I". OBSERVATION
Gonflement, avec ulcérations du col; guérison.
Une femme d’une constitution délicate, mariée, âgée de trente-deux ans, fit, il y a seize mois, une fausse couche. Depuis ce temps, elle n’a jamais recouvyré sa gaîté et sa santé ordinaires; les règles, quiétaient toujours venues à des époques fixes, ont coulé plus abondamment qu'avant la fausse couche , et plusieurs fois avec assez d'abondance pour que la malade fût obligée de garder le lit : ces pertes ont beaucoup altéré sa constitution. La malade est pâle; elle éprouve depuis six mois vers la matrice et son col des élancemens alternant avec un sentiment de cuisson et d’ardeur, qui s'étendent jusqu’aüx reins. Entrée à l'hôpital de la Pitié, le 6 juillet, au toucher on trouva le col plus volumineux, chaud, présentant une turgescence, avec sensation de ramollissement dans toute son étendue; l’orifice utérin est dilaté. A l’aide du spéculum, on constate l'existence d’une rougeur foncée et des ulcérations de forme variable, plus nombreuses sur la lèvre antérieure. (Repos absolu, cataplasme , saignée d'une palette.) Le 20, le col est moins rouge, les ulcérations moins larges. (Injections émollientes.) Le 10 août, les règles ont coulé moins abondamment, et ont produit moins de faiblesse et d'abattement. (Ut suprä.) Le 20, la douleur et la turgescence sont nulles, les ulcérations sont décolorées. ( Saignée d’une palette, injections avec le chlorure d'oxyde de sodium à deux degrés.) Le 30, on a continué les injections avec le chlorure porté jusqu’à cinq degrés. Les ulcérations sont presque cicatrisées ; la malade reprend sa gaîté, elle ne sent plus aucune douleur. Examinée le 18 au spéculum, on s'assure qué le col est à l’état normal, que les ulcérations sont cicatrisées. La malade est sortie le 26 novembre, parfaitement rétablie.