour au collapsus qui , quelle qu’en soit la cause, doit cire truité par la méthode excitante et avec moins de ménagement même qu’en premier lieu , le sujet se trouvant alors affaibli à la fois par les saignées qu’on a pu lui pratiquer et par l’observance d’un régime plus ou moins sévère, il convient de le distraire , de le faire promener, d’éloigner de lui tout ce qui pourrait le rendre colère , chagrin , de ne lui permettre qu’un usage modéré de vin et une alimentation douce et légèrement relâchante pour prévenir la constipation , qu’on fera cesser d’ailleurs, si elle existe , par l’administration d’un laxatif ou d’un purgatif minora lif; et de lui défendre enfin, avec une égale sévérité, et toujours pour un laps de temps relatif à son état et au degré de la commotion qu’il a essuyée, les travaux d’esprit,’ la masturbation et les plaisirs de l’amour.

Faculté de Médecine

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