PRONOSTIC
D’après ce que nous avons dit jusqu’à présent , il est évident que le pronostic à porter sera d’autant plus grave, d’autant plus fâcheux, que la commotion se rapprochera davantage du troisième degré ; qu’elle sera plus compliquée, et qu’il y aura de devers l’individu atteint un plu3 grand concours de circonstances défavorables. Une terminaison funeste peut accompagner tous les ébranlements cérébraux , à partir du plus fort jusqu’au plus faible ; seulement faut-il remarquer que l’un est fréquemment mortel, tandis que l’autre ne l’est que très-rarement ; et que s’ils doivent tous deux nous faire concevoir des craintes, le premier c’est surtout pour le présent, le second pour l’avenir. Un des accidents consécutifs qui sont le plus à redouter, c’est la réapparition de l’état de débilité cérébrale que certains auteurs veulent rapporter à des lésions organiques, que les autopsies sont loin de con-
firmer. Et contre l’opinion de ceux qui ne peuvent concevoir cette rechute sans la mise en jeu d’un nouvel agent ; nous pensons qu’elle ne doit reconnaître pour cause que la violence de celte même commotion, la profondeur de ses effets primitifs, et quelquefois seulement l’emploi intempestif ou abusif de la saignée et l’inconduite du malade. Enfin , pour quelque heureuse que soit l’issue de cette maladie, le sujet ne devra point se croire hors de tout danger pour la suite , et mépriser de mettre en pratique les conseils prophylactiques qui seront indiqués à la fin du traitement ; puisque ce ne sera qu’en observant ponctuellement ces conseils, qu’il pourra voir disparaître en peu de temps, et l’affaiblissement plus ou moins marqué dans lequel peut tomber l’encéphale, et l’aptitude plus ou moins grande que contracte le cerveau malade à être impressionné par les agents morbides.